Vous connaissez le chiffre par cœur : 507 heures. C'est le seuil qui ouvre vos droits d'intermittent, puis qui les renouvelle chaque année. Ce que beaucoup ignorent, c'est qu'on ne les atteint pas seulement avec des cachets et des contrats.
Certaines heures de formation comptent aussi. Celles que vous suivez comme stagiaire, et celles que vous donnez comme formateur. Mais chacune obéit à ses règles, ses plafonds et ses conditions. Une erreur courante fait qu'une formation entière ne compte finalement pour rien.
On vous explique ici, chiffres officiels à l'appui, quelles heures entrent dans vos 507, jusqu'à quelle limite, et comment ne pas gâcher votre stage.
Sommaire de l'article
- Une formation peut compter
- Les 507 heures : rappel express
- Deux portes : suivre ou enseigner
- La formation que vous suivez : jusqu'à 338 h
- Le piège : être indemnisé pendant le stage
- L'enseignement que vous donnez : 70 h, 120 h
- Le plafond global de 338 heures
- Ce que ces heures font, et ne font pas
- Un exemple concret
- Le mémo récapitulatif
01Une formation peut vraiment compter dans vos 507 heures
Le seuil de 507 heures, vous le vivez comme un compteur. Chaque contrat le fait monter. Chaque cachet compte. À la date anniversaire de vos droits, France Travail regarde si vous avez atteint le seuil sur les douze mois qui précèdent, et décide de renouveler ou non votre indemnisation.7
Quand la fin d'année approche et que le compteur traîne, c'est l'angoisse classique de l'intermittent : trouver les dernières heures. On multiplie les recherches de contrats, on accepte des dates au rabais, on stresse. Et pendant ce temps, une piste reste souvent dans l'angle mort : la formation.
Car ce compteur ne se remplit pas qu'avec des cachets et des feuillets Guso. Certaines heures de formation y entrent aussi, et pèsent exactement comme des heures travaillées pour atteindre le seuil. Parfois, ce sont elles qui font la différence entre des droits ouverts et une année blanche.
Mais attention, tout ne se vaut pas. Il ne suffit pas de s'inscrire à n'importe quel stage pour voir son compteur grimper. Le régime distingue deux situations qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre :
- les heures de formation que vous suivez comme stagiaire, quand vous apprenez ;
- les heures d'enseignement que vous donnez comme formateur ou intervenant, quand vous transmettez.
Les deux peuvent nourrir votre compteur. Mais chacune a sa propre limite, ses propres conditions d'éligibilité, et un piège bien précis qui peut réduire à néant tout le bénéfice. Un stage de 300 heures peut compter pour 300 heures… ou pour zéro, selon la façon dont vous le placez dans votre année.
Prenons ces deux mécanismes un par un, avec les textes officiels sous les yeux, pour que vous sachiez lire votre propre situation avant de vous engager.
02D'abord, les 507 heures : de quoi parle-t-on vraiment
Avant de parler des heures de formation, remettons les bases au clair. Elles conditionnent tout le reste.
Le régime des intermittents n'est pas l'assurance chômage classique. C'est un régime spécifique, prévu par la loi, qui tient compte des modalités particulières d'exercice des professions du cinéma, de l'audiovisuel et du spectacle.5 Ce n'est pas une faveur : c'est la reconnaissance qu'on ne travaille pas dans le spectacle comme dans un bureau, par contrats courts et employeurs multiples. Ce régime est d'ailleurs financé, en partie, par une contribution spécifique à la charge des employeurs et des salariés de ces professions.6
Concrètement, ce régime tient dans deux textes annexés au règlement d'assurance chômage :
- l'annexe 8, pour les ouvriers et techniciens du spectacle : régisseurs, machinistes, ingénieurs du son, monteurs, éclairagistes… ;1
- l'annexe 10, pour les artistes : comédiens, musiciens, danseurs, chanteurs, circassiens… ;2
Selon votre métier, vous relevez de l'une ou de l'autre. Mais pour ce qui nous intéresse ici, la bonne nouvelle est que les règles sur la formation sont quasiment identiques dans les deux annexes. Ce que nous allons voir vaut donc que vous soyez artiste ou technicien.
