Vous êtes intermittent du spectacle et vous devenez parent ? Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau congé indemnisé s'ajoute à votre congé maternité ou paternité classique11. Jusqu'à deux mois de plus, payés par l'Assurance Maladie. Mais entre cachets irréguliers, employeurs qui changent tous les 15 jours et contrats qui s'enchaînent mal, les règles générales ne sont pas écrites pour votre métier. Voici ce que disent vraiment les textes, ce que vous allez toucher, et comment fractionner intelligemment.
Sommaire de l'article
- Un nouveau congé qui s'ajoute au vôtre
- Conditions d'accès quand vous êtes payé au cachet
- Combien vous sera versé : les montants 2026
- Cumul avec la maternité/paternité classique
- Le point de vigilance : zéro activité pendant le congé
- Fractionner : la vraie stratégie intermittente
- Qui prévenir, et dans quels délais
01Un nouveau congé qui s'ajoute au vôtre, sans le remplacer
Le congé supplémentaire de naissance est créé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 202611. Son décret d'application, le décret n° 2026-419, est paru le 30 mai 2026 et s'applique depuis le 1er juillet 20266.
Le principe, tel que l'écrit le Code du travail : si vous avez bénéficié d'un congé de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant, ou d'adoption, vous avez droit, une fois ce congé terminé, à un congé supplémentaire de naissance1. C'est un droit qui s'ajoute à l'existant. Il ne remplace ni votre congé maternité, ni votre congé paternité.
Sa durée : 1 ou 2 mois, à votre choix, fractionnable en deux périodes d'un mois6. Chaque parent y a droit séparément, pour chaque naissance ou adoption. Vous pouvez le poser en même temps que l'autre parent, ou en alternance6.
Sont concernés les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026. Pour les enfants nés entre janvier et mai 2026, avant l'entrée en vigueur du décret, une règle de transition s'applique : le congé doit débuter « dans un délai de neuf mois suivant le 1er juillet 2026 »5.
« Le salarié qui a bénéficié, en application du présent chapitre, d'un congé de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption bénéficie, après avoir épuisé ce droit à congé, d'un congé supplémentaire de naissance. »Source : Légifrance
02Conditions d'accès : ce qui compte quand vous êtes payé au cachet
Ce congé n'est pas automatique. Pour toucher les indemnités, il faut justifier de 6 mois d'affiliation à la Sécurité sociale à la date de début du congé7. Ensuite, deux jeux de seuils existent selon votre type de contrat.
| Votre situation | Condition n°1 | Condition n°2 (alternative) |
|---|---|---|
| Salarié « classique » (CDI, CDD continu) | 150 heures travaillées dans les 3 mois précédant le congé | Cotisations sur un salaire ≥ 1 015 fois le Smic horaire, sur les 6 mois précédant le congé |
| Activité discontinue : intermittents du spectacle, CDD d'usage, saisonniers | 600 heures travaillées dans les 12 mois précédant le congé | Cotisations sur un salaire ≥ 2 030 fois le Smic horaire, sur les 12 mois précédant le congé |
C'est la deuxième ligne qui vous concerne8. Et pour les cachets, la conversion est déjà fixée : un cachet équivaut à 16 heures de travail8.
Concrètement : 600 heures divisées par 16, cela fait 37,5. Il vous faut donc au moins 38 cachets sur les douze mois précédant le début du congé pour valider ce seuil. Si vous enchaînez surtout des CDD d'usage à l'heure (montage, régie, technique), c'est le compteur d'heures classique qui s'applique directement.
Un point de calendrier à ne pas rater : la condition s'apprécie à la date où le congé commence, pas à la date de la naissance. Si vous êtes short de quelques cachets à la naissance, patientez avant de déposer votre demande plutôt que de risquer un rejet pur et simple par la CPAM.
03Combien vous sera versé : les montants 2026
Pour un salarié, l'indemnisation est dégressive : 70 % du salaire net antérieur le premier mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, puis 60 % du salaire net antérieur le second mois7. Le plafond mensuel de la Sécurité sociale est fixé à 4 005 € au 1er janvier 20266.
