Vous entendez parler d'« annexe 8 » et d'« annexe 10 » depuis vos débuts, sans jamais avoir vu clairement ce qui les sépare. Sur votre attestation France Travail, un chiffre est inscrit. Pourquoi celui-là et pas l'autre ? Et surtout : est-ce que ça change quelque chose pour vous ?
La réponse courte : l'annexe 8 couvre les ouvriers et techniciens du spectacle, l'annexe 10 couvre les artistes. Mais ce n'est pas votre carte de visite qui tranche, c'est la fonction que vous avez réellement exercée et déclarée sur vos contrats. Et selon l'annexe qui vous est appliquée, votre allocation ne se calcule pas tout à fait de la même façon.
Dans cet article, vous allez comprendre à quelle annexe vous appartenez, ce qui se passe quand vous cumulez des heures d'artiste et de technicien, comment vos heures ou vos cachets sont comptés, et ce que la différence change au bout du compte sur ce que vous touchez. Tous les chiffres cités ont été vérifiés le 20 juillet 2026 dans les textes officiels.
Sommaire de l'article
- Deux annexes, une même famille
- L'annexe 8 : ouvriers et techniciens
- L'annexe 10 : les artistes
- Ce qui tranche : la fonction, pas le métier
- Le socle commun : 507 heures
- Heures ou cachets : le décompte diffère
- Ce que ça change sur l'allocation
- Durée, franchises et délai d'attente
- Si vous n'atteignez pas 507 heures
- Un cas concret, chiffré
- Se former sans perdre ses droits
01Deux annexes, une même famille
Commençons par balayer une confusion fréquente. « A8 » et « A10 » ne sont pas deux statuts différents. Il n'existe qu'un seul statut : celui d'intermittent du spectacle, c'est-à-dire un salarié embauché en contrat à durée déterminée d'usage (CDDU) qui, entre deux contrats, est indemnisé par l'Assurance chômage selon des règles spécifiques au spectacle.
Ces règles spécifiques sont écrites dans deux textes annexés au règlement général d'assurance chômage. L'annexe 8 s'adresse aux ouvriers et techniciens.2 L'annexe 10 s'adresse aux artistes.1 C'est tout. On parle bien des deux faces d'un même régime, pas de deux régimes rivaux.
La version en vigueur aujourd'hui découle de la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024. C'est elle qui fixe, en 2026, les conditions d'ouverture de droits, le calcul de l'allocation et les durées. Retenez ce point : la réglementation de l'intermittence est révisée à chaque nouvelle convention. Les valeurs que vous avez pu lire il y a deux ou trois ans ne sont pas forcément celles d'aujourd'hui. C'est pour ça que, dans cet article, chaque chiffre renvoie à sa source officielle.
Un seul statut d'intermittent. Deux annexes qui en précisent les règles : l'annexe 8 pour les techniciens, l'annexe 10 pour les artistes. Les deux découlent de la convention du 15 novembre 2024.
02L'annexe 8 : les ouvriers et techniciens
L'annexe 8 couvre les personnes qui assurent une fonction technique au service d'un spectacle ou d'un contenu audiovisuel : régisseur, électricien, machiniste, chef opérateur, monteur, ingénieur du son, habilleuse, décorateur, cadreur, et des dizaines d'autres fonctions.
France Travail le résume simplement : « Les ouvriers techniciens sont des professionnels assurant des fonctions techniques indispensables à la réalisation et à la production de spectacles ou de contenus audiovisuels. »3
Mais attention, pour relever de l'annexe 8, deux conditions doivent être réunies en même temps, et pas une seule :
- La condition de l'employeur. Votre employeur doit exercer dans un des secteurs listés : cinéma, audiovisuel, édition phonographique, radio, télédiffusion, spectacle vivant, prestation technique au service de la création et de l'événement, espaces de loisirs et culturels, production de films d'animation.3
- La condition de la fonction. La fonction que vous avez exercée doit figurer dans la liste officielle des emplois de l'annexe 8, secteur par secteur.3
Cette liste n'est pas une vue de l'esprit. Elle est écrite noir sur blanc dans le texte de l'annexe, au titre XIV, et croise chaque secteur (défini par sa convention collective et son code d'activité) avec les fonctions admises.2 Si votre fonction n'y est pas, ou si votre employeur n'est pas dans un des secteurs prévus, l'annexe 8 ne s'applique pas, même si vous vous considérez comme technicien du spectacle.
