Vous jouez, vous éclairez des plateaux, vous montez du son, vous cadrez. Vous enchaînez les contrats courts. Et à un moment, la question tombe : comment on devient vraiment intermittent du spectacle, celui qui touche des allocations entre deux cachets ?

La réponse tient dans un chiffre que tout le monde répète sans toujours l'expliquer : 507 heures. Mais derrière ce chiffre, il y a une mécanique précise. Qui compte quoi. Sur quelle période. Ce qui ouvre vos droits, ce qui les prolonge, ce qui peut vous les faire perdre.

Cet article fait le tour de la question pour 2026. À la fin, vous saurez si vous remplissez les conditions, comment vous inscrire sans perdre vos heures, combien vous pouvez toucher, et quoi faire quand la date anniversaire approche. Tous les chiffres cités ici ont été vérifiés le 20 juillet 2026 sur les sources officielles.

Sommaire de l'article
  1. Intermittent du spectacle : de quoi parle-t-on ?
  2. La règle mère : 507 heures sur 12 mois
  3. Comment vos heures se comptent
  4. Les heures que vous ne travaillez pas mais qui comptent
  5. Première inscription : les démarches concrètes
  6. Combien vous allez toucher
  7. Quand commencent les versements
  8. La date anniversaire, votre rendez-vous annuel
  9. Si vous n'atteignez pas les 507 heures
  10. Vos obligations, et comment sécuriser votre parcours

01Intermittent du spectacle : de quoi parle-t-on vraiment ?

Un intermittent du spectacle, c'est un artiste, un ouvrier ou un technicien qui travaille dans le spectacle ou l'audiovisuel, embauché en contrat à durée déterminée (CDD) ou en contrat à durée déterminée d'usage (CDDU)1. Vous alternez des périodes de travail et des périodes sans contrat. Entre les deux, sous conditions, France Travail peut vous indemniser.

Le mot « intermittent » ne désigne donc pas un statut que l'on vous délivre une fois pour toutes. C'est un régime d'assurance chômage, avec ses règles propres, réservées à certaines professions. Ces règles ne sortent pas de nulle part : le code du travail impose que la convention d'assurance chômage contienne des dispositions spécifiques pour les artistes et techniciens intermittents5. Ces dispositions sont regroupées dans deux annexes.

Annexe 8 ou annexe 10 : deux régimes, une même logique

Tout se joue entre deux textes1 :

  • L'annexe 8 concerne les ouvriers et techniciens : régie, lumière, son, plateau, montage, décors, prestation technique, etc.
  • L'annexe 10 concerne les artistes : comédiens, musiciens, danseurs, chanteurs, circassiens. Depuis plusieurs années, les réalisateurs, autrefois classés comme techniciens, sont considérés comme des artistes relevant de l'annexe 102.

Deux conditions déterminent votre annexe : l'activité de votre employeur (cinéma, audiovisuel, édition phonographique, radio, télédiffusion, spectacle vivant, prestation technique, parcs de loisirs, production de films d'animation) et la fonction que vous avez exercée, qui doit figurer dans la liste des emplois de l'annexe concernée2.

Et si vous avez fait les deux, artiste et technicien ? Le régime qui vous est attribué, annexe 8 ou annexe 10, est celui dans lequel vous avez totalisé le plus d'heures sur la période de référence2. Ce n'est donc pas vous qui choisissez : c'est votre activité réelle qui tranche.

À retenir

« Devenir intermittent » ne se décrète pas. C'est le résultat d'une condition d'heures atteinte dans des métiers précis, sous CDD ou CDDU, qui ouvre droit à l'un des deux régimes spécifiques : annexe 8 (techniciens) ou annexe 10 (artistes).

Un cadre qui bouge : la vigilance de 2026

Les règles décrites dans cet article reposent sur la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024 et ses annexes. Ce cadre évolue régulièrement par avenants : un avenant du 10 avril 2026, agréé par arrêté du 19 juin 2026, est ainsi venu modifier la convention10. C'est pour cette raison que les montants et les seuils doivent toujours être revérifiés à la date où vous montez votre dossier. Dans ce guide, chaque chiffre est daté et sourcé.

