Vous approchez des 507 heures, ou vous venez de les atteindre. Et là, tout se complique : quand s'inscrire, quels papiers fournir, qui envoie quoi, combien vous allez toucher. Une erreur de calendrier peut vous coûter une année entière de droits.
Cet article suit le dossier dans l'ordre où vous allez le vivre : vérifier que vous êtes bien dans le régime, compter vos heures, choisir le bon moment pour vous inscrire, réunir les justificatifs, comprendre ce que vous allez percevoir et ce qui se passe ensuite à la date anniversaire.
Chaque chiffre et chaque règle ci-dessous a été vérifié le 20 juillet 2026 sur les textes officiels : le règlement d'assurance chômage (annexes 8 et 10 de la convention du 15 novembre 2024), le site de France Travail, celui de l'Unédic et du Guso. Quand un point dépend de votre situation exacte, on vous le dit plutôt que d'inventer un chiffre.
Sommaire de l'article
- Êtes-vous dans le régime ? Annexe 8 ou annexe 10
- La condition reine : 507 heures sur 12 mois
- Le calendrier qui décide de tout
- S'inscrire à France Travail, pas à pas
- Les justificatifs : AEM, Guso, et le reste
- Le droit d'option : si vous êtes déjà au régime général
- Ce que vous allez toucher
- Après l'ouverture : date anniversaire et rattrapage
- Les pièges qui coûtent des droits
- Et après ? Se former pendant l'intermittence
01Êtes-vous dans le régime ? Annexe 8 ou annexe 10
Avant de parler dossier, il faut savoir dans quelle case vous tombez. Les intermittents du spectacle ne relèvent pas des règles classiques de l'assurance chômage. Ils dépendent de deux textes à part, appelés annexes, joints au règlement général d'assurance chômage.1
La règle est simple : l'annexe 8 est pour les ouvriers et les techniciens (régie, lumière, son, plateau, machinerie, montage, coiffure, costume, réalisation...). L'annexe 10 est pour les artistes (comédiens, musiciens, danseurs, chanteurs, circassiens, chefs d'orchestre...).1
Ce n'est pas un détail administratif. Les deux annexes n'ont pas le même plancher d'allocation, ni tout à fait la même formule de calcul, ni la même façon de compter certaines heures. Vous pouvez d'ailleurs avoir des heures dans les deux : elles s'additionnent pour atteindre le seuil d'ouverture, mais votre droit sera ouvert dans l'annexe où vous avez travaillé le plus.
| Annexe 8 | Annexe 10 | |
|---|---|---|
| Pour qui | Ouvriers et techniciens du spectacle | Artistes du spectacle |
| Heures à justifier | 507 heures sur 12 mois | 507 heures sur 12 mois |
| Allocation journalière plancher | 38 €7 | 44 €5 |
| Comptage des cachets | Heures réelles (dans les limites légales) | 1 cachet = 12 heures, 28 cachets max par mois5 |
Technicien = annexe 8. Artiste = annexe 10. Le nombre d'heures à atteindre est le même (507), mais le montant plancher et la manière de compter diffèrent. Vérifiez sous quelle annexe chacun de vos contrats a été déclaré : c'est écrit sur vos attestations.
02La condition reine : 507 heures sur 12 mois
C'est le chiffre que tout le monde connaît, et c'est bien celui du texte : il faut justifier d'au moins 507 heures de travail sur les 12 mois qui précèdent votre dernière fin de contrat.5 Pas 507 heures dans l'année civile, pas 507 heures depuis votre première paie : 507 heures dans la fenêtre glissante de 12 mois qui remonte à partir de votre dernier contrat.
Comment les heures se comptent
Pour les artistes, le travail est souvent payé au cachet. Le texte pose l'équivalence : 1 cachet vaut 12 heures, avec un maximum de 28 cachets pris en compte par mois.5 Pour les techniciens, ce sont les heures réelles qui comptent, dans les limites prévues par le code du travail.6
Seules comptent les heures effectuées dans le champ des annexes 8 et 10. Une mission d'intérim classique ou un CDD hors spectacle ne rentre pas dans le compteur des 507 heures (même si elle peut, elle, ouvrir un droit au régime général — on y revient plus bas).5
Les heures qui comptent sans être du plateau
Il y a aussi des périodes qui ne sont pas du travail mais qui rentrent quand même dans le compteur, à raison de cinq heures par jour : les périodes de maladie indemnisée, de maternité, d'adoption ou de paternité situées hors contrat de travail sont retenues dans ces conditions.5 Ces périodes peuvent faire la différence si un arrêt maladie est tombé au milieu de votre saison.
