Vous connaissez le chiffre par cœur : 507 heures sur douze mois. C'est le seuil qui décide si vous ouvrez ou non vos droits d'intermittent. Ce que beaucoup ignorent, c'est que ces heures, vous ne les déclarez pas vous-même. Ce sont vos employeurs qui les remontent à France Travail, contrat par contrat, via deux canaux : l'attestation employeur mensuelle (AEM) ou le Guichet unique du spectacle occasionnel (le Guso).
Le problème, c'est que ces deux mots reviennent partout — dans vos mails, sur votre espace France Travail, dans la bouche de vos employeurs — sans que personne ne prenne jamais le temps de vous expliquer qui fait quoi, quand, et surtout ce qui se passe quand ça coince. Une AEM qui n'arrive pas, c'est une paie qui n'apparaît pas dans votre décompte. Et un décompte incomplet, c'est un droit qui ne s'ouvre pas.
Cet article vous donne la carte complète : ce qu'est une AEM, ce qu'est le Guso, comment vos cachets se transforment en heures, quel calendrier respecter, et quoi faire concrètement quand une déclaration manque à l'appel au moment de votre actualisation.
Sommaire de l'article
- Vos heures, ce sont vos employeurs qui les déclarent
- L'AEM : la preuve mensuelle de chaque contrat
- Le Guso : le guichet unique de l'employeur occasionnel
- AEM ou Guso : de quel côté êtes-vous ?
- Comment vos cachets deviennent des heures
- Le 15 du mois : le calendrier à retenir
- Nouveau au 20 juillet 2026 : le compte certifié
- Actualisation : que faire si une déclaration manque
- Un parcours de douze mois, chiffré
- Comprendre pour ne plus subir
01Vos heures, ce sont vos employeurs qui les déclarent
Commençons par le renversement mental le plus utile de tout cet article : dans le régime de l'intermittence, vous n'êtes pas celui qui prouve ses heures. Ce sont vos employeurs.
Quand vous êtes salarié en CDI, la logique est simple : votre employeur vous verse un salaire, vous donne un bulletin de paie, et en fin de contrat une attestation destinée à France Travail. Dans le spectacle, le principe est le même, mais démultiplié. Vous n'avez pas un employeur : vous en avez cinq, dix, parfois trente sur une année. Chacun d'eux, pour chaque contrat, doit signaler à France Travail que vous avez travaillé, combien de temps, et pour quel salaire.
France Travail est très clair sur ce point : « Les employeurs transmettent directement les attestations d'employeur mensuelles (AEM) », et vous n'avez pas à les envoyer vous-même.3 Vos contrats relevant des annexes 8 et 10 sont « certifiés par des attestations employeur mensuelles (AEM) ou déclarations uniques simplifiées (DUS) ».2
Retenez ces deux sigles, car c'est toute l'affaire :
- L'AEM est la déclaration faite par les employeurs dont le métier est le spectacle : compagnies, salles, producteurs, sociétés de production audiovisuelle.
- La DUS (déclaration unique et simplifiée) est la déclaration faite via le Guso par les employeurs dont le métier n'est pas le spectacle : une mairie qui organise une fête, une association, un restaurant, un particulier.
Dans les deux cas, le résultat pour vous est identique : ce contrat vient nourrir votre compteur d'heures. Et c'est ce compteur, et lui seul, qui décide de l'ouverture de vos droits.
Vous ne déclarez pas vos heures : vous les vérifiez. Votre rôle n'est pas d'envoyer des documents à France Travail, mais de contrôler que chaque employeur a bien fait sa déclaration — AEM ou Guso — et que tout figure dans votre décompte.
02L'AEM : la preuve mensuelle de chaque contrat
L'attestation employeur mensuelle est le document que produit un employeur du spectacle pour chaque salarié intermittent, chaque mois où il l'a fait travailler. C'est la brique de base de tout votre dossier.
Une AEM contient les informations qui font vos droits : votre identité, la période d'emploi, le nombre d'heures ou de cachets, le salaire brut, et le type de contrat (annexe 8 pour les techniciens, annexe 10 pour les artistes). France Travail reçoit ces attestations directement de l'employeur, le plus souvent intégrées à la déclaration sociale nominative (la DSN) que gèrent les services de paie.