Ce que dit le texteArticle L.5424-22 du code du travail
« Pour tenir compte des modalités particulières d'exercice des professions de la production cinématographique, de l'audiovisuel ou du spectacle, les accords relatifs au régime d'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 comportent des règles spécifiques d'indemnisation des artistes et des techniciens intermittents du spectacle, annexées au règlement général annexé à la convention relative à l'indemnisation du chômage. »
Source : Légifrance

02La règle mère : 507 heures sur 12 mois

Voici le cœur du régime. Pour ouvrir des droits au titre des annexes 8 et 10, vous devez justifier d'au moins 507 heures de travail (ou d'heures assimilées) au cours des 12 mois qui précèdent la fin du contrat retenue pour l'examen de vos droits8. Cette fin de contrat, France Travail l'appelle la « FCT ». C'est elle qui fixe le point de départ de tout.

La période de recherche des 507 heures est donc une fenêtre de 12 mois, soit 365 jours, qui remonte à partir de votre dernière fin de contrat2. Un exemple officiel : pour une fin de contrat le 10 février 2026, France Travail examine vos heures du 11 février 2025 au 10 février 20262.

À retenir

507 heures, 12 mois, une fin de contrat comme point de repère. Si les heures sont là dans la fenêtre, la porte s'ouvre. Sinon, elle reste fermée jusqu'à ce que vous les complétiez.

Les conditions générales, en plus des heures

Les 507 heures sont la condition la plus connue, mais pas la seule. Pour être indemnisé, vous devez aussi2 :

  • être inscrit comme demandeur d'emploi ;
  • être à la recherche effective et permanente d'un emploi ;
  • être physiquement apte à l'exercice d'un emploi ;
  • ne pas avoir atteint l'âge de la retraite à taux plein (et au plus tard l'âge limite d'indemnisation de 67 ans) ;
  • résider sur le territoire couvert par le régime (métropole, DOM sauf Mayotte, et les collectivités de Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Saint-Martin) ;
  • ne pas avoir quitté volontairement votre dernière activité salariée.

Le cas de la démission

D'abord, une précision utile : au sens du régime, vous devez avoir été involontairement privé d'emploi. Le règlement vise notamment la fin d'un CDD, la rupture anticipée d'un CDD à l'initiative de l'employeur, ou une démission considérée comme légitime9. C'est le cas de figure normal de l'intermittent, dont les contrats prennent fin à échéance.

Une démission ne ferme donc pas définitivement la porte. Elle n'empêche pas l'admission si elle est considérée comme légitime au sens du règlement, ou si vous justifiez de 455 heures de travail après la démission2. Autrement dit : si vous avez retravaillé suffisamment derrière votre départ volontaire, le « chômage volontaire » ne peut plus vous être opposé. Sinon, votre dossier passe devant l'Instance paritaire régionale, qui peut accorder ou refuser les allocations en fonction de vos efforts de reclassement, de vos reprises de travail ou de vos formations2.

Schéma de la fenêtre de 12 mois et du seuil de 507 heures pour ouvrir ses droits
Les 507 heures se cherchent dans une fenêtre de 12 mois qui remonte à partir de votre dernière fin de contrat.

03Comment vos heures se comptent (et ce n'est pas si simple)

Toute la difficulté du régime tient dans le décompte. Un cachet, une heure de plateau et une heure de répétition ne se comptent pas de la même façon selon que vous êtes artiste ou technicien.

Cachets ou heures réelles

Les artistes déclarent en heures et/ou en cachets. Chaque cachet est valorisé à hauteur de 12 heures, quelle que soit la durée réelle du contrat ou la qualification portée par l'employeur1. Concrètement, il faut donc un peu plus de 42 cachets (507 ÷ 12) pour atteindre le seuil des 507 heures.

Les ouvriers et techniciens, eux, sont décomptés en heures réelles1. Ce qui est écrit sur votre attestation d'employeur fait foi.