Enfin, la fenêtre de 12 mois elle-même peut être allongée dans certains cas : arrêts maladie ayant donné lieu au versement des prestations en espèces, congé de maternité ou de paternité, invalidité, service national, stages de formation professionnelle continue.5 Autrement dit, si vous avez été empêché de travailler pendant une partie de l'année, on ne vous « vole » pas ce temps : la période de référence recule d'autant.
Deux catégories d'heures « assimilées » peuvent vous aider à boucler vos 507 :
- La formation. Les heures de formation (hors formations rémunérées par l'assurance chômage elle-même) sont assimilées à du travail, dans la limite des deux tiers du seuil, soit environ 338 heures.5
- L'enseignement artistique. Si vous donnez des cours dans un établissement figurant sur la liste fixée par arrêté, ces heures comptent dans la limite de 70 heures — portée à 120 heures pour les 50 ans et plus.5
Attention : ces plafonds ne s'additionnent pas librement, les heures d'enseignement s'imputent sur le contingent de formation. En clair, vous ne pouvez pas cumuler 338 heures de formation ET 70 heures d'enseignement en plus. Si votre dossier se joue à quelques heures, faites-les vérifier par votre agence.
507 heures, sur 12 mois, dans le spectacle. Le cachet artiste vaut 12 heures (28 par mois maximum). La formation et l'enseignement peuvent compléter le compteur, mais sous plafond. Comptez précisément avant de vous inscrire : c'est le point qui décide de tout le reste.
« Les salariés privés d'emploi doivent justifier d'une période d'affiliation d'au moins 507 heures de travail au cours des douze mois qui précèdent la fin du contrat de travail, sous réserve de l'application des b), d) et e) du §1er de l'article 9. »Source : Unédic
03Le calendrier qui décide de tout
Voici le point que les intermittents découvrent souvent trop tard, et qui peut coûter cher. La date qui sert de référence à tout votre droit, c'est la fin de votre dernier contrat de travail. Le règlement précise que cette fin de contrat doit se situer dans un délai de 12 mois dont le terme est la veille de votre inscription comme demandeur d'emploi.5
Concrètement : la période de 12 mois sur laquelle on cherche vos 507 heures se compte à rebours à partir de votre dernière fin de contrat. Et cette même date de fin de contrat fixe votre date anniversaire, c'est-à-dire la date à laquelle vos droits seront réexaminés un an plus tard.11
Pourquoi le moment de l'inscription est stratégique
France Travail le dit clairement : votre inscription génère automatiquement une demande d'allocation.1 Le piège est là. Si vous vous inscrivez alors que vous n'avez pas encore vos 507 heures dans le spectacle, mais que vous avez par ailleurs de quoi ouvrir un droit au régime général (six mois d'affiliation), c'est un droit au régime général qui s'ouvre — et les heures de spectacle déjà réalisées avant cette ouverture ne pourront plus servir à une admission au régime intermittent.1
Ne vous inscrivez pas « pour voir ». Inscrivez-vous quand vous remplissez réellement les conditions du régime spectacle, sinon vous risquez d'ouvrir un droit au régime général qui grille vos heures d'intermittent. Le bon réflexe : compter d'abord, s'inscrire ensuite.
Si vous les avez déjà, vos 507 heures : vous pouvez déposer votre demande dès le lendemain de la fin de contrat qui vous permet d'atteindre le seuil, en veillant à ce que toutes vos activités soient bien déclarées.2
« La fin du contrat de travail prise en considération pour l'ouverture des droits se situe dans un délai de douze mois dont le terme est la veille de l'inscription comme demandeur d'emploi. »Source : Unédic

04S'inscrire à France Travail, pas à pas
Une fois le bon moment identifié, la démarche elle-même est assez balisée. Elle se fait en ligne, depuis le site de France Travail, et votre inscription vaut demande d'allocation.1
- Créez ou réactivez votre espace personnel sur francetravail.fr. Si vous avez déjà été inscrit, vous vous réinscrivez au même endroit.