Dans les deux cas, la règle d'entrée est la même : il faut justifier d'au moins 507 heures de travail au cours des douze mois qui précèdent la fin de votre dernier contrat.1 Notez bien ce point : ce n'est pas 507 heures « dans votre vie », ni « sur l'année civile ». C'est une période glissante de douze mois, recalculée à chaque fois. France Travail l'examine à votre première ouverture de droits, puis à chaque date anniversaire pour décider du renouvellement.7
Un mot de prudence, essentiel sur ce sujet. Les textes en vigueur en 2026 sont ceux de la convention du 15 novembre 2024, dont le règlement s'applique depuis le 1er avril 2025.1 Ce régime change à chaque nouvelle convention : des seuils, des durées, des règles de calcul ont déjà bougé par le passé, et rebougeront. Si vous croisez des chiffres différents sur un forum ou un vieux guide, ne vous fiez pas à votre mémoire : vérifiez la date du texte. Les valeurs de cet article ont été relues sur les sources officielles en juillet 2026.
| Annexe 8 | Annexe 10 | |
|---|---|---|
| Qui | Ouvriers et techniciens du spectacle | Artistes du spectacle |
| Seuil d'affiliation | 507 heures | 507 heures |
| Période examinée | 12 mois avant la fin de contrat | 12 mois avant la fin de contrat |
| Formation suivie assimilée | Jusqu'aux 2/3 (338 h) | Jusqu'aux 2/3 (338 h) |
| Enseignement donné | 70 h (120 h à 50 ans et +) | 70 h (120 h à 50 ans et +) |
Retenez l'essentiel : la porte s'ouvre à 507 heures, sur douze mois. Voyons maintenant comment la formation peut vous aider à la franchir.
« Pour tenir compte des modalités particulières d'exercice des professions de la production cinématographique, de l'audiovisuel ou du spectacle, les accords relatifs au régime d'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 comportent des règles spécifiques d'indemnisation des artistes et des techniciens intermittents du spectacle, annexées au règlement général annexé à la convention relative à l'indemnisation du chômage. »Source : Légifrance
03Deux portes différentes : la formation suivie et l'enseignement donné
C'est la confusion la plus fréquente, et elle fausse tous les calculs. On parle « des heures de formation » comme d'un seul bloc. En réalité, le régime en connaît deux, aux logiques opposées, avec des plafonds différents. Séparez-les mentalement une fois pour toutes.
1. Les heures que vous suivez
Vous êtes stagiaire. Vous vous formez à un logiciel de montage, à une nouvelle technique de plateau, à une langue pour un rôle, vous passez une certification ou vous engagez une VAE. Vous êtes du côté de celui qui apprend. Ces heures-là peuvent être assimilées à des heures de travail pour atteindre vos 507. C'est la situation la plus fréquente, et celle qui offre la plus grande marge.
2. Les heures que vous donnez
Vous êtes intervenant, formateur, vous transmettez votre métier dans une école, un conservatoire, un organisme. Vous êtes du côté de celui qui enseigne. Beaucoup d'intermittents complètent leur activité artistique par de l'enseignement : c'est très courant, et c'est légitime. Ces heures d'enseignement peuvent, elles aussi, être retenues dans votre compteur des 507, mais dans une limite bien plus étroite, et à des conditions précises sur l'établissement.
Suivre une formation et donner un cours, ce sont deux mécanismes distincts. Ils ne s'additionnent pas librement : ils partagent un même plafond global, sur lequel nous reviendrons en détail. C'est le point le plus souvent mal compris.
Gardez cette distinction en tête pour toute la suite de l'article. On commence par la situation la plus courante et la plus favorable : la formation que vous suivez.
04Les heures de formation que vous suivez : jusqu'à 338 heures
Voici la bonne nouvelle, et elle est de taille. Quand vous suivez une formation, ses heures peuvent compter comme des heures de travail pour atteindre votre seuil. Le règlement les qualifie d'heures « assimilées à des heures de travail ».1 Le mot est important : assimilées, c'est-à-dire traitées comme si vous aviez travaillé, pour le calcul du seuil.