Un plafond d'heures par mois

Pour éviter que quelques contrats très longs ne saturent le compteur, le nombre d'heures retenu par mois civil est plafonné2 :

  • Techniciens (annexe 8) : 208 heures par mois, porté à 250 heures si vous avez travaillé pour plusieurs employeurs sur le mois, voire 260 heures sur dérogation de la DREETS.
  • Artistes (annexe 10) : 28 cachets par mois.
 Annexe 8 (techniciens)Annexe 10 (artistes)
QuiOuvriers et techniciensArtistes (dont réalisateurs)
DécompteHeures réellesHeures et/ou cachets (1 cachet = 12 h)
Plafond mensuel retenu208 h (250 h multi-employeurs)28 cachets
Allocation plancher / jour38 €44 €
Partie fixe C de l'allocation12,78 €22,37 €

Qui déclare vos heures ?

Bonne nouvelle : vous n'avez, en principe, pas à courir après vos attestations. Vos employeurs les transmettent directement à France Travail1. Deux circuits coexistent1 :

  • Les employeurs professionnels du spectacle établissent une attestation d'employeur mensuelle (AEM) et ont jusqu'au 15 du mois suivant la prestation pour l'adresser à France Travail.
  • Les employeurs occasionnels (une association, une mairie, une entreprise dont le spectacle n'est pas l'activité principale) passent par le Guso, le Guichet unique du spectacle occasionnel. Ce dispositif gère pour eux la déclaration et le paiement des cotisations pour le compte de six organismes de protection sociale6. Ils remplissent une déclaration unique et simplifiée (DUS) dans les 15 jours suivant la fin de la prestation1.

Ce qui n'entre pas dans le compteur des 507 heures : le travail exercé en indépendant ou en auto-entrepreneur, les heures hors du champ du spectacle (contrat de droit commun, intérim, sauf l'enseignement), et surtout les heures que vous n'avez pas déclarées lors de votre actualisation mensuelle2.

04Les heures que vous ne travaillez pas mais qui comptent

Le régime prévoit des « heures assimilées ». Ce sont des périodes où vous n'avez pas travaillé, mais qui viennent tout de même nourrir votre compteur, sous conditions. Bien les connaître peut faire la différence entre un dossier accepté et un dossier rejeté.

Maladie, maternité, accident du travail

Certains arrêts situés dans votre fenêtre de 12 mois sont retenus à raison de 5 heures par jour2 :

  • le congé maternité ou d'adoption indemnisé par la Sécurité sociale ou par Audiens, situé en dehors d'un contrat de travail ;
  • l'accident du travail indemnisé qui se prolonge à la fin du contrat ;
  • l'arrêt maladie au titre d'une affection de longue durée (à condition d'avoir déjà eu au moins une ouverture de droits en annexe 8 ou 10).

À noter : les périodes de maladie indemnisées survenant entre deux contrats sont aussi « neutralisées » et allongent d'autant la période de recherche des 365 jours2.

Formation et enseignement

Deux leviers souvent sous-estimés2 :

  • Les heures d'enseignement artistique ou technique que vous dispensez, dans un établissement agréé et en rapport avec votre métier, sont retenues dans la limite de 70 heures (portée à 120 heures pour les personnes de 50 ans et plus à la fin de contrat retenue).
  • Les périodes de formation non rémunérées par l'assurance chômage sont retenues dans la limite des deux tiers de la condition d'affiliation, soit 338 heures. Attention : le total des heures de formation ajouté aux heures d'enseignement ne peut pas dépasser 338 heures.
À retenir

Une règle piège : pour que ces événements (maladie, formation, enseignement) soient assimilés, il faut une fin de contrat de travail postérieure à ces événements. La seule exception est le projet de transition professionnelle (PTP)1. Sans contrat derrière, ces heures ne comptent pas.

Enfin, une heure de projet de transition professionnelle vaut une heure en annexe 8 ou 10, et la fin du PTP est elle-même assimilée à une fin de contrat2.

05Première inscription : les démarches concrètes

Vous avez vos heures. Reste à ne pas les gâcher au moment de l'inscription. C'est ici que beaucoup de débutants trébuchent.