- Déclarez votre situation : identité, coordonnées, dernier contrat, métier exercé (artiste ou technicien).
- Vérifiez la condition de résidence. Il faut résider sur le territoire couvert par le régime : métropole, DOM sauf Mayotte, et les collectivités de Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.1
- Assurez-vous de ne pas être dans un cas d'exclusion. Il ne faut pas avoir démissionné de son dernier emploi — ou alors pouvoir justifier de 455 heures de travail après la démission — et ne pas avoir atteint l'âge de la retraite à taux plein ou l'âge limite d'indemnisation de 67 ans.1
- Validez. L'inscription enregistre automatiquement votre demande d'allocation.
À côté de ces conditions administratives, le règlement rappelle les obligations de fond, communes à tous les demandeurs d'emploi : être inscrit, être à la recherche effective et permanente d'un emploi, et être physiquement apte à travailler.1
Un dernier point sur la fin de contrat de référence. Le règlement retient en principe la fin de la dernière activité exercée dans une entreprise du champ. Mais si, au titre de ce dernier contrat, vous ne remplissez pas la condition des 507 heures, vous pouvez tout de même obtenir une ouverture de droits en justifiant que les conditions étaient réunies au titre d'une fin de contrat antérieure, intervenue dans le délai de 12 mois.5 C'est une souplesse utile quand votre tout dernier cachet est isolé et ne suffit pas à lui seul.
Le régime en vigueur en 2026 découle de la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, dont les annexes 8 et 10 ont été maintenues, l'avenant n° 2 du 10 avril 2026 ayant été agréé par arrêté du 19 juin 2026.9 Autrement dit, ce sont bien ces textes-là qui s'appliquent à votre dossier aujourd'hui.
« Votre inscription à France Travail génère automatiquement une demande d'allocation. »Source : France Travail
05Les justificatifs : AEM, Guso, et le reste
C'est l'étape où beaucoup de dossiers se bloquent, non pas par mauvaise volonté mais parce que personne ne sait qui doit envoyer quoi. La bonne nouvelle : pour vos contrats de spectacle, ce n'est pas à vous de fournir les preuves. La mauvaise : il faut quand même surveiller que ça arrive.
Les contrats de spectacle : c'est l'employeur qui transmet
Vos contrats en annexes 8 et 10 sont attestés par des attestations employeur mensuelles (AEM) ou, pour les employeurs occasionnels, par des déclarations uniques simplifiées (DUS). Ces documents sont transmis directement par vos employeurs à France Travail.3
Les délais à connaître :
- AEM : votre employeur a jusqu'au 15 du mois suivant la période d'emploi pour transmettre les documents à France Travail.3
- DUS / Guso : l'employeur déclare au Guso au plus tard le 15e jour après la fin du contrat.3
Le Guso, c'est le guichet unique du spectacle occasionnel. Il est réservé aux employeurs dont l'activité principale n'est pas le spectacle (une mairie, un restaurant, une association, un comité d'entreprise qui embauche un artiste pour un soir). Pour eux, le Guso est un service « 100 % gratuit et obligatoire mis en œuvre par France Travail ».10
Vérifiez la réception vous-même
Ne partez pas du principe que tout est arrivé. Dans votre espace personnel, la rubrique « Mes deux dernières années » vous permet de vérifier la réception de chaque attestation. S'il manque un document, contactez directement l'employeur concerné pour qu'il régularise.3
Ce que vous devez transmettre vous-même
Certaines pièces ne passent pas par l'employeur et sont à charger depuis votre espace :
- vos contrats et bulletins de salaire pour les activités relevant du régime général ;3
- l'attestation employeur des contrats terminés hors spectacle ;3
- pour du travail dans l'Union européenne, au Royaume-Uni ou en Suisse : le formulaire U1, le contrat et les bulletins ;3
- les justificatifs des périodes particulières (maladie, formation, congés, pension).3
Contrats spectacle : c'est l'employeur qui transmet (AEM avant le 15 du mois suivant, Guso sous 15 jours). Mais c'est à vous de vérifier que tout est bien arrivé. Un dossier qui traîne, c'est presque toujours une attestation manquante.
