Vous êtes payé au cachet. Sur votre bulletin ou votre attestation, vous lisez parfois « cachet isolé », parfois « cachet groupé ». Et une question revient sans arrêt : est-ce que ça change le nombre d'heures comptées pour mes 507 heures ?
La réponse courte tient en une phrase : aujourd'hui, pour France Travail, un cachet vaut 12 heures, qu'il soit isolé ou groupé. Mais ça n'a pas toujours été le cas, et la distinction n'a pas complètement disparu : elle continue de jouer ailleurs, sur vos cotisations.
Dans cet article, on démêle tout. D'où viennent ces deux mots. Ce qui a changé en 2016 et pourquoi ça vous concerne. Comment vos cachets se transforment en heures pour ouvrir vos droits. Et un cas chiffré complet pour que vous puissiez refaire le calcul sur votre propre situation.
Sommaire de l'article
- Cachet, isolé, groupé : de quoi parle-t-on ?
- La règle aujourd'hui : 1 cachet = 12 heures
- D'où vient la distinction isolé / groupé
- Ce qui a changé le 1er août 2016
- Transformer ses cachets en heures : le calcul
- Un cas chiffré : Léa, comédienne
- Et les techniciens ? L'annexe 8 ne connaît pas le cachet
- Là où la distinction compte encore : vos cotisations
- Répétitions, résidences, enseignement : ce qui compte aussi
- Se former pour sécuriser ses heures
01Cachet, isolé, groupé : de quoi parle-t-on ?
Commençons par les mots, parce que c'est là que la confusion démarre.
Un cachet, c'est l'unité de rémunération de l'artiste. Vous n'êtes pas payé à l'heure comme un salarié classique. Vous êtes payé au forfait pour une prestation : un concert, une représentation, une journée de tournage, une séance d'enregistrement. Ce forfait, c'est le cachet.
Le régime de l'intermittence distingue deux grandes familles de professionnels. Les artistes relèvent de l'annexe 10 au règlement d'assurance chômage. Les ouvriers et techniciens relèvent de l'annexe 8.7 Cette distinction est importante pour la suite : le cachet, c'est une affaire d'artistes. Les techniciens, eux, sont déclarés en heures réelles, jamais en cachets.3
Restons donc sur les artistes. Quand vous décrochez un contrat, votre employeur remplit une attestation (l'AEM, attestation d'employeur mensuelle, ou la DUS quand il passe par le Guso). Sur ce document, il déclare vos cachets. Et historiquement, il devait cocher une case : cachet « isolé » ou cachet « groupé ».
La différence entre les deux ne tient pas à la nature de votre travail. Elle tient uniquement à la durée du contrat. Un cachet est dit groupé quand il s'inscrit dans un engagement qui court sur plusieurs jours consécutifs chez le même employeur. Il est dit isolé quand le contrat est court. On vous donnera le seuil exact plus loin : c'est la barre des 5 jours.
Pourquoi cette distinction a-t-elle existé ? Parce qu'à une époque, elle changeait concrètement le nombre d'heures que France Travail (à l'époque Pôle emploi) inscrivait à votre compteur. Un cachet groupé ne « pesait » pas le même nombre d'heures qu'un cachet isolé. Et quand on court après 507 heures pour ouvrir ou renouveler ses droits, chaque heure compte. C'est tout l'enjeu de cet article.
Un mot enfin sur le vocabulaire, parce qu'on le confond souvent. Le cachet n'est pas la même chose que le contrat. Un même contrat peut porter plusieurs cachets : trois représentations sur un contrat de trois jours, ce sont trois cachets. Et un cachet n'est pas non plus une journée : vous pouvez jouer deux services dans la même journée et toucher deux cachets. Gardez cette distinction en tête, car c'est en confondant cachet, jour et contrat que naissent la plupart des erreurs de décompte.
02La règle aujourd'hui : 1 cachet = 12 heures
Allons droit au but, parce que c'est la seule chose que vous devez retenir si vous êtes pressé.