Cas 1 : vous n'êtes pas encore inscrit à France Travail

Votre inscription génère automatiquement une demande d'allocation1. Le bon réflexe : vous inscrire seulement une fois les 507 heures atteintes.

Pourquoi ? Parce que si vous vous inscrivez trop tôt, sans avoir les 507 heures mais avec une durée d'affiliation suffisante par ailleurs (six mois), c'est un droit au régime général qui vous sera ouvert. Et là, piège : les heures de spectacle déjà réalisées avant cette ouverture ne pourront plus servir à une admission au régime d'intermittent1. Vous perdriez le bénéfice de vos cachets.

À retenir

Pour préserver vos heures de spectacle, inscrivez-vous à France Travail au moment précis où vous remplissez les conditions des annexes 8 et 10, ni avant, ni longtemps après1.

Cas 2 : vous êtes déjà indemnisé au régime général

Vous touchez déjà une allocation « classique » et vous avez accumulé vos 507 heures de spectacle ? Vous pouvez exercer votre droit d'option : renoncer à vos droits au régime général pour basculer sur les annexes 8 et 10. Deux conditions pour que la demande soit recevable1 :

  • avoir réuni les 507 heures sur les 12 mois précédant la fin de contrat retenue ;
  • avoir une allocation journalière actuelle inférieure ou égale à 20 €, ou un montant global de droits potentiels en annexes 8/10 supérieur d'au moins 30 % au montant de vos droits restants au régime général.

Si vous êtes éligible, France Travail vous adresse une proposition à retourner sous 21 jours. Attention : le droit d'option est irrévocable et entraîne la perte du reliquat de votre droit précédent2. On ne revient pas en arrière.

Cas 3 : vous êtes inscrit mais pas indemnisé

Dès le lendemain du contrat qui vous permet de justifier des 507 heures, vous déposez une demande d'allocation depuis votre espace personnel, en veillant à déclarer toutes les activités non encore connues de France Travail1. Votre dossier est alors transféré à un conseiller indemnisation « spectacle »1.

06Combien vous allez toucher

L'allocation d'intermittent ne se résume pas à un pourcentage de votre salaire. Elle se calcule par addition de trois parties : A + B + C2.

  • Partie A : fonction de vos salaires sur la période de recherche des 507 heures.
  • Partie B : fonction du nombre d'heures travaillées sur cette période.
  • Partie C : une part fixe, assise sur une allocation journalière minimale de 31,96 € (inchangée depuis le 1er juillet 2023)2. Elle vaut 0,40 × 31,96 = 12,78 € pour l'annexe 8, et 0,70 × 31,96 = 22,37 € pour l'annexe 103.

Un cas concret

Prenons l'exemple officiel d'un technicien relevant de l'annexe 8, qui a travaillé 800 heures et perçu 18 000 € bruts sur 12 mois2 :

  • Partie A : 31,96 × [(0,42 × 14 400) + (0,05 × 3 600)] / 5 000 = 39,80 €
  • Partie B : 31,96 × [(0,26 × 720) + (0,08 × 80)] / 507 = 12,20 €
  • Partie C : 31,96 × 0,40 = 12,78 €

Allocation journalière brute = 39,80 + 12,20 + 12,78 = 64,78 € par jour2. Sur un mois complet sans activité, cela représente environ 1 943 € bruts.

Un plancher, un plafond

Quel que soit le résultat du calcul, l'allocation journalière ne peut pas être inférieure à2 :

  • 38 € pour l'annexe 8 (techniciens) ;
  • 44 € pour l'annexe 10 (artistes).

À l'autre bout, l'allocation est plafonnée : le maximum théorique journalier des annexes 8 et 10 s'établit à 181,18 € pour 20263. À noter que l'allocation nette peut descendre légèrement sous le plancher affiché, notamment à cause de la participation au financement de la retraite complémentaire2.

À retenir

Le 30 juin 2026, aucune majorité n'a pu être réunie au conseil d'administration de l'Unédic pour revaloriser les allocations chômage au 1er juillet 2026. Les montants journaliers actuels sont maintenus4. Les planchers de 38 € et 44 € et l'allocation minimale de 31,96 € restent donc à leur niveau antérieur.