Mais pas sans limite, sinon il suffirait d'enchaîner les stages pour ouvrir ses droits sans jamais monter sur un plateau. La règle est fixée en fraction du seuil : les heures de formation sont retenues dans la limite des deux tiers de la condition d'affiliation. Comme le seuil est de 507 heures, les deux tiers représentent 338 heures au maximum.3
Faites bien le calcul de ce que cela implique. Même si vous suivez un stage très long, de 400 ou 500 heures, seules 338 heures, au plus, viendront s'ajouter à votre compteur au titre de la formation. Le reste de vos 507 heures doit obligatoirement venir de votre travail réel. La formation ne peut donc jamais, à elle seule, vous ouvrir des droits : il vous faut toujours au moins 169 heures de travail effectif (507 − 338) pour compléter. C'est une sécurité voulue par le régime : rester intermittent suppose de continuer à exercer.
Toutes les formations ne sont pas éligibles
Deuxième condition, tout aussi structurante. Il ne suffit pas que ce soit « une formation » au sens courant. Il doit s'agir d'actions relevant des livres III et IV de la sixième partie du code du travail, c'est-à-dire la formation professionnelle continue et la validation des acquis de l'expérience (VAE).3
En clair : une formation professionnelle structurée, avec un programme, des objectifs, un organisme identifié, du type de celles que finance l'AFDAS, entre dans le cadre. Un atelier de loisir, une masterclass informelle, un stage entre amis sans cadre pédagogique, non. Avant de compter sur des heures, assurez-vous que votre formation relève bien de ce périmètre : c'est le premier filtre.
Le texte du règlement est précis sur ce point, et mérite d'être lu mot à mot :
« Les actions concourant au développement des compétences mentionnées aux livres troisième et quatrième de la sixième partie du code du travail, à l'exception de celles rémunérées par le régime d'assurance chômage, sont assimilées à des heures de travail dans la limite des deux tiers du nombre d'heures fixé par le présent article pour la justification de la condition d'affiliation prévue par le présent article ou, le cas échéant, par le 1er de l'article 9. »Source : Unédic

05Le piège n°1 : être indemnisé pendant votre formation
Voici l'erreur qui coûte le plus cher, et que presque personne n'anticipe. Elle transforme un beau stage de plusieurs centaines d'heures en zéro heure utile. Lisez cette section deux fois.
Vos heures de formation ne comptent dans les 507 que si vous n'êtes pas indemnisé par le régime pendant le stage.
Le règlement l'écrit noir sur blanc : les actions de développement des compétences sont assimilées à des heures de travail « à l'exception de celles rémunérées par le régime d'assurance chômage ».1 Autrement dit, dès qu'une heure de formation est rémunérée par l'assurance chômage, elle sort du dispositif d'assimilation. Concrètement, si vous touchez l'ARE, ou l'AREF (l'allocation d'aide au retour à l'emploi versée pendant une formation), sur la période du stage, France Travail est sans ambiguïté :
« les heures de formation ne seront pas prises en compte pour le prochain examen de droits au titre des annexes 8 ou 10. »3
La logique se comprend, une fois qu'on la voit : on ne peut pas, pour la même période, être à la fois indemnisé et compter ces heures comme du travail. Ce serait les compter deux fois. Il faut choisir sa file. Et c'est un vrai arbitrage : être indemnisé pendant la formation, c'est du confort financier immédiat, mais ces heures ne rechargeront pas votre compteur. Ne pas l'être, c'est un effort de trésorerie, mais chaque heure de stage travaille pour vos futurs droits.
C'est exactement pour cet arbitrage qu'il faut anticiper une formation, et en parler avec votre organisme de formation et votre agence avant de commencer, pas après.
La condition qu'on oublie toujours : retravailler après
Deuxième subtilité, tout aussi décisive. Pour que vos heures de formation servent réellement à ouvrir ou renouveler des droits, vous devez avoir une fin de contrat de travail postérieure à la formation. France Travail le formule ainsi :
« Vous devrez justifier d'une fin de contrat de travail postérieure à la formation afin que vos droits soient examinés au titre des annexes 8 ou 10. »3
Traduction concrète : la formation seule ne déclenche rien. Le régime a besoin d'une fin de contrat de travail comme point de départ pour examiner vos douze mois. Il faut donc décrocher au moins un contrat après le stage, dont la fin servira de repère à l'examen de vos droits. Une formation qui n'est suivie d'aucun cachet reste, pour le régime, une formation qui ne compte pas, même si elle était éligible et non indemnisée.