Aujourd'hui, un cachet est compté 12 heures. Point. Qu'il soit déclaré isolé ou groupé, qu'il corresponde à un contrat d'un jour ou d'une semaine, la valeur est la même : 12 heures.2
Le guide officiel de France Travail est on ne peut plus clair sur ce point : un cachet est comptabilisé à hauteur de 12 heures « quelle que soit la qualification donnée par l'employeur ». Autrement dit, même si votre employeur coche encore la case « groupé » sur l'attestation, France Travail retiendra 12 heures.2
Pour l'ouverture de vos droits, chaque cachet vaut 12 heures. Isolé ou groupé, la case cochée par l'employeur ne change plus rien au décompte de France Travail.
Concrètement, cela veut dire qu'un cachet vous rapproche toujours de la même manière du seuil des 507 heures. Et le seuil, lui, n'a pas bougé : pour ouvrir un droit au titre des annexes 8 et 10, vous devez justifier d'au moins 507 heures de travail sur les 12 mois qui précèdent la fin du contrat retenue pour l'examen de vos droits.1
Il y a tout de même une limite à connaître : France Travail ne prend en compte qu'un maximum de 28 cachets par mois civil pour un artiste.2 Au-delà, les cachets supplémentaires ne comptent pas pour les 507 heures. En pratique, ce plafond ne gêne presque personne : 28 cachets dans un même mois, cela représente un rythme de travail hors normes. Mais la règle existe, autant la connaître.
Vous pourriez vous arrêter là. Mais si vous avez déjà entendu parler de la règle des « 8 heures », si un collègue plus ancien vous a dit que ses cachets groupés comptaient moins, ou si vous relisez de vieux documents, la suite de l'article va vous éviter bien des erreurs. Parce que cette règle des 12 heures pour tous est récente, et que l'ancienne logique laisse encore des traces.
« Attestée en cachets : un cachet est comptabilisé à hauteur de 12 heures quelle que soit la qualification donnée par l'employeur sur l'AEM ou quelque soit la durée du contrat pour les DUS. »Source : France Travail
03D'où vient la distinction isolé / groupé
Pour comprendre le présent, il faut regarder le texte d'hier. Avant la réforme de 2016, l'annexe 10 au règlement d'assurance chômage posait une règle en deux temps.
Premier temps : chaque cachet était converti en heures. Mais pas toujours pour la même valeur. Un cachet isolé valait 12 heures. Un cachet groupé ne valait que 8 heures.
Deuxième temps : le texte définissait précisément ce qu'était un cachet groupé. Étaient considérés comme groupés les cachets qui couvraient « une période d'emploi d'au moins 5 jours continus chez le même employeur ». En clair : dès que votre contrat avec un même employeur atteignait 5 jours consécutifs, vos cachets basculaient en « groupés », et chacun ne comptait plus que 8 heures au lieu de 12.4
C'est là que se cache le paradoxe qui a fait grincer des dents pendant des années. Un artiste engagé pour une tournée de plusieurs jours d'affilée, donc dans une situation d'emploi plutôt stable, voyait ses cachets moins bien valorisés qu'un artiste enchaînant des contrats d'un soir. Plus votre contrat était long, moins chaque cachet « pesait » d'heures. À l'inverse, une multiplication de petits contrats courts, chacun isolé, gonflait plus vite le compteur d'heures.
Cette mécanique poussait, sur le papier, à fractionner les engagements. Elle pénalisait les formes d'emploi les plus continues. C'est précisément ce que la réforme de 2016 a voulu corriger.
Notez au passage un détail que l'on retrouve déjà dans ce texte ancien : le plafond de 28 cachets par mois existait déjà, tout comme le seuil des 507 heures. Ce sont des constantes du régime. En revanche, la période de référence dans laquelle on cherchait ces 507 heures était plus courte à l'époque. Là aussi, 2016 a changé la donne.
« Lorsque l'activité des artistes est déclarée sous la forme de cachets, chaque cachet est converti en heures sur la base de 1 cachet égale 8 heures ou 12 heures, selon qu'il s'agit de cachets groupés ou isolés. Le nombre maximum de cachets pris en compte pour la recherche de la durée d'affiliation requise est de 28 par mois. Constituent des cachets groupés, ceux qui couvrent une période d'emploi d'au moins 5 jours continus chez le même employeur. »Source : Unédic
04Ce qui a changé le 1er août 2016
La bascule est venue d'un accord entre les partenaires sociaux des branches du spectacle : l'accord professionnel du 28 avril 2016, complété par un avenant d'interprétation du 23 mai 2016.