Ce que vous touchez vraiment quand vous retravaillez

Le régime d'intermittent est conçu pour que vous puissiez cumuler allocations et contrats. Mais le calcul mensuel obéit à des seuils précis2. D'abord, un seuil de non-indemnisation : aucune allocation n'est due si vous atteignez un certain nombre de jours de travail dans le mois, soit 26 jours en annexe 8, 27 jours en annexe 102.

En dessous de ce seuil, France Travail déduit du mois un nombre de jours « non indemnisables » calculé à partir de vos jours travaillés : jours travaillés × 1,4 pour l'annexe 8, × 1,3 pour l'annexe 102. Plus vous travaillez dans le mois, moins vous touchez de jours d'allocation, mais votre revenu total (salaires + allocation) reste supérieur. Enfin, le cumul est plafonné : le total de vos rémunérations et de l'allocation versée ne peut pas dépasser 118 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale2.

Bon à savoir : les revenus tirés des droits d'auteur et droits voisins, ainsi que les bourses d'artistes, se cumulent entièrement avec vos allocations et n'ont même pas à être déclarés lors de l'actualisation2.

Schéma de l'allocation journalière composée de trois parties additionnées
L'allocation journalière brute est la somme de trois parties : salaires, heures travaillées et part fixe.

07Quand commencent vraiment les versements

Ouvrir un droit ne veut pas dire être payé dès le lendemain. Plusieurs délais s'enchaînent avant le premier virement2, dans cet ordre : un différé d'indemnisation, un délai d'attente, puis deux franchises.

Le différé, le délai d'attente

Le différé spécifique d'indemnisation s'applique quand une fin de contrat s'accompagne d'indemnités de rupture supérieures au minimum légal. Comme les intermittents sont surtout employés en CDD d'usage sans indemnité de rupture, ce différé est rarement appliqué. Il est plafonné à 75 jours2.

Le délai d'attente est de 7 jours, appliqué à chaque ouverture de droits ou réadmission, dès lors qu'il n'excède pas 7 jours sur une même période de 12 mois2.

Les deux franchises

C'est souvent la partie la plus déroutante. Deux franchises viennent décaler votre indemnisation2 :

  • La franchise congés payés correspond aux congés que vous avez acquis auprès de la caisse des Congés Spectacles pendant la période de référence, à raison de 2,5 jours par période de 24 jours travaillés. Elle est plafonnée à 30 jours.
  • La franchise salaires, elle, n'est pas plafonnée. Elle se répartit sur les 8 premiers mois d'indemnisation.

Concrètement, ces franchises repoussent le point de départ de vos versements. Elles ne suppriment pas vos droits, elles les décalent dans le temps. Un exemple officiel : un musicien justifiant de 176 jours de travail obtient une franchise congés payés totale de (176 × 2,5) / 24 = 18 jours2.

À retenir

Entre la fin de votre contrat et votre premier paiement réel, comptez toujours plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, à cause du délai d'attente et des franchises. Anticipez cette trésorerie : ce n'est pas un refus, c'est un décalage.

08La date anniversaire : votre rendez-vous annuel

Contrairement au régime général, où vos droits durent jusqu'à épuisement, les droits d'intermittent sont attribués jusqu'à une date anniversaire. C'est la date limite de votre indemnisation1.

Cette date est fixée au terme d'un délai de 12 mois (365 jours) à compter de la fin de contrat retenue pour l'ouverture de vos droits2. Elle est « glissante » : à chaque réexamen, une nouvelle date anniversaire peut se positionner2.

Ce qui se passe à l'échéance

Concrètement, chaque année, France Travail réexamine votre situation. Vous êtes averti 15 jours avant, et invité à vérifier que toutes vos activités sont bien certifiées et à transmettre les justificatifs manquants2. Deux issues2 :

  • Vous justifiez de 507 nouvelles heures sur les 12 mois précédents : vos droits sont renouvelés (on parle de « réadmission »), avec une nouvelle allocation et une nouvelle date anniversaire.
  • Vous n'y êtes pas : l'indemnisation s'arrête, sauf dispositifs de secours (voir section suivante).