Le vrai piège pour un intermittent est ailleurs : dans le calcul du salaire de référence. La caisse retient « celui des 3 dernières paies des mois civils antérieurs à la date de l'interruption de travail »7. Autrement dit : la moyenne de vos trois derniers mois pleins. Si votre activité est très irrégulière — un été chargé, un hiver creux — le moment où vous démarrez le congé change tout.
| Situation | Salaire net de référence (moyenne des 3 derniers mois) | Mois 1 (70 %) | Mois 2 (60 %) | Total sur 2 mois |
|---|---|---|---|---|
| Léa démarre son congé juste après un trimestre chargé (festival, tournée) | 2 400 € | 1 680 € | 1 440 € | 3 120 € |
| Même Léa, si elle démarre après un trimestre creux | 600 € | 420 € | 360 € | 780 € |
Sur cet exemple, le même droit, avec les mêmes 2 mois, rapporte le quadruple selon le moment choisi. C'est la première variable sur laquelle vous avez réellement la main.

04Comment il s'articule avec votre congé maternité ou paternité classique
Le congé supplémentaire de naissance se prend après votre congé de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant, ou d'adoption. La loi est claire sur ce point : il est accordé « après avoir épuisé ce droit à congé »1. Vous ne pouvez donc pas le prendre en même temps que votre congé maternité ou en avance.
Une fois ce congé classique terminé, vous disposez d'une fenêtre de neuf mois pour démarrer le ou les périodes de congé supplémentaire, décomptée à partir de la naissance de l'enfant ou, pour une adoption, de son arrivée au foyer3. Cette fenêtre s'allonge automatiquement si votre congé maternité ou paternité a lui-même été prolongé, par exemple en cas de naissances multiples3.
Pendant toute la durée du congé supplémentaire, votre contrat de travail est suspendu, cette période compte comme du travail effectif pour vos droits liés à l'ancienneté, et vous conservez les avantages acquis avant le départ en congé1.
« La ou les périodes du congé supplémentaire de naissance prévu à l'article L. 1225-46-2 débutent dans un délai de neuf mois à compter de la naissance de l'enfant ou, pour les parents adoptants, suivant l'arrivée de l'enfant au foyer. »Source : Légifrance
05Le point de vigilance : zéro activité pendant le congé
Voici la règle qui change tout pour un intermittent : « le salarié ne peut exercer aucune autre activité professionnelle pendant la durée du congé »2. Contrairement à certains arrêts maladie où des tolérances existent, ici c'est net : pas de cachet, pas de répétition rémunérée, pas de date payée pendant les semaines couvertes par le congé.
Pour une activité qui repose sur l'enchaînement des contrats, ça veut dire refuser des dates. Sur ce point précis, France Travail indique que le congé supplémentaire de naissance « n'impactera pas le montant de votre future allocation chômage » : pour la période concernée, un salaire est reconstitué sur la base de votre rémunération habituelle, afin de ne pas vous pénaliser10. En revanche, si vous êtes déjà indemnisé par France Travail au moment du congé, cette allocation n'est pas cumulable avec l'indemnisation du congé supplémentaire de naissance10.
Ce que les sources officielles ne détaillent pas pour l'instant : l'effet précis sur le réexamen de vos droits au titre des annexes 8 et 10. Avant de poser un congé qui vous ferait manquer une période de dates importante, vérifiez votre situation individuelle auprès d'Audiens ou de votre conseiller France Travail.
« Le salarié ne peut exercer aucune autre activité professionnelle pendant la durée du congé. »Source : Légifrance
06Fractionner : la vraie stratégie quand votre activité est irrégulière
Trois leviers concrets, tous adossés aux règles ci-dessus.
1. Caler le début du congé sur une période bien payée. Puisque le salaire de référence retient vos 3 derniers mois civils avant l'interruption7, démarrer juste après un enchaînement de dates plutôt qu'après une période creuse peut multiplier le montant perçu, comme le montre l'exemple de Léa plus haut.
2. Ne pas forcément accoler les deux périodes. Le texte ne vous oblige pas à prendre vos deux mois d'affilée. Le décret prévoit même explicitement le cas où vous changez d'employeur entre les deux périodes4 : la preuve qu'un contrat, ou plusieurs cachets, peuvent s'intercaler entre votre premier mois et votre second mois de congé. Vous pouvez ainsi caler chaque mois sur une période plus calme de votre calendrier, et garder les dates les plus importantes (festival d'été, création) libres de congé.