Ces textes n'ayant pas été validés au niveau interprofessionnel, c'est le ministère du Travail qui les a rendus applicables, par le décret n°2016-961 du 13 juillet 2016. Les nouvelles règles des annexes 8 et 10 s'appliquent aux fins de contrat de travail intervenant à compter du 1er août 2016.5
Deux changements majeurs de cette réforme concernent directement notre sujet.
Premier changement : la fin de la double valeur du cachet. La distinction 8 heures / 12 heures a été supprimée. Depuis, chaque cachet vaut 12 heures, isolé ou groupé. C'est cette réforme qui a mis fin au paradoxe décrit plus haut : les contrats longs ne sont plus pénalisés.
Deuxième changement : l'allongement de la période de recherche. Avant, on cherchait vos 507 heures dans une fenêtre plus courte. Depuis la réforme, les heures sont recherchées dans une période de référence de 12 mois (365 jours) précédant la fin de contrat retenue.2 Une fenêtre plus large, c'est mécaniquement plus de contrats susceptibles d'entrer dans le calcul.
Deux dates à ne pas confondre. La distinction 8h/12h vaut pour les fins de contrat antérieures au 1er août 2016. Depuis cette date, c'est 12 heures pour tous les cachets, sur une période de 12 mois.
Ces règles issues de 2016 sont toujours celles en vigueur en 2026. Elles ont été reconduites de convention en convention. La dernière en date, la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, est applicable depuis le 1er janvier 2025 et n'a pas remis en cause la valeur de 12 heures par cachet.6
Moralité : si vous ouvrez un droit aujourd'hui, oubliez la règle des 8 heures. Elle n'a plus cours. Mais si vous manipulez de vieilles simulations ou d'anciens décomptes, gardez-la en tête pour ne pas vous tromper en relisant l'historique.
05Transformer ses cachets en heures : le calcul
Passons à la pratique. Vous avez une liste de cachets sur l'année, et vous voulez savoir où vous en êtes de vos 507 heures. Voici la méthode.
Étape 1. Comptez vos cachets sur 12 mois. On regarde les 365 jours qui précèdent la fin de votre dernier contrat.2 Chaque cachet déclaré par un employeur du spectacle compte, dans la limite de 28 cachets par mois civil.
Étape 2. Multipliez par 12. Chaque cachet vaut 12 heures.1 Trente cachets sur l'année, c'est 360 heures. Quarante-trois cachets, c'est 516 heures.
Étape 3. Ajoutez vos heures réelles. Toutes vos périodes déclarées en heures (répétitions payées, résidences de création, contrats déclarés en heures) s'additionnent aux heures issues des cachets.
Étape 4. Comparez à 507. Si le total atteint 507 heures, la condition d'affiliation est remplie.1
Un repère utile à mémoriser : si vous ne travailliez qu'au cachet, il vous faudrait au minimum 43 cachets sur l'année pour atteindre le seuil. Le calcul : 42 cachets × 12 = 504 heures, soit trop peu ; 43 cachets × 12 = 516 heures, soit au-dessus des 507. C'est un ordre de grandeur commode, à condition de garder en tête que la plupart des parcours mélangent cachets et heures.
| Type de cachet | Durée du contrat | Avant le 1er août 2016 | Depuis le 1er août 2016 |
|---|---|---|---|
| Cachet isolé | Moins de 5 jours continus chez le même employeur | 12 heures | 12 heures |
| Cachet groupé | Au moins 5 jours continus chez le même employeur | 8 heures | 12 heures |
Ce tableau résume tout le sujet. Retenez surtout la dernière colonne : c'est celle qui s'applique à vous aujourd'hui. La colonne « avant 2016 » n'est là que pour comprendre l'histoire et relire d'anciens documents sans se tromper.
Un dernier point sur la proratisation. Quand la période de recherche ne couvre qu'une partie d'un mois civil, France Travail proratise le plafond de cachets retenu pour ce mois, selon le nombre de jours du mois compris dans la période de référence.2 C'est un ajustement technique de bord de période, qui joue rarement en votre défaveur, mais qui explique parfois de petits écarts entre votre décompte maison et celui de l'organisme.