L'examen est mené au lendemain de votre date anniversaire si vous n'êtes pas en contrat spectacle à cette date, ou au premier jour chômé suivant si vous êtes alors en cours de contrat relevant des annexes 8 ou 102. Cette nuance a un effet concret : tant que vous êtes en plateau, l'examen est repoussé, ce qui peut jouer en votre faveur si vous complétez ainsi vos heures.

Un exemple officiel illustre ce mécanisme annuel2 : une ouverture de droits en annexe 10 sur une fin de contrat au 12 septembre d'une année fixe une date anniversaire au 12 septembre de l'année suivante. À cette échéance, une nouvelle fin de contrat sert de base à une réadmission, qui ouvre à son tour une nouvelle période d'indemnisation et une nouvelle date anniversaire. Le régime fonctionne ainsi par cycles de douze mois qui se recomposent à chaque examen.

Réexaminer ses droits avant l'heure

Vous pouvez aussi demander un réexamen avant votre date anniversaire, si vous justifiez à nouveau de 507 heures et de l'ensemble des conditions2. Utile si votre nouvelle allocation serait plus favorable. Mais prudence : une réadmission peut aussi entraîner un montant plus faible, de nouvelles franchises, voire un trop-perçu si les franchises précédentes n'avaient pas été entièrement prélevées2.

09Si vous n'atteignez pas les 507 heures

Une mauvaise saison, une blessure, un secteur en creux : il arrive qu'on n'ait pas ses 507 heures à la date anniversaire. Ce n'est pas forcément la fin. Plusieurs filets existent.

La clause de rattrapage

Si, à votre date anniversaire, vous êtes entre 338 et 506 heures, vous pouvez bénéficier de la clause de rattrapage : une période d'indemnisation de 6 mois maximum, pendant laquelle vous percevez une allocation égale à votre dernière allocation journalière, le temps de compléter vos heures manquantes2. Deux conditions cumulatives2 :

  • justifier de 338 heures relevant des annexes 8 ou 10 dans les 12 mois précédant la date anniversaire ;
  • justifier de 5 ans d'ancienneté dans les 10 ans précédant votre dernière ouverture de droits, soit 5 ouvertures de droits en annexes 8/10, soit 2 535 heures d'affiliation (5 × 507 h).

La demande se fait par courrier ou courriel dans un délai de 30 jours à compter de la notification de rejet2. Elle est irrévocable.

Les allocations de solidarité

Si aucune réadmission ni clause de rattrapage n'est possible, France Travail étudie vos droits à deux allocations financées par l'État2 :

  • l'allocation de professionnalisation et de solidarité (APS), dont les modalités s'alignent sur celles de l'ARE des annexes 8 et 103 ;
  • l'allocation de fin de droits (AFD), d'un montant de 30 € par jour3.

En parallèle, Audiens, le groupe de protection sociale de la culture, propose aux intermittents en difficulté un entretien professionnel et des actions de soutien2.

À retenir

Ne pas atteindre les 507 heures n'est pas automatiquement synonyme de zéro revenu. Entre la clause de rattrapage, l'APS et l'AFD, plusieurs dispositifs prennent le relais, à condition d'avoir une ancienneté suffisante et de faire les demandes dans les délais.

10Vos obligations, et comment sécuriser votre parcours

Une fois indemnisé, le régime repose sur une règle d'or : la déclaration. C'est elle qui déclenche vos paiements et protège vos droits.

L'actualisation mensuelle

Chaque mois, vous devez actualiser votre situation sur francetravail.fr pour déclencher votre paiement1. Vous y déclarez toutes vos activités : spectacle ou hors spectacle, salariées ou non salariées (auto-entreprise comprise)1. Rappel essentiel vu plus haut : une heure non déclarée ne compte pas dans vos 507 heures2.

Vous devez aussi déclarer tout changement de situation (arrêt maladie, reprise d'un CDI, changement d'adresse) et signaler avant votre départ toute absence de plus de 7 jours de votre domicile. Au-delà de 35 jours cumulés d'absence sur l'année civile, vous n'êtes plus considéré comme disponible, ce qui interrompt votre indemnisation1.