La bonne pratique est donc simple : placez votre formation à un moment où vous savez que de l'activité suivra. Idéalement en début ou en milieu d'année, pas comme dernier geste désespéré à quelques jours de votre date anniversaire.
Pour que votre stage nourrisse vos 507 heures, deux conditions vont ensemble : ne pas être indemnisé pendant, et retravailler au moins une fois après. Si l'une manque, les heures ne comptent pas.
06Les heures d'enseignement que vous donnez : 70 heures, 120 à partir de 50 ans
Passons de l'autre côté du tableau. Ici, vous n'apprenez pas, vous transmettez. Vous donnez des cours de chant, vous encadrez un atelier son, vous intervenez auprès d'élèves comédiens, vous dispensez une masterclass dans une école. C'est une réalité pour un grand nombre d'intermittents, qui partagent leur temps entre la scène et l'enseignement. Ces heures d'enseignement peuvent, elles aussi, compter dans vos 507.
Mais la limite est bien plus basse que pour la formation suivie, il faut le savoir pour ne pas surestimer leur poids. Le règlement retient les heures d'enseignement dans la limite de 70 heures. Et cette limite passe à 120 heures pour les 50 ans et plus à la date de fin du contrat retenu pour l'ouverture des droits.1 La règle est identique pour les artistes (annexe 10) et pour les techniciens (annexe 8) : mêmes 70 heures, même relèvement à 120 heures après 50 ans.2
Ce relèvement à 120 heures pour les plus de 50 ans est une reconnaissance de la place que prend souvent l'enseignement dans la deuxième partie de carrière : beaucoup d'artistes et de techniciens confirmés transmettent davantage. Le régime en tient compte.
Toutes les heures de cours ne comptent pas
Ici encore, une condition sélectionne, et elle est stricte. Les heures d'enseignement ne sont retenues que si elles sont effectuées en exécution d'un contrat de travail conclu avec un établissement figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'emploi.1 Cette liste est définie en application de l'article D. 5424-51 du code du travail.4 Deux conditions donc : un vrai contrat de travail (pas une facture d'auto-entrepreneur), et un établissement listé.
L'arrêté du 23 mars 2017 précise ce périmètre. On y trouve notamment :8
- les écoles, collèges et lycées, publics ou privés sous contrat, et les universités ;
- les conservatoires et les établissements publics d'enseignement artistique (musique, danse, art dramatique) ;
- les structures du cinéma, de l'audiovisuel et du spectacle vivant recevant un financement public ;
- les organismes habilités à préparer un diplôme national ou autorisés à délivrer un titre professionnel enregistré au RNCP.
À l'inverse, un cours donné dans une structure hors liste, ou une prestation facturée qui n'est pas un vrai contrat d'enseignement salarié, ne rentrera pas dans le compteur au titre de l'enseignement. Si vous enseignez régulièrement, cela vaut la peine de vérifier, pour chaque structure, si elle figure bien dans le périmètre : c'est ce qui détermine si vos heures comptent. Voici la formulation exacte du règlement :
« Les heures d'enseignement dispensées par les ouvriers et techniciens en exécution d'un contrat de travail, ayant pris fin au cours de la période de référence mentionnée à l'article 3, conclu avec un établissement d'enseignement ou de formation figurant sur la liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'emploi en application du IV de l'article D. 5424-51 du code du travail, sont retenues dans la limite de 70 heures pour la justification de la condition d'affiliation prévue par le présent article ou, le cas échéant, le §1er de l'article 9. La limite de 70 heures est portée à 120 heures pour les ouvriers et techniciens âgés de 50 ans et plus à la date de fin du contrat de travail retenue pour l'ouverture des droits ou la réadmission. »Source : Unédic
07Attention : formation suivie et enseignement partagent un plafond de 338 heures
Voici le point que presque tous les guides oublient, et qui change tout dans un calcul.