Un conseil très concret pour finir cette partie : tenez votre propre tableau de bord. Une simple feuille de calcul avec une ligne par contrat, la date de début, la date de fin, l'employeur, le nombre de cachets et le nombre d'heures. À chaque nouvelle attestation, vous mettez à jour votre total converti. Vous saurez ainsi, à tout moment, à combien d'heures vous êtes et combien il vous en reste avant les 507. C'est aussi votre meilleure protection en cas de désaccord : si une attestation manque ou si un cachet a été mal déclaré, vous le repérerez tout de suite, pendant qu'il est encore temps de faire corriger. Ne comptez jamais uniquement sur les chiffres affichés dans votre espace personnel : ce sont ceux transmis par vos employeurs, et une déclaration oubliée ne s'y verra pas.
« Pour les artistes, la déclaration est réalisée en heures et/ou cachets, ces derniers étant valorisés à hauteur de 12 heures/cachet. »Source : France Travail

06Un cas chiffré : Léa, comédienne
Prenons un cas concret pour voir la règle à l'œuvre. Léa est comédienne. Sur ses 12 derniers mois, elle a effectué 43 cachets au total, répartis chez plusieurs employeurs. Parmi eux :
- 23 cachets isolés, sur des contrats courts (un ou deux jours) : lectures, courts métrages, doublage.
- 20 cachets groupés, sur deux engagements de tournée dépassant chacun 5 jours consécutifs chez le même employeur.
Regardons ce que cela donne selon la règle appliquée.
Avec l'ancienne règle (avant août 2016) :
- 23 cachets isolés × 12 heures = 276 heures
- 20 cachets groupés × 8 heures = 160 heures
- Total : 436 heures. En dessous des 507 heures. Léa n'ouvrait pas ses droits.
Avec la règle actuelle (depuis août 2016) :
- 43 cachets × 12 heures = 516 heures
- Total : 516 heures. Au-dessus des 507 heures. Léa ouvre ses droits.
Même travail, même nombre de cachets. La seule différence, c'est la règle de conversion. C'est exactement l'effet de la réforme de 2016 : elle a cessé de pénaliser les artistes qui enchaînent des contrats de plusieurs jours.
Cet exemple illustre une chose importante : ce ne sont pas vos cachets qui ont changé, c'est la façon de les compter. Léa, sous l'ancien régime, avait tout intérêt à multiplier les contrats d'un jour. Aujourd'hui, cette gymnastique n'a plus aucun sens du point de vue de l'ouverture des droits. Un cachet est un cachet, il vaut 12 heures, que vous jouiez un soir ou une semaine.
Attention toutefois : ce calcul ne préjuge pas du montant de votre allocation, qui dépend d'autres paramètres (votre salaire de référence, notamment). Ici, on parle uniquement de la condition d'ouverture : atteindre ou non les 507 heures. C'est la première marche, indispensable, mais ce n'est pas toute l'histoire de votre indemnisation.
Poussons l'exemple un cran plus loin. Imaginons que Léa, l'année suivante, soit un peu juste : elle n'a réuni que 40 cachets, soit 480 heures. Il lui manque 27 heures. Faut-il baisser les bras ? Pas forcément. Si elle a donné quelques heures de cours dans un conservatoire, animé un atelier dans une école agréée, ou suivi une formation, ces heures peuvent, sous conditions, venir compléter son décompte et lui faire franchir la barre. C'est tout l'intérêt de connaître les périodes assimilées, que nous détaillons plus loin. Beaucoup d'intermittents s'arrêtent au total de leurs cachets et concluent trop vite qu'ils n'y sont pas. Le bon réflexe, quand on approche du seuil sans l'atteindre, c'est de reconstituer l'ensemble de son activité, cachets et heures assimilées, avant de tirer une conclusion.
07Et les techniciens ? L'annexe 8 ne connaît pas le cachet
Si vous êtes technicien ou ouvrier du spectacle, toute la question du cachet isolé ou groupé ne vous concerne pas. Et c'est normal.