Ce que l'AEM remplace, et ce qu'elle ne remplace pas
Attention à une confusion fréquente. L'AEM sert à ouvrir et calculer vos droits au chômage. Mais elle ne se substitue pas à vos autres documents contractuels. France Travail vous demande de conserver et, selon votre situation, de fournir : le « Contrat de travail au commencement du contrat et Bulletin de salaire chaque mois ».2
Autrement dit : l'employeur du spectacle vous remet un bulletin de paie et transmet une AEM à France Travail. Les deux coexistent. Le bulletin est votre preuve de rémunération ; l'AEM est la preuve, côté administration, que ce contrat compte pour vos 507 heures.
Pourquoi vous devez la surveiller
Une AEM tardive ou oubliée par un employeur est invisible tant que vous ne la cherchez pas. Elle ne déclenche aucune alerte automatique chez vous. C'est en consultant votre espace personnel France Travail, dans la rubrique qui récapitule vos deux dernières années d'activité, que vous repérez un contrat manquant.2 Prenez l'habitude de vérifier après chaque contrat : cinq minutes qui peuvent sauver plusieurs dizaines d'heures.
03Le Guso : le guichet unique de l'employeur occasionnel
Tous vos employeurs ne sont pas des professionnels du spectacle. Une mairie qui programme un concert pour la fête de la musique, une association de quartier, un comité d'entreprise, un restaurant qui organise une soirée : ces structures embauchent aussi des artistes et des techniciens, mais ce n'est pas leur métier. Pour elles, l'État a créé un dispositif dédié — le Guso.
Le Guso se définit lui-même comme « un dispositif de simplification administrative destiné à faciliter l'embauche d'un artiste ou d'un technicien du spectacle en vue de la production d'un spectacle vivant », et c'est « un service 100 % gratuit et obligatoire mis en œuvre par France Travail ».13 Il est « réservé aux employeurs qui n'ont pas pour activité principale la diffusion ou la production de spectacles ».13
Une seule déclaration pour tout
La force du Guso, c'est qu'en une seule démarche, l'employeur occasionnel s'acquitte de l'ensemble de ses obligations auprès des organismes sociaux du secteur. Le Guso reverse aux différents organismes : l'Afdas (formation), Audiens (retraite et prévoyance), Thalie Santé (santé au travail), Les Congés Spectacles (congés payés), l'Unédic (assurance chômage) et l'Urssaf (sécurité sociale), ainsi que l'impôt à la source à l'administration fiscale.14
Ce cadre n'est pas une simple facilité : il est inscrit dans le code du travail. L'article L.7122-23 prévoit que les employeurs concernés « procèdent auprès d'un organisme habilité par l'État » à leurs déclarations obligatoires liées à l'embauche des artistes et des techniciens du spectacle.5
La déclaration Guso vaut contrat et vaut bulletin
Deux points sont décisifs pour vous. D'abord, la déclaration Guso peut tenir lieu de contrat de travail : « À défaut d'un contrat de travail établi conformément aux dispositions du code du travail […] la déclaration vaut contrat de travail ».12 Le code du travail laisse d'ailleurs les parties libres d'établir le contrat sur un autre document (article L.7122-25).7
Ensuite, c'est l'organisme habilité — le Guso — qui vous délivre votre attestation d'emploi, laquelle remplace le bulletin de paie classique. C'est écrit noir sur blanc à l'article L.7122-26 du code du travail.6 Concrètement : quand vous travaillez pour un employeur au Guso, ne réclamez pas un bulletin de paie « normal ». C'est l'attestation mensuelle du Guso qui en tient lieu, et c'est elle qui prouve vos heures.
La limite des 6 représentations
Une nuance qui vous concerne indirectement : le nombre de spectacles déclarables au Guso est illimité, mais « au-delà de 6 représentations par an, l'employeur doit détenir un récépissé de déclaration » d'entrepreneur de spectacles vivants.11 Un employeur qui vous fait tourner régulièrement finit donc par sortir du Guso pour devenir un employeur du spectacle à part entière — et bascule alors sur l'AEM.