06Le droit d'option : si vous êtes déjà au régime général
Cas fréquent : vous vous êtes inscrit un peu tôt, un droit au régime général s'est ouvert, et voilà que vous décrochez ensuite assez de cachets pour atteindre les 507 heures. Êtes-vous bloqué jusqu'à la fin de ce droit ? Pas forcément. Il existe le droit d'option, qui permet de renoncer à un droit ouvert au régime général pour basculer sur les annexes 8 et 10.4
Les conditions
Pour que la demande soit recevable, il faut :
- avoir accumulé 507 heures en annexes 8 et 10 sur les 12 mois qui précèdent la fin de contrat ;4
- et soit percevoir une allocation journalière inférieure ou égale à 20 €, soit avoir des droits potentiels en annexes qui dépassent d'au moins 30 % le reliquat restant au régime général.4
La procédure
La demande se dépose depuis l'espace personnel France Travail, rubrique « Mes échanges et documents », en choisissant « Demande/acceptation de droit d'option ». Elle peut être déposée au plus tôt dès le lendemain de la fin de contrat permettant d'atteindre les 507 heures. Vous recevez alors une proposition à valider sous 21 jours. Et attention : le choix est irrévocable.4
Ouvrir un droit au régime général n'est pas toujours une catastrophe : le droit d'option peut vous ramener au régime spectacle. Mais le choix est définitif et sous conditions de montant. Faites simuler les deux hypothèses avant de valider quoi que ce soit.
07Ce que vous allez toucher
Une fois vos droits ouverts, deux questions : combien par jour, et à partir de quand. Les deux réponses sont dans le règlement.
Le calcul de l'allocation journalière
L'allocation journalière (AJ) n'est pas un simple pourcentage de votre salaire. Elle résulte d'une formule en trois branches, la même architecture pour les deux annexes, avec des coefficients différents : AJ = A + B + C. La branche A dépend de votre salaire de référence, la branche B du nombre d'heures travaillées, et C est une partie forfaitaire.5
Deux garde-fous encadrent le résultat :
- un plancher : l'allocation ne peut être inférieure à 38 € pour l'annexe 8 et à 44 € pour l'annexe 10 ;7
- un plafond : pour les annexes 8 et 10, l'allocation journalière est limitée à 181,18 €.7
Le montant de référence servant de base à la formule (l'allocation journalière minimale) est fixé à 31,96 € en 2026.7 À noter : ces montants n'ont pas été revalorisés au 1er juillet 2026, faute de majorité au conseil d'administration de l'Unédic du 30 juin 2026.8
Un exemple chiffré (annexe 10)
Prenons une comédienne relevant de l'annexe 10, avec un salaire de référence de 18 000 € et 600 heures travaillées sur la période. En appliquant la formule officielle (AJ minimale = 31,96 €) :5
| Branche | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| A (salaire) | [31,96 × (0,36 × 13 700 + 0,05 × 4 300)] ÷ 5 000 | ≈ 32,90 € |
| B (heures) | [31,96 × (0,26 × 600)] ÷ 507 | ≈ 9,83 € |
| C (forfait) | 31,96 × 0,70 | ≈ 22,37 € |
| AJ | A + B + C | ≈ 65,10 € / jour |
Sur un mois complet sans activité (30 jours), cela représente environ 1 953 € brut, avant application des franchises du démarrage. Ce n'est qu'un exemple : votre montant réel dépend de vos propres heures et salaires, et se lit sur votre notification d'ouverture de droits.
Franchises et délai d'attente : pourquoi le premier versement se fait attendre
Vous n'êtes pas payé dès le lendemain de l'inscription. Trois mécanismes retardent le point de départ, appliqués dans cet ordre :
| Mécanisme | Règle | Plafond |
|---|---|---|
| Différé spécifique | En cas d'indemnités de rupture versées à la fin du contrat | 75 jours max5 |
| Délai d'attente | Reporte la prise en charge de 7 jours | 7 jours5 |
| Franchise congés payés | 2,5 jours par période de 24 jours travaillés | 30 jours max5 |
À cela s'ajoute une franchise « salaire », répartie sur les huit premiers mois d'indemnisation.5 C'est pour cette raison qu'il peut s'écouler plusieurs semaines entre l'ouverture des droits et le premier virement : ce n'est pas un blocage, ce sont les franchises qui courent.