« Les bénéficiaires de la présente annexe sont les ouvriers et techniciens engagés dans le cadre d'un contrat à durée déterminée, pour assurer l'une des fonctions énumérées dans la liste figurant au titre XIV, par les employeurs mentionnés à l'article L. 5422-13 ou aux articles L. 5424-1 et L. 5424-2 du code du travail, dans les domaines d'activité ou dans les entreprises énumérés dans la même liste. »Source : Unédic
03L'annexe 10 : les artistes
L'annexe 10 couvre les artistes du spectacle : comédiens, musiciens, chanteurs, danseurs, artistes de cirque, artistes de complément, chefs d'orchestre, et depuis peu les réalisateurs.
Là encore, France Travail va à l'essentiel : « Les artistes sont des professionnels engagés pour des prestations artistiques. »3 Le texte de l'annexe, lui, ne définit pas l'artiste tout seul : il renvoie aux articles du code du travail qui listent les artistes du spectacle.1
Un point vaut d'être connu, car il protège les artistes : le code du travail pose une présomption de salariat. Autrement dit, dès qu'on rémunère un artiste pour une prestation, le contrat est présumé être un contrat de travail, sauf si l'artiste exerce comme une véritable entreprise inscrite au registre du commerce.7 C'est ce mécanisme qui vous rattache au régime salarié, donc à l'assurance chômage, et donc à l'annexe 10.
Nouveauté à retenir : les réalisateurs, qui étaient auparavant rattachés à l'annexe 8 comme techniciens, sont désormais considérés comme des artistes et relèvent donc de l'annexe 10.3 Si vous êtes réalisateur et que vous vous étiez habitué à raisonner « annexe 8 », c'est un changement qu'il faut avoir en tête.
« Les bénéficiaires de la présente annexe sont les artistes tels qu'ils sont définis aux articles L. 7121-2, L. 7121-3, L. 7121-4, L. 7121-6 et L. 7121-7 du code du travail engagés au titre d'un contrat de travail à durée déterminée par des employeurs relevant de l'article L. 5422-13 ou des articles L. 5424-1 à L. 5424-5 dudit code. »Source : Unédic
04Ce qui tranche vraiment : la fonction, pas le métier déclaré
Voici le point le plus mal compris, et le plus important. Ce n'est pas votre carte professionnelle, votre formation ou l'idée que vous vous faites de votre métier qui détermine votre annexe. C'est la fonction que vous avez réellement exercée sur chaque contrat, telle qu'elle a été déclarée.
Un même intermittent peut donc générer des heures dans les deux annexes au cours d'une même année. Un musicien qui fait aussi de la régie son sur certaines dates cumule des heures d'artiste (annexe 10) et des heures de technicien (annexe 8). Un comédien qui donne aussi des cours dans un établissement agréé accumule les deux types d'activité.
La règle du plus grand nombre d'heures
Quand vous avez travaillé sous les deux casquettes, France Travail applique une règle simple pour savoir quelle annexe vous ouvre des droits : « Si vous avez travaillé en tant qu'ouvrier, technicien et artiste, le régime d'indemnisation qui vous est attribué, annexe 8 ou annexe 10, est celui dans lequel vous avez totalisé le plus d'heures dans la période de référence. »3
Autrement dit, on compte vos heures dans chaque annexe, et c'est l'annexe majoritaire qui l'emporte. Bonne nouvelle : les heures accomplies dans l'autre annexe ne sont pas perdues. Le texte prévoit que, pour vérifier les 507 heures, on retient le temps de travail exercé dans le champ de l'annexe concernée ou de l'autre annexe.1 Vos heures des deux mondes se cumulent pour atteindre le seuil ; c'est simplement l'annexe majoritaire qui fixe la formule de calcul de votre allocation.
