Le 1er juillet 2026, vos allocations n'ont pas bougé d'un centime. Pas de coup de pouce face à l'inflation, pas de rattrapage. La cause : un vote du Conseil d'administration de l'Unédic qui s'est terminé dans le mur, syndicats et patronat à égalité. Voici ce qui s'est passé le 30 juin, pourquoi ça bloque, et ce que ce gel change concrètement pour vous, que vous soyez sous annexe 8 ou annexe 10.

Sommaire de l'article
  1. Le 30 juin, un vote à 25 voix contre 25
  2. Pourquoi le patronat a bloqué la hausse
  3. Ce que le gel change sur votre allocation
  4. Et pour les annexes 8 et 10, spécifiquement ?
  5. Que pouvez-vous faire maintenant ?

01Le 30 juin, un vote à 25 voix contre 25

Le 30 juin 2026, le Conseil d'administration de l'Unédic — l'organisme paritaire qui gère l'Assurance chômage — s'est réuni pour trancher une question simple : faut-il augmenter les allocations au 1er juillet ?

Sa décision officielle est tombée le même jour : rien ne change. Le communiqué de l'Unédic est sans ambiguïté : « aucune majorité n'a pu être réunie pour revaloriser les allocations chômage au 1er juillet 2026 », si bien que « les montants journaliers actuels sont maintenus »1.

Ce que le communiqué officiel ne détaille pas, mais que plusieurs rédactions ont reconstitué à partir des déclarations d'administrateurs présents dans la salle et d'informations recueillies par l'Agence France-Presse : le vote se serait terminé à 25 voix pour une hausse de +2,41 %, proposée à l'unanimité par les cinq organisations syndicales, contre 25 voix du patronat, opposé à toute augmentation. Une égalité parfaite — et dans les règles de gouvernance paritaire de l'Unédic, une égalité vaut un rejet. Ce chiffre précis (25/25 et +2,41 %) n'apparaît pas tel quel dans le communiqué officiel de l'Unédic ; nous le mentionnons donc comme une information de presse, pas comme un fait confirmé en ces termes par l'Unédic elle-même.

Ce qui, en revanche, est confirmé par l'Unédic : ce type de blocage n'est pas arrivé depuis dix ans. La dernière fois que les allocations n'avaient pas été revalorisées, c'était en 20161.

Ce que dit le texteCe que dit le communiqué officiel de l'Unédic
« Lors du Conseil d'administration de l'Unédic du 30 juin, réunissant les organisations représentatives des salariés et des employeurs, aucune majorité n'a pu être réunie pour revaloriser les allocations chômage au 1er juillet 2026. […] Ainsi les montants journaliers actuels sont maintenus. »
Source : Unédic

02Pourquoi le patronat a bloqué la hausse

Le patronat justifie son refus par l'état des comptes de l'Assurance chômage — présentés au même Conseil d'administration, le même jour.

Les chiffres sont sans détour. Le régime afficherait un déficit de 2,3 milliards d'euros en 2026, et sa dette atteindrait 61,5 milliards d'euros fin 20262. Les comptes 2025, eux, se soldent par une perte de 23 millions d'euros, malgré une certification « sans réserve » par les commissaires aux comptes2. En cause notamment : le prélèvement de l'État sur les ressources de l'Assurance chômage (4,1 milliards d'euros en 2026, 12,05 milliards cumulés depuis 2023) et le poids des intérêts liés au remboursement de la dette contractée pendant la crise sanitaire2. Pour financer ses besoins, l'Unédic envisage de demander une nouvelle garantie de l'État de 8 milliards d'euros pour 20272.

Autrement dit : sur le papier, chaque partie a un argument qui tient. Les syndicats pointent une inflation et un Smic qui ont progressé sur douze mois, et demandent que les allocations suivent. Le patronat pointe une dette qui approche les 62 milliards d'euros et refuse d'alourdir la facture. Résultat : ni l'un ni l'autre n'a eu le dernier mot, et c'est vous qui en supportez la conséquence directe.

Ce que dit le texteCe que dit la synthèse financière présentée le même jour
« Le régime d'assurance chômage enregistrerait un solde négatif en 2026 (–2,3 Md€) […] La dette du régime atteindrait 61,5 Md€ fin 2026 […] l'Assurance chômage présente une perte de 23 M€. »
Source : Unédic
Table de réunion vide avec deux rangées de chaises se faisant face, symbole d'un vote bloqué
Un vote à égalité parfaite : dans les règles de l'Unédic, cela vaut un rejet.