Retravailler tout en étant indemnisé
Le régime est fait pour l'alternance travail / chômage. Vous pouvez cumuler vos cachets et vos allocations sur un même mois, en déclarant vos rémunérations dans votre déclaration de situation mensuelle. Le cumul est encadré par un plafond : la somme rémunérations + allocations ne peut dépasser 1,18 fois le plafond mensuel de la sécurité sociale.5
Le nombre de jours indemnisables dans le mois se calcule à partir de vos heures travaillées : chaque mois, on convertit vos heures en jours de travail (dix heures = un jour), puis on retire ces jours, affectés d'un coefficient, du nombre de jours du mois. Et si vous travaillez beaucoup — au moins 27 jours de travail sur le mois — aucune allocation n'est versée ce mois-là.5 C'est logique : le mois où vous êtes plein d'engagements, vous vivez de vos cachets, pas de l'allocation.
Sans attestation de votre employeur au moment de votre déclaration mensuelle, un paiement provisoire peut être effectué sur la base de ce que vous déclarez, avec régularisation ensuite.5 Raison de plus pour déclarer scrupuleusement, chaque mois, ce que vous avez réellement travaillé.
« La prise en charge est reportée au terme d'un délai d'attente de sept jours. Le délai d'attente s'applique à chaque ouverture de droits ou réadmission, dès lors qu'il n'excède pas sept jours sur une même période de douze mois. »Source : Unédic

08Après l'ouverture : date anniversaire et rattrapage
Le régime des intermittents n'est pas un droit « une fois pour toutes ». Il se réexamine chaque année. C'est le rôle de la date anniversaire.
La date anniversaire
Votre allocation est servie jusqu'à la date anniversaire de la fin de contrat qui a permis l'ouverture des droits — soit douze mois plus tard.5 À cette date, France Travail réexamine votre situation pour vérifier si vous avez de nouveau 507 heures et peut donc « réadmettre » vos droits pour douze mois de plus.11
Pour vous laisser le temps de réagir, un courrier reprenant les éléments utiles à la détermination de la réadmission vous est adressé au moins 30 jours avant la date anniversaire.5 Ne l'ignorez pas : c'est votre point de contrôle annuel.
Le réexamen ne dépend pas de votre date d'inscription : il a lieu au lendemain de la date anniversaire, que vous soyez alors sans emploi ou en plein contrat.5 Si vos 507 heures ne sont pas réunies à cette date précise, votre situation est réexaminée dès la rupture du contrat en cours. Et si vous préférez ne pas attendre, vous pouvez demander que l'examen en vue d'une réadmission soit effectué avant la date anniversaire.5 Il y a donc plusieurs portes : l'important est de savoir laquelle correspond à votre situation, plutôt que de subir le calendrier.
Si vous n'avez pas vos 507 heures à la date anniversaire
Ce n'est pas nécessairement la fin. Le règlement prévoit une clause de rattrapage. Pour en bénéficier, il faut notamment justifier d'au moins cinq années d'affiliation (soit 5 × 507 heures attestées) ou d'au moins cinq ouvertures de droits au titre des annexes 8 ou 10 au cours des dix dernières années.5 La demande se fait par écrit auprès de France Travail.
Marquez votre date anniversaire dans votre agenda dès l'ouverture des droits. Un mois avant, vous recevez un courrier de France Travail. C'est le moment de vérifier que toutes vos heures de l'année sont bien enregistrées — pas la veille du réexamen.
09Les pièges qui coûtent des droits
La plupart des dossiers refusés ou retardés ne le sont pas pour une histoire d'heures manquantes, mais pour des erreurs évitables. Voici les plus fréquentes.