« Les groupements et les personnes mentionnés à l'article L. 7122-22 procèdent auprès d'un organisme habilité par l'Etat à la déclaration de la retenue à la source prévue à l'article 204 A du code général des impôts et aux déclarations obligatoires liées à l'embauche et à l'emploi sous contrat de travail à durée déterminée : 1° Des artistes du spectacle mentionnés à l'article L. 7121-2 ; 2° Des ouvriers et des techniciens concourant au spectacle, engagés pour pourvoir l'un des emplois figurant sur une liste déterminée par décret en Conseil d'Etat. »Source : Légifrance
« L'organisme habilité par l'Etat délivre au salarié une attestation mensuelle d'emploi qui se substitue à la remise du bulletin de paie prévue par l'article L. 3243-2. »Source : Légifrance
04AEM ou Guso : de quel côté êtes-vous ?
Sur un même contrat, vous n'avez jamais à choisir : c'est la nature de votre employeur qui détermine le canal. Mais sur une année, vous allez cumuler des contrats des deux types, et il est essentiel de savoir lire lequel est lequel. Voici le tableau qui met tout à plat.
| Critère | AEM (employeur du spectacle) | Guso / DUS (employeur occasionnel) |
|---|---|---|
| Type d'employeur | Compagnie, salle, producteur, société audiovisuelle — le spectacle est son métier | Mairie, association, entreprise, particulier — le spectacle n'est pas son métier13 |
| Nom de la déclaration | Attestation employeur mensuelle (AEM) | Déclaration unique et simplifiée (DUS) via le Guso2 |
| Bulletin de paie | Remis par l'employeur, chaque mois2 | Remplacé par l'attestation mensuelle du Guso6 |
| Qui transmet à France Travail | L'employeur (souvent via la DSN)3 | Le Guso, à partir de la déclaration de l'employeur2 |
| Délai de déclaration | Au plus tard le 15 du mois suivant la période d'emploi1 | De 1 mois avant la prestation à 15 jours après12 |
| Coût pour l'employeur | Cotisations de droit commun | Service gratuit ; seules les cotisations sont dues13 |
| Effet pour vous | Nourrit votre compteur d'heures | Nourrit votre compteur d'heures — à l'identique |
La bonne nouvelle : pour vos droits, les deux canaux se valent parfaitement. Un cachet déclaré par le Guso compte exactement comme un cachet déclaré par AEM. La mauvaise nouvelle : vous devez suivre les deux flux séparément, car ils n'arrivent pas au même endroit ni de la même main. Un contrat AEM oublié et un contrat Guso oublié se cherchent différemment — mais tous deux vous font perdre des heures s'ils manquent.
La question n'est jamais « AEM ou Guso pour moi ? ». C'est toujours « quel type d'employeur ai-je en face ? ». Un employeur dont le métier est le spectacle passe par l'AEM ; les autres passent par le Guso. Vous, vous encaissez les heures dans les deux cas.

05Comment vos cachets deviennent des heures
Le régime des intermittents raisonne en heures. Or, un artiste est rarement payé à l'heure : il est payé au cachet. Il faut donc une règle de conversion, et cette règle est au cœur de l'ouverture de vos droits.
La condition de base est identique pour les techniciens (annexe 8) et pour les artistes (annexe 10) : il faut justifier « d'une période d'affiliation d'au moins 507 heures de travail au cours des douze mois qui précèdent la fin du contrat ».89
Le cachet vaut 12 heures
Pour les artistes relevant de l'annexe 10, la règle est posée noir sur blanc dans le règlement d'assurance chômage : « chaque cachet est converti en heures sur la base de 1 cachet égal 12 heures ».8 Un cachet, quel que soit le temps réellement passé sur scène ou en répétition ce jour-là, pèse donc 12 heures dans votre compteur.
Le calcul devient alors limpide : pour atteindre 507 heures uniquement avec des cachets, il vous faut 507 ÷ 12 = 42,25 cachets, soit 43 cachets sur douze mois. C'est le repère à garder en tête.