Vous ne choisissez pas votre annexe. Elle découle de la fonction exercée et déclarée. Si vous cumulez les deux, c'est celle où vous avez le plus d'heures qui s'applique, mais toutes vos heures comptent pour atteindre les 507.

05Le socle commun : 507 heures sur douze mois
Avant de voir ce qui distingue les deux annexes, voyons ce qui les rassemble. La condition d'entrée est identique : il faut justifier d'au moins 507 heures de travail sur une période de référence de douze mois.
Les deux annexes emploient exactement la même phrase : « Les salariés privés d'emploi doivent justifier d'une période d'affiliation d'au moins 507 heures de travail au cours des douze mois qui précèdent la fin du contrat de travail. »12
Ces 507 heures, ce n'est pas un chiffre en l'air : cela correspond à peu près à un temps plein sur environ trois mois et demi, étalé sur une année. La période de référence, ce sont les douze mois qui précèdent la fin de votre dernier contrat pris en compte.
Le motif de fin de contrat compte aussi. Pour ouvrir des droits, votre perte d'emploi doit être involontaire : fin de CDD, rupture anticipée à l'initiative de l'employeur, ou l'un des cas de démission dite légitime prévus par le texte.1 Une fin de contrat classique d'intermittent (le CDDU qui arrive à son terme) coche cette case.
Les deux annexes partagent aussi le montant de l'allocation journalière minimale de référence qui sert au calcul : elle est fixée à 31,96 euros.5 C'est le socle mathématique commun. La suite, en revanche, diverge.
06Là où le décompte diffère : heures contre cachets
Le seuil est le même (507 heures), mais la façon de compter n'est pas la même selon que vous êtes payé en heures ou en cachets. C'est l'une des vraies différences pratiques entre les deux annexes.
Côté technicien (annexe 8) : on compte les heures
Le technicien est généralement payé à l'heure ou à la journée. On additionne donc ses heures réelles. Le texte prévoit une limite mensuelle, qui peut être majorée quand vous avez travaillé pour plusieurs employeurs dans le même mois : « Cette limite mensuelle peut être majorée de 20 % lorsque le salarié a travaillé pour plusieurs employeurs au cours du mois considéré, soit 250 heures de travail. »2
Côté artiste (annexe 10) : on convertit les cachets
L'artiste, lui, est souvent payé au cachet. Or un cachet ne dure pas « une heure ». Le texte fixe donc une conversion forfaitaire : un cachet vaut 12 heures, dans la limite de 28 cachets par mois.1 C'est une règle décisive : pour atteindre les 507 heures, un artiste au cachet a besoin d'environ 43 cachets sur l'année (507 ÷ 12).
Les heures qui comptent en plus
Dans les deux annexes, certaines activités hors plateau viennent gonfler votre compteur, dans des limites précises :
- Les heures d'enseignement dispensées dans un établissement figurant sur la liste ministérielle sont retenues dans la limite de 70 heures, portée à 120 heures pour les 50 ans et plus.16
- Les heures de formation suivies (les actions concourant au développement des compétences) sont assimilées à des heures de travail « dans la limite des deux tiers du nombre d'heures fixé » pour l'affiliation.1 Concrètement, la formation que vous suivez peut compter, dans une certaine limite, pour vos 507 heures.
Ce dernier point est loin d'être anecdotique : il signifie qu'un temps de formation bien placé n'est pas du temps « perdu » pour vos droits. Nous y reviendrons à la fin.