- S'inscrire trop tôt. Le piège n° 1. S'inscrire avant d'avoir ses 507 heures peut ouvrir un droit au régime général qui « consomme » vos heures de spectacle. Comptez d'abord.1
- Croire que l'employeur a tout envoyé. Une AEM oubliée bloque tout le calcul. Vérifiez la rubrique « Mes deux dernières années » et relancez l'employeur au moindre trou.3
- Oublier de déclarer une activité non-spectacle. Vos contrats au régime général, vos activités à l'étranger, une activité non salariée : tout doit être transmis par vos soins, sous peine de dossier incomplet.3
- Mal placer la date de fin de contrat. C'est elle qui fixe la période de référence et la date anniversaire. Un contrat de dernière minute peut décaler tout votre calcul.5
- Valider un droit d'option sans simuler. Le choix est irrévocable. Ne cochez rien sans avoir comparé les deux montants.4
- Confondre premier versement et blocage. Le délai avant le premier paiement vient des franchises et du délai d'attente, pas d'un problème sur votre dossier.5
Le régime intermittent récompense la rigueur administrative autant que le travail. Un tableur avec vos contrats, vos heures et vos dates de fin, tenu à jour toute l'année, vaut mieux que n'importe quelle course de dernière minute avant la date anniversaire.
10Et après ? Se former pendant l'intermittence
Une fois vos droits ouverts, vous avez entre les mains un régime pensé pour l'alternance : des périodes de travail, des périodes indemnisées, et la possibilité d'utiliser ces temps creux pour monter en compétences. Ce n'est pas un détail : on l'a vu, les heures de formation peuvent même compléter votre compteur de 507 heures, dans la limite des deux tiers.5
Pour les intermittents du spectacle, la formation professionnelle est financée par l'AFDAS, l'opérateur de compétences de la culture, des industries créatives, des médias, de la communication, des télécommunications, du sport, du tourisme, des loisirs et du divertissement. Selon votre nombre d'heures et votre ancienneté, une grande partie de vos formations peut être prise en charge — parfois avec maintien d'une rémunération pendant le stage.
C'est le moment d'y penser : consolider un métier technique, se perfectionner artistiquement, apprendre à mieux gérer son administratif d'intermittent, ou préparer une reconversion partielle. Un temps de chômage indemnisé bien utilisé, c'est un métier qui se sécurise.
Un mot de vigilance, tout de même. Les formations rémunérées par l'assurance chômage elle-même ne comptent pas dans le calcul des heures assimilées : ce sont les autres actions de développement des compétences qui sont assimilées, dans la limite des deux tiers.5 Bien construire son plan de formation — quelle formation, quel financement, à quel moment de l'année par rapport à sa date anniversaire — fait partie du métier d'intermittent. C'est exactement le genre de calage qu'un organisme habitué au régime peut vous aider à faire.
Chez Artiste Formation, nous concevons des parcours pensés pour les artistes et les techniciens du spectacle, éligibles au financement AFDAS. Si vous venez d'ouvrir vos droits et que vous vous demandez comment transformer vos périodes creuses en compétences, parlons-en.
- J'ai compté mes 507 heures sur les 12 mois précédant ma dernière fin de contrat (cachets convertis à 12 h, 28 max par mois pour les artistes).
- J'ai vérifié sous quelle annexe je relève : annexe 8 (technicien) ou annexe 10 (artiste).
- Je m'inscris seulement une fois les 507 heures atteintes, pour ne pas ouvrir un droit au régime général qui grillerait mes heures.
- J'ai identifié ma dernière fin de contrat : elle fixe la période de référence et ma future date anniversaire.
- J'ai vérifié dans « Mes deux dernières années » que toutes mes AEM et DUS sont bien arrivées.
- J'ai transmis moi-même les justificatifs qui ne passent pas par l'employeur (régime général, étranger, activité non salariée).
- Je réside bien sur un territoire couvert par le régime et je ne suis dans aucun cas d'exclusion (démission sans 455 h, âge limite).
- J'ai noté ma date anniversaire dans mon agenda pour anticiper le réexamen annuel.
Vous venez d'ouvrir vos droits ? Utilisez vos périodes creuses pour vous former
Artiste Formation conçoit des parcours pour les artistes et techniciens du spectacle, finançables par l'AFDAS. Consolidez un métier technique, perfectionnez-vous artistiquement ou sécurisez votre administratif d'intermittent — parlons de votre projet.
Questions fréquentes
Combien de temps après mon inscription vais-je toucher ma première allocation ?