Les ouvriers et techniciens relèvent de l'annexe 8. Ils sont déclarés aux heures réelles travaillées, jamais en cachets.3 Votre employeur inscrit le nombre d'heures effectivement travaillées, et ce sont ces heures qui alimentent directement votre compteur des 507 heures. Pas de conversion, pas de coefficient.
Il existe tout de même un plafond mensuel. Le nombre d'heures retenu par mois civil ne peut pas dépasser 208 heures pour un ouvrier ou un technicien. Cette limite est portée à 250 heures si vous avez travaillé pour plusieurs employeurs sur le mois, et exceptionnellement à 260 heures sur dérogation de la DREETS.2
Le seuil de 507 heures, lui, est le même que pour les artistes. La différence tient à la période de recherche, historiquement un peu plus courte pour les techniciens que pour les artistes. Dans les deux cas, le principe reste : totaliser 507 heures dans la période de référence qui précède la fin de contrat retenue.
| Artistes (annexe 10) | Ouvriers et techniciens (annexe 8) | |
|---|---|---|
| Unité déclarée | Cachets et/ou heures | Heures réelles uniquement |
| Conversion | 1 cachet = 12 heures | Aucune (heures réelles) |
| Plafond par mois civil | 28 cachets | 208 heures (250 h si plusieurs employeurs) |
| Seuil d'ouverture | 507 heures | 507 heures |
Un cas fréquent : vous cumulez des fonctions d'artiste et de technicien. France Travail regarde alors dans quelle annexe vous avez totalisé le plus d'heures sur la période de référence, et c'est ce régime qui vous est attribué.2 D'où l'intérêt de bien suivre la répartition de vos heures entre les deux casquettes tout au long de l'année.

08Là où la distinction compte encore : vos cotisations
On vous a dit que, pour France Travail, isolé ou groupé, c'est pareil. C'est vrai. Alors pourquoi voit-on encore ces mots un peu partout, sur les logiciels de paie, dans les échanges avec l'URSSAF ?
Parce que la distinction n'a disparu que d'un seul côté : celui de l'assurance chômage. De l'autre côté, celui des cotisations sociales, elle est toujours vivante.
L'URSSAF continue en effet de traiter différemment un engagement selon sa durée pour le calcul de l'assiette plafonnée des cotisations, c'est-à-dire la part de la rémunération soumise à cotisations dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
Isolé ou groupé, cela ne change plus rien à vos droits au chômage. Mais cela peut encore influer sur le montant de certaines cotisations. Deux mondes, deux logiques.
Pour vous, salarié, la bonne nouvelle est que cette subtilité relève surtout de votre employeur et de son gestionnaire de paie. Vous n'avez pas à faire ce calcul. Mais elle explique pourquoi votre bulletin peut encore afficher un cachet « groupé » : ce n'est pas une erreur, c'est simplement que le vocabulaire a survécu là où il a encore une utilité.
Le détail exact du calcul du plafond de cotisations selon la durée du contrat évolue et dépend de votre situation. Si vous êtes employeur occasionnel, ou si un point précis de votre bulletin vous interroge, ce point se vérifie auprès de l'URSSAF ou de votre organisme de paie plutôt que sur la foi d'un forum. C'est le genre de sujet où une valeur périmée circule vite.
Ce grand écart entre les deux régimes est source de malentendus tenaces. On entend encore, dans les loges, qu'il « vaut mieux » un cachet isolé qu'un cachet groupé, ou l'inverse. La vérité, c'est que pour vos droits au chômage, cela n'a plus aucune importance depuis 2016. La seule chose qui vous concerne directement, en tant que salarié, c'est le net qui tombe sur votre compte et le nombre d'heures qui s'ajoutent à votre compteur. Le premier dépend d'un calcul de cotisations que fait votre employeur ; le second suit désormais une règle simple et unique. Ne laissez pas un débat de spécialistes de la paie vous faire croire que vous perdez des droits : ce n'est pas le cas.
09Répétitions, résidences, enseignement : ce qui compte aussi
Se focaliser uniquement sur les cachets, c'est passer à côté d'heures précieuses. Le régime prévoit en effet d'autres périodes qui alimentent votre compteur des 507 heures. Les connaître peut faire la différence entre ouvrir ses droits ou non.