« Lorsque l'activité des artistes est déclarée sous la forme de cachets, chaque cachet est converti en heures sur la base de 1 cachet égal 12 heures. Le nombre maximum de cachets pris en compte pour la recherche de la durée d'affiliation requise est de 28 par mois. »Source : Unédic
07Ce que la différence change sur votre allocation
On arrive à la question qui vous intéresse vraiment : est-ce que je touche plus en annexe 8 ou en annexe 10 ? La réponse honnête est : ça dépend de votre situation, mais les deux annexes n'utilisent pas exactement les mêmes coefficients.
Dans les deux cas, l'allocation journalière brute est la somme de trois parties, notées A + B + C.3
- Partie A : elle dépend de vos salaires sur la période des 507 heures.
- Partie B : elle dépend de votre nombre d'heures travaillées.
- Partie C : c'est une part fixe, calculée à partir de l'allocation journalière minimale de 31,96 euros.
C'est dans les coefficients de ces trois parties que les deux annexes divergent. Voici les formules exactes, telles qu'elles figurent dans les textes.
| Élément | Annexe 8 (techniciens) | Annexe 10 (artistes) |
|---|---|---|
| Partie A (salaires) | [AJ min × (0,42 × SR jusqu'à 14 400 € + 0,05 × SR au-delà)] ÷ 5 000 | [AJ min × (0,36 × SR jusqu'à 13 700 € + 0,05 × SR au-delà)] ÷ 5 000 |
| Partie B (heures) | [AJ min × (0,26 × NHT jusqu'à 720 h + 0,08 × NHT au-delà)] ÷ 507 | [AJ min × (0,26 × NHT jusqu'à 690 h + 0,08 × NHT au-delà)] ÷ 507 |
| Partie C (part fixe) | AJ min × 0,40 = 12,78 € | AJ min × 0,70 = 22,37 € |
| Allocation plancher | 38 €/jour | 44 €/jour |
Sources des formules et des montants.1235
Deux enseignements sautent aux yeux. D'abord, la part fixe C est nettement plus élevée en annexe 10 (0,70 fois l'AJ minimale, soit 22,37 €) qu'en annexe 8 (0,40 fois, soit 12,78 €).5 Cela reflète le fait que les artistes, souvent moins rémunérés en volume horaire déclaré, bénéficient d'un socle fixe plus important. Ensuite, l'allocation plancher est plus haute en annexe 10 (44 € contre 38 €).35 Un artiste ne peut pas descendre en dessous de 44 € par jour, un technicien pas en dessous de 38 €.
Le plafond, lui, est commun aux deux annexes. Pour 2026, l'allocation journalière maximale des annexes 8 et 10 est fixée à 181,18 euros.5 Ce plafond est revalorisé régulièrement : il valait 174,80 euros depuis le 1er janvier 2024, montant encore affiché sur certaines pages grand public de France Travail au moment de la rédaction de cet article.4 Retenez la valeur 2026 : 181,18 euros.
Même structure de calcul (A + B + C), mais des coefficients différents. L'annexe 10 offre une part fixe et un plancher plus élevés (22,37 € et 44 €) que l'annexe 8 (12,78 € et 38 €). Le plafond, commun, est de 181,18 € par jour en 2026.

08Durée d'indemnisation, franchises et délai d'attente
Sur ces trois points, les deux annexes fonctionnent de façon quasi identique. C'est important à comprendre, car beaucoup d'intermittents pensent que la durée d'indemnisation dépend de l'annexe. Ce n'est pas le cas.
Une indemnisation jusqu'à la date anniversaire
Dans les deux annexes, le principe est le même : « Le service de l'allocation d'assurance chômage est attribué au salarié privé d'emploi jusqu'à la date anniversaire de la fin de contrat de travail ayant permis l'ouverture de droits. »1 Autrement dit, une fois vos droits ouverts, vous êtes indemnisé sur douze mois, jusqu'à la date anniversaire, où votre situation est réexaminée. C'est le fameux rythme annuel de l'intermittent : chaque année, on revérifie vos 507 heures.