La limite de 70 heures d'enseignement et la limite de 338 heures de formation suivie ne sont pas deux réservoirs indépendants. Elles communiquent. Le code du travail est explicite : les heures d'enseignement « réduisent à due proportion le nombre d'heures de formation assimilables ».4
France Travail traduit cette règle par un plafond commun :
« Le nombre total d'heures de formation ajouté aux heures d'enseignement artistique ou technique ne peut pas dépasser 338 heures. »3
Autrement dit, faites la somme : heures de formation suivie + heures d'enseignement données. Ce total ne peut jamais dépasser 338 heures dans votre compteur des 507.
Un exemple pour fixer les idées. Vous avez suivi 300 heures de formation éligible, et donné 60 heures de cours dans un conservatoire figurant sur la liste. Le total « brut » serait de 360 heures. Mais le plafond commun est de 338. Vous ne comptez donc que 338 heures assimilées, pas 360. Les 22 heures au-delà sont perdues pour l'examen des droits. Elles n'ont pas disparu de votre parcours, mais elles ne servent pas à franchir le seuil.
L'erreur classique, c'est de raisonner comme si l'on avait droit à 338 heures de formation d'un côté et 70 heures d'enseignement de l'autre, soit plus de 400 heures assimilables. C'est faux. Les deux limites (338 pour la formation, 70 ou 120 pour l'enseignement) sont des plafonds de sécurité chacune dans leur registre, mais elles s'inscrivent dans un même plafond global de 338 heures qui ne peut jamais être dépassé, quelle que soit la répartition entre cours suivis et cours donnés.
Conséquence pratique : si vous cumulez formation suivie et enseignement donné dans la même période de référence, faites toujours la somme avant de vous rassurer. Ce n'est pas parce que chaque poste, pris isolément, reste sous sa limite propre que le total est retenu intégralement.
Un seul plafond pour les deux : 338 heures. Ce n'est pas 338 de formation « plus » 70 d'enseignement. C'est 338 au total, formation suivie et enseignement donné confondus.
« Ces heures d'enseignement réduisent à due proportion le nombre d'heures de formation assimilables conformément aux annexes précitées. »Source : Légifrance

08Ce que ces heures font — et ce qu'elles ne font pas
Il faut être clair sur le rôle exact de ces heures assimilées, pour ne pas se faire de fausses idées ni de fausses attentes. Elles sont utiles, mais leur pouvoir est précisément délimité.
Ce qu'elles font
Elles servent à atteindre le seuil. Elles s'ajoutent à vos heures réellement travaillées pour vous amener à 507, et donc à ouvrir ou renouveler vos droits.3 C'est leur seule fonction, mais elle est précieuse. Sans elles, un intermittent qui a beaucoup travaillé mais qui a « perdu » deux mois de tournage pour se former pourrait passer sous la barre à sa date anniversaire. Avec elles, il repasse au-dessus. Elles sont, littéralement, un filet de sécurité pour celles et ceux qui prennent le temps de se former.
Ce qu'elles ne font pas
Elles n'augmentent pas le montant de votre allocation. Le montant journalier se calcule à partir de vos heures réellement travaillées et de vos salaires soumis à contributions, pas des heures assimilées. La formation vous aide à ouvrir la porte et à la garder ouverte ; elle ne gonfle pas votre indemnité journalière. Il ne faut donc pas attendre d'un stage qu'il « fasse monter » votre allocation : ce n'est pas son rôle.
Un décalage dans le temps qu'il faut intégrer
Autre nuance importante, souvent source de malentendus : ces heures sont prises en compte pour le prochain examen de droits.3 Concrètement, une formation suivie aujourd'hui joue sur la photo de vos douze mois qui sera prise à votre prochaine date anniversaire, ou à votre prochaine réadmission.7 Elle ne débloque pas un versement immédiat, ni une prolongation instantanée. Elle prépare l'examen suivant.
C'est toute la différence entre subir son statut et le piloter. Une formation se pense en amont, dans une stratégie d'année : on regarde où en est le compteur, combien d'heures manqueront probablement, et on place la formation là où elle sécurisera le prochain examen. Anticiper, ce n'est pas de l'excès de prudence : c'est la seule façon de faire jouer ces règles en votre faveur plutôt que de les découvrir trop tard.