03Ce que le gel change sur votre allocation

Concrètement, les montants journaliers restent identiques à ceux appliqués avant le 1er juillet 20261 :

Montant journalierValeur maintenue (gelée)
Allocation minimale32,13 €
Partie fixe de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE)13,18 €
Allocation plancher ARE-Formation (ARE-F)22,99 €
Plancher relatif au coefficient de dégressivité92,57 €

À titre de comparaison, si le taux de +2,41 % évoqué par les syndicats avait été retenu (ce qui reste une simulation à titre indicatif, ce taux n'étant pas confirmé par un texte officiel de l'Unédic), l'allocation minimale serait passée à environ 32,90 €, et le plancher de dégressivité à environ 94,80 €.

Exemple concret. Prenons Sofia, technicienne son sous annexe 8, dont l'allocation journalière est au plancher de 38 €3. Sur un mois de 30 jours indemnisés, elle perçoit 1 140 €. Avec une hausse de +2,41 % (calcul indicatif), son allocation serait passée à 38,92 €/jour, soit environ 1 167,50 € sur le mois — 27,50 € de plus, ou environ 330 € sur une année. Avec le gel, cette somme ne viendra pas compenser la hausse des prix.

À l'échelle nationale, ce gel touche l'ensemble des allocataires indemnisés par l'Assurance chômage, soit 2,6 millions de personnes au troisième trimestre 2025, pour un montant moyen d'allocation mensuelle nette de 1 048 €4. Pour donner un ordre de grandeur du manque à gagner collectif : lors de la précédente revalorisation, en juillet 2025 (+0,5 %), l'Unédic avait chiffré à 2,1 millions le nombre d'allocataires concernés par la hausse5. Cette année, ce sont autant de personnes qui ne verront rien.

04Et pour les annexes 8 et 10, spécifiquement ?

Le régime des intermittents du spectacle a ses propres règles. Pour ouvrir un droit au titre de l'annexe 8 (ouvriers et techniciens) ou de l'annexe 10 (artistes), il faut justifier d'au moins 507 heures de travail dans les métiers du spectacle sur les 12 mois précédant la dernière fin de contrat3. Une fois ce seuil atteint, l'allocation journalière ne peut pas descendre sous un plancher spécifique : 38 € pour l'annexe 8 et 44 € pour l'annexe 103.

Le communiqué du 30 juin 2026 ne republie pas ces deux montants ligne par ligne : il liste les paramètres du régime général (allocation minimale, ARE, ARE-F, dégressivité)1. Mais ces planchers annexe 8 / annexe 10 sont fixés par le même Conseil d'administration, dans le cadre de la même convention du 15 novembre 2024. Aucune décision de revalorisation n'ayant été votée ce jour-là, ils restent au même niveau qu'avant le 1er juillet.

En clair : que vous soyez indemnisé au régime général ou sous annexe 8/10, la mécanique est la même. Pas de baisse, mais pas de hausse non plus — alors que le coût de la vie, lui, ne s'est pas arrêté au 30 juin.

Ce que dit le texteCe que dit l'Unédic sur les annexes 8 et 10
« Les intermittents du spectacle doivent justifier d'au moins 507 heures de travail dans les métiers du spectacle durant les 12 mois précédant leur dernière fin de contrat. […] 38 € pour l'annexe 8 (ouvriers et techniciens du spectacle) […] 44 € pour l'annexe 10 (artistes du spectacle). »
Source : Unédic
Mains d'un technicien du spectacle réglant une console lumière en coulisses
Annexe 8, annexe 10 : des planchers spécifiques, eux aussi gelés cette année.

05Que pouvez-vous faire maintenant ?

Trois réflexes utiles pendant que ce dossier reste bloqué :

  • Recalculez votre budget en partant du principe qu'aucune hausse n'interviendra avant le prochain Conseil d'administration — sans date connue à ce jour1.
  • Vérifiez vos heures. Le gel des montants ne change rien à la condition des 507 heures sur 12 mois pour ouvrir ou renouveler vos droits annexe 8/103. C'est le moment de faire le point sur votre compteur.
  • Ne mettez pas votre formation en pause. Ce gel ne touche pas vos droits à la formation professionnelle. L'Afdas le précise noir sur blanc : « l'éligibilité à un financement Afdas est indépendante de votre situation d'intermittent auprès de France Travail »6. Concrètement, pour être finançable, il faut justifier d'un volume d'activité minimum sur les deux dernières années : 48 jours/cachets pour les artistes interprètes, musiciens, metteurs en scène et réalisateurs, 88 jours pour les techniciens du spectacle vivant, 130 jours pour les techniciens du cinéma et de l'audiovisuel6.

Autrement dit : vos allocations sont gelées, pas votre trajectoire professionnelle.