Les franchises : votre allocation ne démarre pas tout de suite
Avant le premier versement, deux franchises s'appliquent, identiques dans les deux annexes. La première est la franchise dite « de congés payés », calculée « à raison de 2,5 jours de congés par période de 24 jours travaillés, dans la limite de 30 jours ».1 La seconde est une franchise calculée à partir de vos salaires de la période de référence (un différé lié à vos rémunérations).1 Ces franchises décalent le point de départ de votre indemnisation.
Le délai d'attente de 7 jours
À cela s'ajoute un délai d'attente : « La prise en charge est reportée au terme d'un délai d'attente de sept jours. »1 Ce délai s'applique à chaque ouverture de droits ou réadmission, dans la limite de sept jours par période de douze mois.1
Ne soyez donc pas surpris si votre premier versement tombe plusieurs semaines après votre inscription : entre les franchises et le délai d'attente, il y a un décalage normal, prévu par les textes, et identique que vous soyez en annexe 8 ou en annexe 10.
« La prise en charge est reportée au terme d'un délai d'attente de sept jours. »Source : Unédic
09Si vous n'atteignez pas les 507 heures
Rater les 507 heures ne signifie pas forcément tout perdre. Le régime prévoit plusieurs filets de sécurité, communs aux deux annexes.
La clause de rattrapage
Si, à votre date anniversaire, vous ne pouvez pas rouvrir de droits, vous pouvez demander à France Travail l'examen d'une clause de rattrapage. Elle suppose deux conditions : une ancienneté dans le régime (au moins cinq années d'affiliation correspondant à cinq fois 507 heures, ou au moins cinq ouvertures de droits sur les dix dernières années) et « justifier d'au moins 338 heures de travail attestées » au cours des douze mois précédant la date anniversaire.1 Si vous êtes éligible, une période d'indemnisation maximale de six mois vous est ouverte.1 Dès que vous rassemblez le complément d'heures pour atteindre 507, la clause s'arrête et votre droit est régularisé.1
Les allocations de solidarité
En bout de chaîne, quand les droits à l'assurance chômage sont épuisés, des allocations spécifiques financées par l'État peuvent prendre le relais pour les intermittents, comme l'allocation de professionnalisation et de solidarité (APS) ou l'allocation de fin de droits, cette dernière servie à hauteur de 30 euros par jour.5 Ce sont des dispositifs de dernier recours ; votre agence France Travail spectacle est le bon interlocuteur pour vérifier si vous y avez droit.
Sous condition d'ancienneté, 338 heures peuvent suffire à déclencher une clause de rattrapage de six mois. En cas d'épuisement des droits, des allocations de solidarité existent. Ces règles sont les mêmes en annexe 8 et en annexe 10.
10Un cas concret, chiffré
Prenons Léa, chanteuse. Sur ses douze derniers mois, elle a fait de la scène en tant qu'artiste, mais aussi quelques dates de régie son pour compléter, et un module d'enseignement dans un conservatoire figurant sur la liste ministérielle. Voyons comment se construit son dossier.
Ses heures d'artiste (annexe 10). Léa a effectué 32 cachets sur l'année. Convertis à 12 heures par cachet, cela fait 32 × 12 = 384 heures.1 (Elle est bien restée sous le plafond de 28 cachets par mois.)
Ses heures de technicienne (annexe 8). En régie son, elle a déclaré 90 heures réelles.