Vos congés payés : la caisse des Congés Spectacles

Comme vous enchaînez des CDD d'usage avec plusieurs employeurs, vous ne relevez pas du régime général de congés payés. C'est la caisse des Congés Spectacles, gérée par Audiens, qui collecte et redistribue les cotisations de congés payés de tous les salariés intermittents du spectacle vivant, du cinéma et de l'audiovisuel7. Vos droits à congés y sont centralisés, quel que soit le nombre d'employeurs que vous avez eus.

Se former pour tenir dans la durée

Le régime d'intermittent récompense la régularité de l'activité. Or, dans le spectacle, se former, c'est souvent ce qui permet de continuer à décrocher des contrats : ajouter une compétence technique, passer une habilitation, se perfectionner sur un logiciel, se reconvertir vers un métier plus demandé. Le régime le reconnaît d'ailleurs, puisque certaines heures de formation et d'enseignement sont assimilées à du travail dans le calcul des droits2.

Pour les intermittents, la formation professionnelle est financée par l'Afdas, l'opérateur de compétences de la culture, sous condition d'une ancienneté minimale (nombre de cachets, jours ou heures sur une période de référence). Ces conditions d'accès évoluant régulièrement, vérifiez-les directement sur afdas.com avant de monter votre dossier. C'est précisément sur ces formations éligibles qu'Artiste Formation, organisme certifié Qualiopi, vous accompagne.

Votre check-list avant de déposer votre dossier
  • J'ai réuni au moins 507 heures (ou cachets équivalents, 1 cachet = 12 h) dans les 12 mois précédant ma dernière fin de contrat.
  • Mes contrats relèvent bien du champ du spectacle ou de l'audiovisuel, sous CDD ou CDDU.
  • Je sais si je relève de l'annexe 8 (technicien) ou de l'annexe 10 (artiste), selon le régime où j'ai le plus d'heures.
  • Je m'inscris à France Travail au moment où j'atteins les 507 heures, pas avant, pour ne pas perdre mes heures de spectacle.
  • J'ai vérifié que mes employeurs ont bien transmis mes AEM (ou mes DUS via le Guso).
  • J'ai déclaré toutes mes activités lors de mon actualisation mensuelle, même les activités hors spectacle.
  • Si je suis déjà indemnisé au régime général, j'ai vérifié mon éligibilité au droit d'option avant de l'exercer (c'est irrévocable).
  • J'ai anticipé le décalage de trésorerie lié au délai d'attente de 7 jours et aux franchises.

Sécurisez votre statut avec une formation financée par l'Afdas

Dans le spectacle, tenir dans la durée passe souvent par la formation : une compétence en plus, une habilitation, une reconversion. Artiste Formation, organisme certifié Qualiopi, conçoit des parcours pensés pour les artistes et techniciens, mobilisables via votre financement Afdas. On vous aide à choisir la formation utile et à monter votre dossier.

Questions fréquentes

Combien de cachets faut-il pour être intermittent ?

Il n'y a pas de nombre de cachets « officiel » : la condition est de 507 heures sur 12 mois. Mais comme chaque cachet est valorisé à hauteur de 12 heures, il faut un peu plus de 42 cachets (507 ÷ 12) pour atteindre le seuil, si vous ne comptez que des cachets. Ce décompte de 12 heures par cachet est fixé par France Travail.

Quelle est la différence entre l'annexe 8 et l'annexe 10 ?

L'annexe 8 couvre les ouvriers et techniciens du spectacle et de l'audiovisuel (lumière, son, régie, plateau, montage...). L'annexe 10 couvre les artistes (comédiens, musiciens, danseurs...), et désormais aussi les réalisateurs. Les deux exigent 507 heures, mais le décompte, les planchers d'allocation et la part fixe diffèrent : plancher de 38 € en annexe 8, 44 € en annexe 10.

Que se passe-t-il si je n'ai pas mes 507 heures à ma date anniversaire ?