Le plafond de 28 cachets par mois
Attention au piège qui coûte le plus cher. Vous ne pouvez pas accumuler autant de cachets que vous voulez dans un même mois pour votre compteur d'heures. Le règlement fixe une limite : « Le nombre maximum de cachets pris en compte pour la recherche de la durée d'affiliation requise est de 28 par mois ».8
Concrètement : si vous enchaînez 32 cachets sur un mois de tournée intense, seuls 28 seront retenus pour vos 507 heures. Les 4 autres ne « comptent » pas pour l'affiliation (ils comptent bien sûr pour votre paie, ce n'est pas la même chose). Et pour un mois incomplet, le plafond est proratisé selon la formule (28 ÷ 20,8) × nombre de jours calendaires du mois considéré.8
Le cas des techniciens et des périodes assimilées
Les techniciens (annexe 8) sont le plus souvent payés en heures : la conversion ne les concerne pas, leurs heures s'additionnent directement. En revanche, certaines périodes sans travail effectif sont assimilées à du temps travaillé. Les périodes de suspension du contrat, par exemple, sont comptabilisées « à raison de cinq heures de travail par journée de suspension ».9 Des règles particulières existent aussi pour les heures d'enseignement artistique ou technique, retenues sous conditions dans la recherche des 507 heures.4
Un dernier point, souvent source de confusion : la distinction entre cachet « isolé » et cachet « groupé », qui modifie le mode de décompte selon la durée et la continuité de l'engagement. Elle mérite un article à elle seule et se vérifie toujours auprès de votre agence France Travail ; nous ne détaillons ici que la règle générale de conversion (1 cachet = 12 heures) et le plafond mensuel, qui sont les deux valeurs qui pèsent le plus dans un dossier.
« chaque cachet est converti en heures sur la base de 1 cachet égal 12 heures »Source : Unédic
« Le nombre maximum de cachets pris en compte pour la recherche de la durée d'affiliation requise est de 28 par mois »Source : Unédic

06Le 15 du mois : le calendrier à retenir
Toute la mécanique des déclarations tourne autour d'une date : le 15 du mois. C'est l'échéance qui rythme la vie administrative de votre employeur, et donc la vôtre.
Côté AEM
Pour les employeurs du spectacle, France Travail est formel : l'AEM doit être transmise « au plus tard à la date d'exigibilité des contributions, soit le 15 du mois suivant » la période d'emploi.1 France Travail précise sur sa page consacrée aux justificatifs : « Votre employeur a jusqu'au 15 du mois suivant la période d'emploi des salariés pour transmettre » les documents.2
Côté Guso
Pour les employeurs occasionnels, la fenêtre est un peu différente : « Vous avez la possibilité de saisir la déclaration 1 mois avant la prestation et au plus tard 15 jours après ».12 Les cotisations, elles, doivent être régularisées spontanément dans les 15 jours suivant la fin du contrat, faute de quoi s'appliquent des majorations de retard de « 6 % dès le premier jour de retard ».11
Pourquoi cette date vous concerne directement
Parce que votre propre actualisation, elle, se joue à cheval sur cette échéance. La période d'actualisation des intermittents s'étend du 28 du mois en cours jusqu'au 15 du mois suivant.3 Vous voyez le problème : vos employeurs ont jusqu'au 15 pour déclarer, et vous devez vous actualiser autour de cette même date. Il est donc parfaitement normal que, le jour où vous vous actualisez, certaines de vos AEM du mois précédent ne soient pas encore remontées. C'est précisément ce cas que nous traitons plus loin.
Le 15 du mois est la date limite pour vos employeurs, pas pour vous. Ne vous inquiétez pas si vos heures n'apparaissent pas immédiatement : un décalage de quelques jours entre votre travail et son enregistrement chez France Travail est structurel, pas anormal.
07Nouveau au 20 juillet 2026 : le compte entreprise certifié
Une évolution récente mérite d'être connue, car elle peut, dans les premières semaines, expliquer des retards de déclaration de la part de vos employeurs.
France Travail l'annonce clairement : « À compter du 20 juillet 2026, un compte entreprise certifié est obligatoire pour obtenir un numéro d'objet » et accéder au service Attestation employeur mensuelle.1 Le numéro d'objet est l'identifiant qui rattache un spectacle ou une production à un employeur : sans lui, pas d'AEM.
En clair, depuis aujourd'hui, un employeur du spectacle doit disposer d'un compte entreprise certifié auprès de France Travail pour continuer à déclarer ses intermittents. Cette certification passe par une vérification d'identité de la structure.
Ce que cela change pour vous
Rien sur le fond de vos droits : la règle des 507 heures, les délais, la conversion des cachets ne bougent pas. Mais dans la pratique, si l'un de vos employeurs n'a pas anticipé cette certification, sa déclaration peut prendre du retard le temps qu'il régularise son compte. Si vous constatez qu'une AEM tarde particulièrement après cette date, un mot à votre employeur pour vérifier qu'il a bien certifié son compte peut débloquer la situation.