Il n'y a pas de date fixe. Le premier versement est retardé par trois mécanismes appliqués dans l'ordre : un différé spécifique si vous avez perçu des indemnités de rupture (75 jours maximum), un délai d'attente de 7 jours, puis la franchise congés payés (jusqu'à 30 jours). Une franchise « salaire » s'étale ensuite sur les huit premiers mois. Ce délai est normal : ce ne sont pas des blocages, ce sont les franchises qui courent.5
Je n'ai pas mes 507 heures mais j'ai six mois d'affiliation classique. Que se passe-t-il si je m'inscris ?
Un droit au régime général s'ouvrira, et non un droit d'intermittent. Le problème, c'est que les heures de spectacle déjà réalisées avant cette ouverture ne pourront plus servir à une admission au régime intermittent. Si vous voulez préserver vos heures, mieux vaut attendre de remplir les conditions du régime spectacle avant de vous inscrire.1
Les heures de formation comptent-elles dans mes 507 heures ?
Oui, en partie. Les actions de formation (hors formations rémunérées par l'assurance chômage elle-même) sont assimilées à des heures de travail, dans la limite des deux tiers du seuil, soit environ 338 heures. Les heures d'enseignement artistique comptent aussi, dans la limite de 70 heures (120 heures à partir de 50 ans), mais elles s'imputent sur le même contingent formation.5
Un cachet, ça vaut combien d'heures ?
Pour les artistes relevant de l'annexe 10, chaque cachet est converti sur la base de 1 cachet = 12 heures, avec un maximum de 28 cachets pris en compte par mois pour rechercher les 507 heures. Pour les techniciens (annexe 8), ce sont les heures réelles qui comptent.5
Qui envoie mes attestations à France Travail ?
Pour vos contrats de spectacle, ce sont vos employeurs : ils transmettent les attestations employeur mensuelles (AEM) au plus tard le 15 du mois suivant, ou passent par le Guso (déclaration sous 15 jours) s'il s'agit d'un employeur occasionnel. En revanche, les pièces liées à vos activités hors spectacle sont à charger vous-même depuis votre espace personnel.3
Les allocations ont-elles augmenté en juillet 2026 ?
Non. Aucune majorité n'a pu être réunie au conseil d'administration de l'Unédic du 30 juin 2026 pour revaloriser les allocations chômage au 1er juillet 2026. Les montants restent donc identiques à ceux de la période précédente.8
Sources
Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.
- Je souhaite bénéficier du régime d'intermittent du spectacleFrance Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--intermittents/beneficier-regime-spectacle.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Quelles démarches réaliser pour devenir intermittent du spectacle ?France Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--intermittents/devenir-intermittent.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Intermittent du spectacle : quels justificatifs adresser à France Travail ?France Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--intermittents/justificatif-a-fournir.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Intermittent du spectacle : le droit d'optionFrance Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--intermittents/spectacle-droit-d-option.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Annexe X au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 (Artistes du spectacle)Unédichttps://www.unedic.org/ged/documents/regulatory_texts/pdf/TXT-ANX-RG-Annexe_10_2024.pdfConsultée le 20 juillet 2026
- Annexe VIII au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 (Ouvriers et techniciens)Unédichttps://www.unedic.org/ged/documents/regulatory_texts/pdf/TXT-ANX-RG-Annexe_8_2024.pdfConsultée le 20 juillet 2026
- Références — Assurance chômage : paramètres utiles (avril 2026)Unédichttps://www.unedic.org/storage/uploads/2026/05/27/unedic_parametres_utiles_avril2026_uid_6a17039e9f727.pdfConsultée le 20 juillet 2026
- Allocations d'assurance chômage : pas de revalorisation au 1er juillet 2026Unédichttps://www.unedic.org/actualites/allocations-dassurance-chomage-pas-de-revalorisation-au-1er-juillet-2026Consultée le 20 juillet 2026
- Arrêté du 19 juin 2026 portant agrément des dispositions de l'avenant n° 2 du 10 avril 2026 modifiant la convention du 15 novembre 2024 relative à l'assurance chômageLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054297458Consultée le 20 juillet 2026
- Guso — Guichet unique du spectacle occasionnel (accueil)Gusohttps://www.guso.fr/information/accueilConsultée le 20 juillet 2026
- L'indemnisation des intermittents du spectacle par l'Assurance chômageUnédichttps://www.unedic.org/publications/lindemnisation-des-intermittents-du-spectacle-par-lassurance-chomageConsultée le 20 juillet 2026
Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.