Votre indemnisation s'arrête, mais des filets existent. Si vous avez au moins 338 heures et 5 ans d'ancienneté, vous pouvez demander la clause de rattrapage : jusqu'à 6 mois d'allocation pour compléter vos heures. À défaut, France Travail étudie vos droits à l'allocation de professionnalisation et de solidarité (APS) et à l'allocation de fin de droits (AFD, 30 € par jour).

Les heures de formation comptent-elles dans les 507 heures ?

Oui, mais dans une limite. Les périodes de formation non rémunérées par l'assurance chômage sont retenues dans la limite des deux tiers de la condition d'affiliation, soit 338 heures. Le total des heures de formation ajouté aux heures d'enseignement ne peut pas dépasser 338 heures. Et il faut, sauf projet de transition professionnelle, une fin de contrat postérieure à la formation pour qu'elle soit prise en compte.

Faut-il envoyer soi-même ses attestations à France Travail ?

Non, en principe. Vos employeurs transmettent directement vos attestations : les employeurs professionnels du spectacle envoient une AEM avant le 15 du mois suivant, et les employeurs occasionnels passent par le Guso avec une DUS dans les 15 jours. Vous n'avez pas à transmettre ces documents, sauf si France Travail vous le demande. En revanche, vous devez déclarer toutes vos activités lors de l'actualisation mensuelle.

Les montants d'allocation ont-ils augmenté en juillet 2026 ?

Non. Le 30 juin 2026, aucune majorité n'a pu être réunie au conseil d'administration de l'Unédic pour revaloriser les allocations chômage au 1er juillet 2026. Les montants journaliers actuels sont maintenus. Les planchers de 38 € (annexe 8) et 44 € (annexe 10) et l'allocation minimale de 31,96 € restent donc inchangés.

Sources

Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.

  1. Les premiers pas dans l'intermittence du spectacle (guide)France Travailhttps://www.francetravail.fr/files/live/sites/PE/files/fichiers-en-telechargement/spectacle/Doc_Primo_Entrants.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  2. Intermittents du spectacle (guide de l'indemnisation)France Travailhttps://www.francetravail.fr/files/live/sites/PE/files/fichiers-en-telechargement/fichiers-en-telechargement---dem/GUIDE-INTERMITTENT.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  3. Assurance chômage — Paramètres utiles, Avril 2026Unédichttps://www.unedic.org/storage/uploads/2026/05/27/unedic_parametres_utiles_avril2026_uid_6a17039e9f727.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  4. Allocations d'assurance chômage : pas de revalorisation au 1er juillet 2026Unédichttps://www.unedic.org/actualites/allocations-dassurance-chomage-pas-de-revalorisation-au-1er-juillet-2026Consultée le 20 juillet 2026
  5. Article L5424-22 — Code du travailLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037388435Consultée le 20 juillet 2026
  6. Le Guso — Guichet unique du spectacle occasionnelGusohttps://www.guso.fr/information/accueilConsultée le 20 juillet 2026
  7. Les Congés SpectaclesAudienshttps://www.audiens.org/solutions/les-conges-spectacles.htmlConsultée le 20 juillet 2026
  8. Je souhaite bénéficier du régime d'intermittent du spectacleFrance Travailhttps://www.francetravail.fr/spectacle/spectacle--intermittents/beneficier-regime-spectacle.htmlConsultée le 20 juillet 2026
  9. Annexe VIII au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 relative à l'assurance chômageUnédichttps://www.unedic.org/ged/documents/regulatory_texts/pdf/TXT-ANX-RG-Annexe_8_2024.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  10. Arrêté du 19 juin 2026 portant agrément de l'avenant n° 2 du 10 avril 2026 modifiant la convention du 15 novembre 2024 relative à l'assurance chômageLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054297458Consultée le 20 juillet 2026
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L'équipe Artiste Formation

Rédaction · Spécialistes du spectacle

Artiste Formation est un organisme de formation certifié Qualiopi dédié aux métiers du spectacle et de la musique. Nos guides sont écrits à partir des textes officiels — code du travail, règlement d'assurance chômage, annexes 8 et 10, documentation France Travail, AFDAS, Audiens — puis relus source par source avant publication.

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