09Un exemple concret : le renouvellement de Sarah, comédienne
Rien ne vaut un cas chiffré. Prenons Sarah, comédienne à l'annexe 10. Sa date anniversaire approche. Sur ses douze derniers mois, elle a réuni 390 heures de travail artistique. Il lui manque 117 heures pour atteindre les 507. Sans rien faire, ses droits ne sont pas renouvelés.7
Sur cette même période, Sarah a fait deux choses :
- elle a suivi une formation de jeu face caméra de 210 heures, financée par l'AFDAS, sans être indemnisée pendant le stage ;
- elle a donné 40 heures de cours de théâtre dans un conservatoire municipal figurant sur la liste.
Faisons le calcul de ses heures assimilées :
| Poste | Heures brutes | Retenu |
|---|---|---|
| Travail artistique réel | 390 h | 390 h |
| Formation suivie (éligible, non indemnisée) | 210 h | 210 h |
| Enseignement donné (établissement listé) | 40 h | 40 h |
| Sous-total assimilé (formation + enseignement) | 250 h | plafonné à 250 h |
Le plafond commun est de 338 heures. Le total assimilé de Sarah (210 + 40 = 250) reste en dessous : tout est retenu.3 Son compteur devient donc : 390 + 250 = 640 heures. Elle dépasse largement les 507. Ses droits sont renouvelés.
Point de vigilance : pour que tout cela compte, Sarah devait aussi avoir une fin de contrat postérieure à sa formation.3 Ses 40 heures de cours et ses cachets après le stage remplissent cette condition.
Variante : si Sarah avait touché l'AREF pendant sa formation, ces 210 heures auraient été rayées de l'examen.1 Elle serait retombée à 390 + 40 = 430 heures. Sous la barre. Le même stage, selon qu'on est indemnisé ou non, ouvre les droits ou ne sert à rien.
10Votre mémo : les heures qui comptent, en un coup d'œil
Récapitulons tout ce qui précède dans un tableau à garder sous la main avant de vous inscrire à une formation.
| Type d'heures | Limite dans les 507 | Conditions clés |
|---|---|---|
| Formation que vous suivez | 2/3 du seuil, soit 338 h | Formation professionnelle (livres III-IV, 6e partie) ; non indemnisé pendant ; fin de contrat après |
| Enseignement que vous donnez | 70 h (120 h si 50 ans et +) | Contrat avec un établissement figurant sur la liste de l'arrêté |
| Plafond commun aux deux | 338 h maximum au total | Formation + enseignement additionnés ne dépassent pas 338 h |
Trois réflexes suffisent, dans l'ordre, à éviter les erreurs les plus coûteuses :
- Vérifiez que votre formation est bien une formation professionnelle éligible, au sens des livres III et IV de la 6e partie du code du travail.3
- Regardez si vous serez indemnisé ou non pendant le stage : c'est le point qui fait tout basculer, car une formation indemnisée par le régime ne recharge pas votre compteur.1
- Prévoyez de retravailler après la formation, pour disposer d'une fin de contrat postérieure sur laquelle asseoir l'examen de vos droits.3
Et si vous enseignez en parallèle : vérifiez que l'établissement est bien sur la liste, et faites la somme formation + enseignement pour rester conscient du plafond commun de 338 heures.4
Au fond, retenez une idée simple. Le régime récompense celles et ceux qui se forment sérieusement, mais il pose des garde-fous pour que la formation reste liée à une vraie activité professionnelle. Bien pilotée, une formation n'est pas une parenthèse dans votre carrière ni un temps mort dans votre compteur : c'est un levier qui vous fait progresser dans votre métier et qui consolide votre statut. Mal placée, elle peut au contraire ne rien rapporter à vos droits. Toute la différence tient dans l'anticipation et dans le respect des quelques conditions que nous venons de dérouler.
- Ma formation relève-t-elle de la formation professionnelle (livres III-IV de la 6e partie du code du travail) ?
- Serai-je indemnisé (ARE / AREF) pendant le stage ? Si oui, ces heures ne compteront pas pour l'examen aux annexes 8 ou 10.
- Ai-je prévu de retravailler après la formation, pour avoir une fin de contrat postérieure ?