Ses heures d'enseignement. Elle a donné 60 heures de cours au conservatoire. Comme la limite est de 70 heures, la totalité est retenue.1
Additionnons : 384 + 90 + 60 = 534 heures. Léa dépasse les 507 heures requises. Elle ouvre donc des droits.1
Quelle annexe pour Léa ? On regarde où elle a le plus d'heures. Côté artiste : 384 heures de cachets (les heures d'enseignement d'un artiste sont imputées sur le contingent de l'annexe 10).1 Côté technicien : 90 heures. L'artiste l'emporte largement. Léa sera indemnisée en annexe 10.3
Ce que ça change pour elle. Étant en annexe 10, Léa bénéficie de la part fixe C la plus élevée (22,37 €) et d'une allocation plancher de 44 € par jour, contre 38 € si elle avait relevé de l'annexe 8.5 Ses 90 heures de régie ne sont pas perdues pour autant : elles ont bel et bien compté pour franchir le seuil des 507 heures.
Ce cas illustre une leçon simple : ne négligez aucune de vos activités déclarées. Cachets, heures techniques, heures d'enseignement, heures de formation : tout peut concourir à atteindre le seuil, chacune dans sa limite.
11Se former sans perdre ses droits
Vous l'avez vu plus haut : les heures de formation que vous suivez peuvent être assimilées à des heures de travail pour vos 507 heures, dans la limite des deux tiers du seuil.1 Se former n'est donc pas une parenthèse qui vous éloigne de vos droits ; bien placée, une formation peut même vous aider à les consolider.
Et surtout, en tant qu'intermittent, votre formation professionnelle a un financeur dédié : l'AFDAS. Pour y avoir accès, il faut justifier d'un volume minimal d'activité en CDDU. Les seuils, vérifiés sur le site de l'AFDAS, diffèrent selon votre catégorie :
| Catégorie | Jours / cachets minimum | Période étudiée |
|---|---|---|
| Artistes interprètes, musiciens, metteurs en scène | 48 | 2 dernières années |
| Réalisateurs | 48 | 2 dernières années |
| Techniciens du spectacle vivant | 88 | 2 dernières années |
| Techniciens du cinéma et de l'audiovisuel | 130 | 2 dernières années |
Seuils AFDAS pour l'accès au financement de la formation.8 À noter : un financement AFDAS déclenche un délai de carence avant la formation suivante, qui varie selon la durée du dernier stage (12, 18 ou 24 mois), sauf pour les formations à la sécurité qui n'entraînent pas de carence.8
Chez Artiste Formation, organisme certifié Qualiopi spécialisé dans les métiers du spectacle et de la musique, nos formations sont conçues pour être finançables par l'AFDAS. Que vous soyez artiste rattaché à l'annexe 10 ou technicien rattaché à l'annexe 8, vous pouvez mobiliser ce financement pour monter en compétence, sécuriser votre parcours et, souvent, mieux consolider vos heures d'une année sur l'autre.
Prenez le temps de vérifier votre situation. Votre annexe, vous ne la choisissez pas, mais vous pouvez agir sur ce qui compte vraiment : votre volume d'activité, vos heures d'enseignement, et votre formation. C'est là que se joue la solidité de vos droits.
- Repérez sur vos contrats la fonction exactement déclarée (artiste ou technique).
- Vérifiez que votre employeur relève bien d'un secteur du spectacle listé pour l'annexe 8.
- Additionnez vos heures : cachets convertis à 12 h (annexe 10) et heures réelles (annexe 8).
- Ajoutez vos heures d'enseignement (max 70 h, ou 120 h à partir de 50 ans) et de formation.
- Vérifiez que vous atteignez 507 heures sur les 12 derniers mois.
- En cas de cumul, identifiez l'annexe où vous avez le plus d'heures : c'est elle qui s'applique.
Consolidez vos heures avec une formation financée par l'AFDAS
Artiste ou technicien, votre formation professionnelle est finançable par l'AFDAS. Chez Artiste Formation, organisme certifié Qualiopi spécialisé dans le spectacle et la musique, nous vous aidons à monter en compétence tout en sécurisant votre parcours d'intermittent. Découvrez nos formations et vérifiez votre éligibilité.