Cette évolution s'inscrit dans le cadre réglementaire en vigueur : la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, applicable depuis le 1er janvier 2025, et ses avenants successifs — dont l'avenant n°2 du 10 avril 2026, agréé par arrêté du 19 juin 2026.15 La réglementation du spectacle évolue régulièrement : c'est une raison de plus pour toujours vérifier une valeur à sa source officielle plutôt que de se fier à un chiffre entendu il y a deux ans.
08Actualisation : que faire si une déclaration manque
Voici la situation la plus fréquente, celle qui génère le plus d'angoisse — et pour laquelle la consigne officielle est pourtant simple.
Vous êtes en pleine période d'actualisation. Vous consultez votre espace, et vous voyez qu'un ou deux contrats du mois écoulé ne sont pas encore enregistrés : l'employeur n'a pas encore transmis son AEM, ou le Guso n'a pas encore intégré la DUS. La date de clôture approche. Que faire ?
La règle : actualisez quand même
France Travail est catégorique : « Si vous attendez encore des informations de la part de l'un ou plusieurs de vos employeurs et que la date de clôture de l'actualisation approche, procédez tout de même à votre actualisation avec les informations dont vous disposez, afin de rester inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi. »3
La priorité absolue est de rester inscrit. Une actualisation manquée peut entraîner une radiation, bien plus lourde de conséquences qu'une déclaration incomplète que l'on corrige ensuite.
Ce que vous devez déclarer, vous
Lors de l'actualisation, pour chaque contrat, vous renseignez : les dates de début et de fin du contrat, le nombre d'heures ou de cachets travaillés, le salaire brut perçu, et le nom de l'employeur.3 Vous déclarez sur la base de ce que vous savez — votre contrat, votre bulletin ou votre attestation Guso. France Travail rapprochera ensuite vos déclarations avec les AEM et DUS reçues des employeurs.
La marche à suivre concrète
- Actualisez-vous avant la clôture, même avec des données partielles.
- Notez précisément les contrats manquants (employeur, dates, nombre de cachets ou d'heures).
- Relancez l'employeur concerné : rappelez-lui l'échéance du 15 et, s'il s'agit d'un employeur du spectacle, la certification de son compte devenue obligatoire.1
- Vérifiez, le mois suivant, que la déclaration est bien remontée dans le récapitulatif de vos deux dernières années.2
- Si un contrat reste introuvable, contactez votre agence France Travail avec vos justificatifs (contrat, bulletin, attestation Guso).
Une déclaration manquante ne se règle jamais en ne s'actualisant pas. On s'actualise d'abord — pour ne pas être radié — puis on répare le contrat manquant. C'est l'ordre des priorités, et il ne change jamais.
09Un parcours de douze mois, chiffré
Prenons un cas concret pour voir toute la mécanique fonctionner ensemble. Sarah est chanteuse, elle relève donc de l'annexe 10 (artistes). Sur ses douze derniers mois, elle a enchaîné des contrats de natures très différentes.
Ses contrats sur l'année
| Période | Employeur | Canal | Cachets | Heures retenues |
|---|---|---|---|---|
| Septembre | Compagnie musicale (tournée) | AEM | 18 | 216 h |
| Octobre | Compagnie musicale (tournée) | AEM | 32 → plafonné à 28 | 336 h |
| Décembre | Mairie (concert de Noël) | Guso | 3 | 36 h |
| Février | Association (festival) | Guso | 4 | 48 h |
| Avril | Producteur (enregistrement) | AEM | 6 | 72 h |
Le calcul, étape par étape
Chaque cachet vaut 12 heures.8 On applique la conversion, mais aussi le plafond de 28 cachets par mois.8
- Septembre : 18 cachets × 12 = 216 h
- Octobre : elle a fait 32 cachets, mais seuls 28 sont retenus. 28 × 12 = 336 h (les 4 cachets excédentaires sont payés, mais ne comptent pas pour l'affiliation)
- Décembre : 3 cachets × 12 = 36 h
- Février : 4 cachets × 12 = 48 h
- Avril : 6 cachets × 12 = 72 h
Total retenu : 216 + 336 + 36 + 48 + 72 = 708 heures. Sarah dépasse largement le seuil de 507 heures : son droit s'ouvre.9
Le détail qui aurait tout changé
Remarquez le mois d'octobre. Sur le papier, Sarah a « fait » 32 cachets, soit 384 heures. Mais le plafond mensuel les ramène à 336. Elle a perdu 48 heures d'un coup, simplement parce qu'elles étaient concentrées sur un seul mois. Si ces mêmes cachets avaient été répartis sur deux mois, ils auraient tous compté. C'est exactement pour cela que connaître la règle des 28 cachets change la façon dont on négocie et organise ses engagements.