- Mes heures de formation suivie restent-elles sous le plafond de 338 heures (les 2/3 des 507) ?
- Si je donne aussi des cours : l'établissement figure-t-il bien sur la liste fixée par arrêté ?
- Formation suivie + enseignement donné : leur total reste-t-il sous 338 heures ?
Une formation qui compte double : pour votre métier et pour votre statut
Chez Artiste Formation, organisme certifié Qualiopi spécialisé dans les métiers du spectacle et de la musique, nos parcours relèvent bien de la formation professionnelle finançable par l'AFDAS. Bien choisie et bien placée dans votre année, une formation vous fait progresser tout en nourrissant vos 507 heures. Parlons de votre projet et du bon moment pour vous lancer.
Questions fréquentes
Combien d'heures de formation puis-je faire compter dans mes 507 heures ?
Ma formation était payée par l'AFDAS. Est-ce que ça change quelque chose ?
Le financeur (AFDAS) n'est pas le sujet. Ce qui compte, c'est de savoir si vous étiez indemnisé par le régime d'assurance chômage (ARE ou AREF) pendant le stage. Si oui, ces heures ne sont pas prises en compte pour le prochain examen aux annexes 8 ou 10.3 Si vous n'étiez pas indemnisé, elles peuvent compter, dans la limite des 338 heures.1
Je donne des cours dans une école. Ces heures comptent-elles ?
Oui, mais dans une limite étroite : 70 heures, portées à 120 heures si vous avez 50 ans ou plus à la date de fin de contrat retenue.1 Et à condition que l'établissement figure sur la liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'emploi.4 Conservatoires, universités, écoles sous contrat, structures du spectacle financées sur fonds publics en font partie.8
Est-ce que la formation augmente le montant de mon allocation ?
Non. Ces heures assimilées servent à atteindre le seuil des 507 heures et à ouvrir ou renouveler vos droits.3 Le montant de votre allocation, lui, se calcule à partir de vos heures réellement travaillées et de vos salaires. La formation vous aide à franchir la porte, pas à toucher davantage.
J'ai suivi une formation mais je n'ai pas retravaillé après. Elle compte quand même ?
Non. Le régime exige une fin de contrat de travail postérieure à la formation pour que vos droits soient examinés aux annexes 8 ou 10.3 Sans un contrat décroché après le stage, la formation ne déclenche pas l'examen. Pensez donc toujours à prévoir de l'activité après votre formation.
Les règles changent-elles souvent ? Comment être sûr des chiffres ?
Oui, elles évoluent à chaque convention d'assurance chômage. Les chiffres de cet article (507 heures, 338 heures, 70 h / 120 h) correspondent au règlement de la convention du 15 novembre 2024, applicable depuis le 1er avril 2025.1 Pour votre situation précise, vérifiez toujours auprès de votre agence France Travail Services aux entreprises spectacle.
Sources
Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.
- Annexe 8 au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024Unédichttps://www.unedic.org/la-reglementation/conventions-d-assurance-chomage/annexe-8-au-reglement-general-annexe-a-la-convention-du-15-novembre-2024Consultée le 20 juillet 2026
- Annexe 10 au règlement annexé à la convention du 15 novembre 2024Unédichttps://www.unedic.org/la-reglementation/conventions-d-assurance-chomage/annexe-10-au-reglement-annexe-a-la-convention-du-15-novembre-2024Consultée le 20 juillet 2026
- L'assimilation des heures de formation professionnelle — Intermittents du spectacleFrance Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--intermittents/page.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Article D. 5424-51 du code du travailLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034763556Consultée le 20 juillet 2026
- Article L. 5424-22 du code du travailLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037388435Consultée le 20 juillet 2026
- Article L. 5424-20 du code du travailLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037388345Consultée le 20 juillet 2026
- Recalcul de vos droits à la date anniversaire — Culture et SpectacleFrance Travailhttps://cultureetspectacle.francetravail.fr/je-me-fais-accompagner/examen-de-droits-a-date-d-anniversaireConsultée le 20 juillet 2026
- Arrêté du 23 mars 2017 relatif à la liste des établissements mentionnée à l'article D. 5424-51 du code du travailLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034307833Consultée le 20 juillet 2026
Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.