Les répétitions. Pour les artistes, les heures de répétitions déclarées et payées par l'employeur sont retenues, en plus des heures de représentation ou d'enregistrement.2 Vérifiez qu'elles figurent bien sur vos attestations : trop d'artistes les négligent.
Les résidences de création. Les heures de création en résidence sont prises en compte lorsqu'elles correspondent à des périodes de travail en vue de la production d'un spectacle.2
L'enseignement. Les heures d'enseignement artistique ou technique dispensées dans un établissement agréé sont retenues, sous conditions, dans la limite de 70 heures (portée à 120 heures pour les personnes âgées de 50 ans et plus à la fin de contrat retenue).2
La formation. Les périodes de formation non rémunérées par l'assurance chômage sont assimilées à des heures de travail dans une certaine limite. Le guide France Travail rappelle un plafond de l'ordre de 338 heures pour l'ensemble formation et enseignement.3 Ce point mérite attention si vous préparez une reconversion ou un perfectionnement.
Maladie, maternité, accident du travail. Certaines de ces périodes, situées en dehors d'un contrat de travail et indemnisées, sont retenues à raison de 5 heures par jour, sous réserve des conditions propres à chaque situation.2
Le fil conducteur de tout cela : ne raisonnez pas uniquement en cachets. Votre parcours d'intermittent, c'est un empilement d'heures d'origines diverses. Un décompte honnête additionne les cachets convertis, les heures réelles, les répétitions, l'enseignement et les périodes assimilées. C'est souvent en oubliant ces dernières que l'on croit, à tort, ne pas atteindre les 507 heures.
10Se former pour sécuriser ses heures
Vous l'avez vu tout au long de cet article : la mécanique des cachets, des heures et des périodes assimilées n'a rien d'intuitif. Une case mal cochée, des répétitions non déclarées, une période assimilée oubliée, et l'on peut passer à côté de l'ouverture de ses droits sans même comprendre pourquoi.
La bonne nouvelle, c'est que la formation professionnelle joue ici un double rôle. D'abord, se former, c'est consolider son métier, élargir ses compétences, sécuriser sa place dans un secteur où la concurrence est rude. Ensuite, certaines périodes de formation peuvent, sous conditions, être assimilées à des heures pour le calcul des 507 heures. Bien pensée, une formation nourrit votre pratique et votre compteur.
Pour les intermittents du spectacle, l'interlocuteur clé du financement, c'est l'AFDAS, l'opérateur de compétences de la culture, de la communication et des loisirs. L'AFDAS finance des formations pour les artistes et techniciens qui justifient d'un volume minimal d'activité, et prend en charge aussi bien des compétences techniques et artistiques que des formations de sécurité ou de développement d'activité.8
Chez Artiste Formation, organisme certifié Qualiopi spécialisé dans les métiers du spectacle et de la musique, nous concevons nos parcours pour qu'ils soient finançables par l'AFDAS et adaptés au rythme de l'intermittence. L'idée n'est pas de vous vendre une formation de plus, mais de vous aider à faire des choix qui servent à la fois votre art et la sécurité de votre statut.
Avant de vous lancer, une règle de bon sens que nous appliquons à nous-mêmes dans cet article : ne vous fiez jamais à un chiffre entendu au comptoir d'un théâtre. Les règles de l'intermittence changent de convention en convention. Vérifiez toujours à la source, ou faites-vous accompagner par des gens dont c'est le métier.
- Je compte tous mes cachets sur les 12 mois précédant ma dernière fin de contrat.
- Je multiplie chaque cachet par 12 heures, qu'il soit isolé ou groupé.
- Je respecte le plafond de 28 cachets par mois civil.
- J'ajoute mes heures réelles : répétitions payées, résidences, contrats déclarés en heures.
- Je n'oublie pas les périodes assimilées : enseignement, formation, maladie, maternité.
- Je compare mon total à 507 heures, et je vérifie à la source en cas de doute.
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Questions fréquentes
Un cachet vaut-il 8 ou 12 heures aujourd'hui ?
Douze heures. Depuis le 1er août 2016, France Travail compte chaque cachet 12 heures, qu'il soit isolé ou groupé. La règle des 8 heures pour les cachets groupés n'existe plus. Elle ne s'applique qu'aux fins de contrat antérieures à cette date.