Ce que dit le texteCe que dit l'Afdas sur l'indépendance du financement formation
« L'éligibilité à un financement Afdas est indépendante de votre situation d'intermittent auprès de France Travail. »
Source : Afdas
Ce qu'il faut retenir
  • Le 30 juin 2026, le Conseil d'administration de l'Unédic n'a trouvé aucune majorité pour revaloriser les allocations chômage au 1er juillet.
  • Selon des informations de presse non détaillées par l'Unédic elle-même, le vote se serait terminé à 25 voix pour +2,41 % (syndicats) contre 25 voix (patronat).
  • Les montants journaliers actuels sont maintenus : 32,13 € d'allocation minimale, 13,18 € de partie fixe ARE, 22,99 € de plancher ARE-F, 92,57 € de plancher de dégressivité.
  • Les planchers spécifiques aux intermittents (38 € annexe 8, 44 € annexe 10) suivent la même règle : ni baisse, ni hausse.
  • Le patronat invoque une dette de 61,5 milliards d'euros fin 2026 et un déficit de 2,3 milliards.
  • Vos droits à la formation Afdas ne sont pas affectés : ils sont indépendants de votre situation à France Travail.

Transformez cette pause en tremplin

Vos allocations stagnent, pas vos compétences. Les formations Artiste Formation sont finançables par l'Afdas, indépendamment de votre situation à France Travail. Continuer à vous former reste un droit intact — même en 2026.

Questions fréquentes

Mes allocations vont-elles baisser à cause de ce vote ?
Non. « Gel » signifie que les montants restent identiques à ceux appliqués avant le 1er juillet 2026 : l'Unédic confirme que « les montants journaliers actuels sont maintenus ». Ils ne diminuent pas, mais n'augmentent pas non plus — alors que les prix, eux, continuent de grimper.
D'où vient le chiffre de +2,41 % ?
C'est la proposition commune des cinq organisations syndicales, reprise par l'Agence France-Presse et la presse spécialisée, censée compenser l'inflation et la hausse du Smic sur douze mois. Ce chiffre précis n'apparaît pas dans le communiqué officiel de l'Unédic, qui se limite à indiquer qu'aucune majorité n'a été trouvée.
Le gel concerne-t-il aussi les annexes 8 et 10 ?
Oui. Les planchers spécifiques aux intermittents (38 € pour l'annexe 8, 44 € pour l'annexe 10) sont fixés par le même Conseil d'administration et suivent le même sort : pas de revalorisation cette année, mais pas de baisse non plus.
Quand une nouvelle revalorisation pourra-t-elle être votée ?
Le communiqué de l'Unédic ne fixe aucune date. Le règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 laisse aux administrateurs la possibilité de revaloriser tout ou partie des allocations lors d'un prochain Conseil d'administration, sans obligation de calendrier fixe.
Ce gel touche-t-il mes droits à la formation Afdas ?
Non. L'Afdas précise que l'éligibilité à un financement est indépendante de votre situation d'intermittent auprès de France Travail. Vos droits de formation restent donc intacts, sous réserve de remplir les conditions de volume d'activité habituelles.

Sources

Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.

  1. Allocations d'assurance chômage : pas de revalorisation au 1er juillet 2026Unédichttps://www.unedic.org/actualites/allocations-dassurance-chomage-pas-de-revalorisation-au-1er-juillet-2026Consultée le 31 juillet 2026
  2. Synthèse du Conseil d'administration de l'Unédic du 30 juin 2026Unédichttps://www.unedic.org/actualites/synthese-du-conseil-dadministration-de-lunedic-du-30-juin-2026Consultée le 31 juillet 2026
  3. L'indemnisation des intermittents du spectacle par l'Assurance chômageUnédichttps://www.unedic.org/publications/lindemnisation-des-intermittents-du-spectacle-par-lassurance-chomageConsultée le 31 juillet 2026
  4. Les indicateurs de l'Assurance chômage - mars 2026Unédichttps://www.unedic.org/publications/les-indicateurs-de-l-assurance-chomage-mars-2026Consultée le 31 juillet 2026
  5. Allocations d'assurance chômage : revalorisation de 0,5 % au 1er juillet 2025Unédichttps://www.unedic.org/actualites/allocations-d-assurance-chomage-revalorisation-de-0-5-au-1er-juillet-2025Consultée le 31 juillet 2026
  6. Intermittents du spectacle et de l'audiovisuel — Quelles conditionsAfdashttps://www.afdas.com/particulier/connaitre-les-dispositifs-et-les-modalites-dacces-a-la-formation/intermittents-du-spectacle-et-de-laudiovisuel/quelles-conditions.htmlConsultée le 31 juillet 2026
Artiste Formation

L'équipe Artiste Formation

Rédaction · Spécialistes du spectacle

Artiste Formation est un organisme de formation certifié Qualiopi dédié aux métiers du spectacle et de la musique. Nos guides sont écrits à partir des textes officiels — code du travail, règlement d'assurance chômage, annexes 8 et 10, documentation France Travail, AFDAS, Audiens — puis relus source par source avant publication.

Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.