Questions fréquentes
Je suis à la fois musicien et régisseur son. Quelle annexe pour moi ?
Celle où vous avez totalisé le plus d'heures sur la période de référence. On compte vos heures d'artiste (cachets convertis à 12 h) d'un côté, vos heures de technicien de l'autre, et l'annexe majoritaire l'emporte. Mais rassurez-vous : toutes vos heures, des deux côtés, comptent pour atteindre les 507 heures.31
Est-ce que je touche plus en annexe 10 qu'en annexe 8 ?
Pas mécaniquement, car le montant dépend surtout de vos salaires et de vos heures. Mais l'annexe 10 prévoit une part fixe plus élevée (22,37 € contre 12,78 €) et une allocation plancher plus haute (44 € contre 38 € par jour). À situation très modeste, un artiste est donc mieux protégé par le plancher qu'un technicien.53
Combien de cachets faut-il pour ouvrir des droits ?
Un cachet vaut 12 heures, dans la limite de 28 cachets par mois. Pour atteindre 507 heures uniquement avec des cachets, il en faut environ 43 sur l'année (507 ÷ 12). En pratique, beaucoup d'artistes combinent cachets, heures d'enseignement et parfois heures techniques.1
Les réalisateurs sont-ils encore en annexe 8 ?
Non. Les réalisateurs, auparavant considérés comme des techniciens relevant de l'annexe 8, sont désormais considérés comme des artistes et relèvent de l'annexe 10.3
Mes heures d'enseignement comptent-elles pour les 507 heures ?
Je n'atteins pas 507 heures. Est-ce que je perds tout ?
Pas forcément. Sous condition d'ancienneté dans le régime, la clause de rattrapage peut s'ouvrir dès 338 heures sur les douze mois précédant votre date anniversaire, pour une période de six mois maximum. Rapprochez-vous de votre agence France Travail spectacle pour l'examen de votre situation.1
Sources
Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.
- Annexe 10 au règlement annexé à la convention du 15 novembre 2024 (Artistes du spectacle)Unédichttps://www.unedic.org/la-reglementation/conventions-d-assurance-chomage/annexe-10-au-reglement-annexe-a-la-convention-du-15-novembre-2024Consultée le 20 juillet 2026
- Annexe 8 au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 (Ouvriers et techniciens)Unédichttps://www.unedic.org/la-reglementation/conventions-d-assurance-chomage/annexe-8-au-reglement-general-annexe-a-la-convention-du-15-novembre-2024Consultée le 20 juillet 2026
- Artiste ou technicien ? Indemnisation : les différences entre artiste et ouvrier technicienFrance Travailhttps://cultureetspectacle.francetravail.fr/je-decouvre/artiste-ou-technicienConsultée le 20 juillet 2026
- Montant des allocations - Culture et SpectacleFrance Travailhttps://cultureetspectacle.francetravail.fr/je-me-fais-accompagner/montant-de-l-allocationConsultée le 20 juillet 2026
- Références - Paramètres utiles de l'Assurance chômage, avril 2026Unédichttps://www.unedic.org/storage/uploads/2026/05/27/unedic_parametres_utiles_avril2026_uid_6a17039e9f727.pdfConsultée le 20 juillet 2026
- Conditions pour recevoir l'allocation - Culture et SpectacleFrance Travailhttps://cultureetspectacle.francetravail.fr/je-decouvre/conditions-pour-recevoir-l-allocationConsultée le 20 juillet 2026
- Article L7121-3 du code du travail (présomption de contrat de travail de l'artiste du spectacle)Légifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044056630Consultée le 20 juillet 2026
- Intermittents du spectacle et de l'audiovisuel - Quelles conditionsAFDAShttps://www.afdas.com/particulier/connaitre-les-dispositifs-et-les-modalites-dacces-a-la-formation/intermittents-du-spectacle-et-de-laudiovisuel/quelles-conditions.htmlConsultée le 20 juillet 2026
Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.