Mon employeur a coché « cachet groupé ». Est-ce que je perds des heures ?
Non. Même si la case « groupé » est cochée, France Travail retient 12 heures par cachet. La qualification donnée par l'employeur ne change pas le décompte de vos droits au chômage. Elle peut en revanche jouer sur le calcul de certaines cotisations, ce qui relève de votre employeur.
Combien de cachets faut-il pour atteindre 507 heures ?
Si vous ne travaillez qu'au cachet, il vous faut au minimum 43 cachets sur 12 mois : 43 × 12 = 516 heures, soit au-dessus du seuil, alors que 42 cachets ne donnent que 504 heures. En pratique, la plupart des parcours mélangent cachets et heures réelles, ce qui permet d'atteindre les 507 heures autrement.
Qu'est-ce qui distingue un cachet isolé d'un cachet groupé ?
Uniquement la durée du contrat. Un cachet est groupé lorsqu'il couvre une période d'emploi d'au moins 5 jours continus chez le même employeur. En dessous de ce seuil, il est isolé. Cette distinction ne change plus le nombre d'heures comptées pour vos droits, mais elle reste utilisée pour certaines cotisations.
Les techniciens sont-ils aussi payés au cachet ?
Non. Les ouvriers et techniciens relèvent de l'annexe 8 et sont déclarés aux heures réelles travaillées, jamais en cachets. Le plafond mensuel retenu est de 208 heures, porté à 250 heures en cas d'employeurs multiples sur le mois. Le seuil des 507 heures, lui, est identique à celui des artistes.
Les répétitions comptent-elles pour mes 507 heures ?
Oui, pour les artistes, dès lors qu'elles sont déclarées et payées par l'employeur. Elles s'ajoutent aux heures issues de vos cachets. Vérifiez qu'elles figurent bien sur vos attestations : c'est une source d'heures souvent oubliée qui peut faire basculer un dossier.
Sources
Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.
- Conditions pour recevoir l'allocation - Culture et SpectacleFrance Travailhttps://cultureetspectacle.francetravail.fr/je-decouvre/conditions-pour-recevoir-l-allocationConsultée le 20 juillet 2026
- Guide Intermittents du spectacle (indemnisation)France Travailhttps://www.francetravail.fr/files/live/sites/PE/files/fichiers-en-telechargement/fichiers-en-telechargement---dem/GUIDE-INTERMITTENT.pdfConsultée le 20 juillet 2026
- Les premiers pas dans l'intermittence du spectacle (Doc Primo-Entrants)France Travailhttps://www.francetravail.fr/files/live/sites/PE/files/fichiers-en-telechargement/spectacle/Doc_Primo_Entrants.pdfConsultée le 20 juillet 2026
- Annexe X au règlement général annexé à la convention du 6 mai 2011 relative à l'indemnisation du chômage (texte consolidé, article 3)Unédichttps://www.unedic.org/ged/documents/regulatory_texts/pdf/Ann10ACh11consolide.pdfConsultée le 20 juillet 2026
- Décret n° 2016-961 du 13 juillet 2016 relatif aux règles d'indemnisation du chômage applicables aux travailleurs involontairement privés d'emploiLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000032891833Consultée le 20 juillet 2026
- Règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 relative à l'Assurance chômageUnédichttps://www.unedic.org/la-reglementation/conventions-d-assurance-chomage/reglement-general-annexe-a-la-convention-du-15-novembre-2024-relative-a-l-assurance-chomageConsultée le 20 juillet 2026
- L'indemnisation des intermittents du spectacle (dossier de synthèse)Unédichttps://www.unedic.org/storage/uploads/2023/07/24/Dossier20de20synthC3A8se20Intermittents20du20spectacle_uid_64be8b31b1a34.pdfConsultée le 20 juillet 2026
- Intermittents du spectacle et de l'audiovisuel - dispositifs et financement de la formationAFDAShttps://www.afdas.com/particulier/connaitre-les-dispositifs-et-les-modalites-dacces-a-la-formation/intermittents-du-spectacle-et-de-laudiovisuel.htmlConsultée le 20 juillet 2026
Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.