Le détail qui aurait pu tout casser
Imaginons que la mairie de décembre, employeur occasionnel, ait oublié sa déclaration Guso. Ces 36 heures n'auraient pas fait la différence pour Sarah, ici confortablement au-dessus du seuil. Mais pour un intermittent qui pointe à 500 heures, un seul cachet manquant peut faire basculer une année entière. C'est la raison d'être de tout cet article : chaque déclaration, aussi petite soit-elle, est une pièce du puzzle qui décide de vos droits.
Rappelons enfin que l'ouverture de droit fixe une date anniversaire : le droit est ensuite ouvert pour une durée déterminée, à l'issue de laquelle il faut à nouveau justifier des heures requises pour être réadmis.10 La chasse aux heures ne s'arrête donc jamais vraiment : elle recommence à chaque cycle.
10Comprendre pour ne plus subir
Reprenons le fil. Vos heures, ce sont vos employeurs qui les déclarent — par AEM s'ils sont du métier, par le Guso s'ils ne le sont pas. Ces déclarations doivent partir au plus tard le 15 du mois suivant. Vos cachets se convertissent à raison de 12 heures chacun, dans la limite de 28 par mois. Et quand une déclaration manque, on s'actualise d'abord, on répare ensuite.
Ce ne sont pas des détails administratifs : c'est la colonne vertébrale de votre statut. Un intermittent qui comprend ces mécanismes ne se contente pas de subir son décompte d'heures — il le pilote. Il sait quand relancer un employeur, il sait pourquoi un mois trop chargé lui a « coûté » des heures, il sait vérifier son espace au bon moment.
Et une fois cette maîtrise acquise, une autre question se pose vite : comment sécuriser durablement son parcours ? Parce que le métier évolue, que les compétences techniques et artistiques se renouvellent, et qu'une formation bien choisie peut consolider une carrière autant qu'une bonne saison de cachets.
C'est précisément là qu'intervient l'Afdas, l'organisme qui finance la formation professionnelle des intermittents — l'un des organismes vers lesquels le Guso reverse d'ailleurs vos cotisations.14 Vos heures ne servent pas qu'à ouvrir des droits au chômage : elles ouvrent aussi, sous conditions d'ancienneté, un accès à la formation financée. Se former, c'est transformer les heures que vous suivez si attentivement en compétences qui durent.
- Après chaque contrat, notez l'employeur, les dates et le nombre de cachets ou d'heures.
- Identifiez le canal : employeur du spectacle (AEM) ou employeur occasionnel (Guso).
- Réclamez votre bulletin de paie (AEM) ou votre attestation mensuelle (Guso).
- Vérifiez chaque mois votre espace France Travail, rubrique des deux dernières années.
- Actualisez-vous avant la clôture, même si une déclaration manque encore.
- Relancez tout employeur dont la déclaration n'est pas remontée après le 15.
- Surveillez le plafond de 28 cachets sur les mois de forte activité.
- Gardez trace de votre date anniversaire pour anticiper votre réadmission.
Transformez vos heures en compétences durables
Vous suivez vos heures de près pour ouvrir vos droits : servez-vous-en aussi pour vous former. Artiste Formation, organisme certifié Qualiopi spécialisé dans les métiers du spectacle et de la musique, propose des formations finançables par l'Afdas. Faisons le point sur vos droits à la formation et sur le parcours qui consolidera votre carrière.
Questions fréquentes
Je n'ai pas reçu mon AEM, dois-je m'inquiéter ?
Vous ne recevez pas l'AEM vous-même : votre employeur du spectacle la transmet directement à France Travail, en général via la DSN.3 Ce que vous recevez, c'est votre bulletin de paie. Pour vérifier que le contrat a bien été enregistré, consultez votre espace personnel France Travail. Si le contrat n'apparaît pas passé le 15 du mois suivant, relancez l'employeur.1
Un cachet, ça fait combien d'heures pour mes droits ?
Pour les artistes relevant de l'annexe 10, la règle du règlement d'assurance chômage est : 1 cachet = 12 heures.8 Mais attention, seuls 28 cachets par mois au maximum sont retenus pour la recherche des 507 heures.8 Un mois avec 30 cachets ne compte donc que pour 28 dans votre compteur d'affiliation.
Mon employeur passe par le Guso : est-ce que ça compte pareil ?
Oui, absolument. Un contrat déclaré par le Guso (via une DUS) alimente votre compteur d'heures exactement comme une AEM.2 La différence est du côté de l'employeur : le Guso est réservé aux structures dont le spectacle n'est pas le métier, et c'est un service gratuit.13 Pour vous, l'attestation mensuelle du Guso remplace le bulletin de paie.6
Une déclaration manque au moment de m'actualiser, que faire ?
Actualisez-vous quand même, avant la clôture, avec les informations dont vous disposez. France Travail le demande explicitement, afin que vous restiez inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi.3 Vous corrigerez le contrat manquant ensuite, en relançant l'employeur et, si besoin, en contactant votre agence avec vos justificatifs.
Qu'est-ce qui change au 20 juillet 2026 ?
Depuis le 20 juillet 2026, un compte entreprise certifié est obligatoire pour qu'un employeur du spectacle obtienne un numéro d'objet et accède au service AEM.1 Cela ne change rien à vos droits, mais peut expliquer un retard de déclaration si un de vos employeurs n'a pas encore certifié son compte. En cas de doute, demandez-lui où il en est.
Les heures d'enseignement que je donne comptent-elles ?
Oui, sous conditions. Les heures d'enseignement artistique ou technique dispensées par les artistes ou techniciens sont retenues, sous certaines conditions, pour la recherche des 507 heures.4 Les modalités précises (plafonds, justificatifs) se vérifient auprès de votre agence France Travail.
Sources
Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.
- AEM et intermittents du spectacleFrance Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--employeur-dintermitte/aem-et-intermittents-pectacle.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Intermittent du spectacle - Quels justificatifs adresser à France Travail ?France Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--intermittents/justificatif-a-fournir.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Procédure d'actualisation pour les intermittents du spectacleFrance Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--intermittents/procedure-dactualisation-pour-le.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Intermittents du spectacleFrance Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--intermittents.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Code du travail - Article L7122-23Légifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033812412/Consultée le 20 juillet 2026
- Code du travail - Article L7122-26Légifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006904590/Consultée le 20 juillet 2026
- Code du travail - Article L7122-25Légifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006904589/Consultée le 20 juillet 2026
- Annexe 10 au règlement annexé à la convention du 15 novembre 2024Unédichttps://www.unedic.org/la-reglementation/conventions-d-assurance-chomage/annexe-10-au-reglement-annexe-a-la-convention-du-15-novembre-2024Consultée le 20 juillet 2026
- Annexe 8 au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024Unédichttps://www.unedic.org/la-reglementation/conventions-d-assurance-chomage/annexe-8-au-reglement-general-annexe-a-la-convention-du-15-novembre-2024Consultée le 20 juillet 2026
- L'indemnisation des intermittents du spectacle par l'Assurance chômageUnédichttps://www.unedic.org/publications/lindemnisation-des-intermittents-du-spectacle-par-lassurance-chomageConsultée le 20 juillet 2026
- Informations réglementaires du GusoGusohttps://www.guso.fr/information/les-services-du-guso/informations-reglementaires.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- FAQ Déclarations - Guichet unique du spectacle occasionnelGusohttps://www.guso.fr/information/faq/declarations.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Accueil - Guichet unique du spectacle occasionnelGusohttps://www.guso.fr/information/accueilConsultée le 20 juillet 2026
- Liste des organismes - Guichet unique du spectacle occasionnelGusohttps://www.guso.fr/information/liste-des-organismes.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Arrêté du 19 juin 2026 portant agrément de l'avenant n° 2 du 10 avril 2026 modifiant la convention du 15 novembre 2024 relative à l'assurance chômageLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054297458Consultée le 20 juillet 2026
Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.