3. Sécuriser vos seuils avant de déposer la demande. Si vous approchez tout juste des 600 heures ou des 38 cachets sur douze mois8, mieux vaut décaler légèrement le début du congé — dans la limite des neuf mois disponibles3 — plutôt que de risquer un dossier sans indemnisation.

07Qui prévenir, et dans quels délais
Si vous êtes sous contrat au moment de la demande, vous devez informer votre employeur de votre souhait de fractionner ou non le congé, ainsi que des dates et de la durée choisies, au moins un mois avant le début du congé4. Ce délai est réduit à quinze jours si le congé supplémentaire suit immédiatement votre congé de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption, et que vous souhaitez démarrer dans le mois suivant la naissance4.
Particularité utile pour vous : si vous changez d'employeur entre vos deux périodes de congé sans avoir épuisé vos droits, le texte prévoit que vous informez votre nouvel employeur, dans un délai d'un mois, de la date de prise de la période restante4. C'est la situation la plus fréquente pour un intermittent enchaînant les CDD d'usage, et elle est couverte noir sur blanc par le décret.
Côté indemnisation, c'est votre CPAM qui verse les indemnités journalières, indépendamment de l'employeur en cours au moment du versement6. Le suivi administratif se fait donc en parallèle : employeur (ou dernier employeur en date) pour la suspension du contrat, CPAM pour l'argent.
« En cas de changement d'employeur, lorsque le salarié n'a pas épuisé ses droits à congé, il informe son nouvel employeur, dans un délai d'un mois, de la date de prise de la période de congé restante. »Source : Légifrance
- Vérifiez vos 6 mois d'affiliation à la Sécurité sociale à la date prévue de début du congé.
- Comptez vos heures ou vos cachets sur les 12 derniers mois : visez 600 heures, soit environ 38 cachets à 16 heures chacun.
- Repérez, dans votre calendrier des 3 derniers mois, la période la mieux payée : c'est elle qui doit précéder le début du congé.
- Décidez si vous fractionnez en 1 ou 2 périodes d'un mois, et si ces périodes seront consécutives ou non.
- Informez votre employeur au moins 1 mois avant (15 jours si le congé suit immédiatement un congé paternité/adoption).
- Si vous changez d'employeur entre deux périodes, prévenez le nouvel employeur dans le mois qui suit la signature du contrat.
- Contactez votre CPAM pour le calcul des indemnités journalières, et Audiens/France Travail pour l'impact sur vos droits en cours.
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Questions fréquentes
Je suis entre deux contrats à la naissance de mon enfant, qui dois-je prévenir ?
Puis-je accepter un cachet pendant mon congé supplémentaire de naissance ?
Ce congé réduit-il mes futures allocations chômage ?
Je n'ai pas encore 600 heures ou 38 cachets sur l'année, que faire ?
Puis-je prendre mes deux mois de congé à des moments différents ?
Sources
Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.
- Article L1225-46-2 du Code du travailLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000053271696Consultée le 1 août 2026
- Article L1225-46-4 du Code du travailLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000053271700Consultée le 1 août 2026
- Article D1225-11-3 du Code du travailLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054159547Consultée le 1 août 2026
- Article D1225-11-4 du Code du travailLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054159979Consultée le 1 août 2026
- Décret n° 2026-419 du 30 mai 2026 relatif au congé supplémentaire de naissance (disposition transitoire, art. 2)Légifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054153815Consultée le 1 août 2026
- Congé supplémentaire de naissance : un nouveau droit pour mieux accompagner les parents dès le 1er juillet 2026Ministère du Travail et des Solidarités (solidarites.gouv.fr)https://solidarites.gouv.fr/conge-supplementaire-de-naissanceConsultée le 1 août 2026
- Congé supplémentaire de naissance : vos indemnités journalièresAmeli.fr (Assurance Maladie)https://www.ameli.fr/paris/assure/remboursements/indemnites-journalieres-maladie-maternite-paternite/conge-supplementaire-naissance-indemnites-journalieresConsultée le 1 août 2026
- Congé maternité : les indemnités journalières pour les salariéesAmeli.fr (Assurance Maladie)https://www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres-maladie-maternite-paternite/conge-maternite-salarieeConsultée le 1 août 2026
- Le Smic et le minimum garanti augmentent au 1er juin 2026Urssaf.frhttps://www.urssaf.fr/accueil/actualites/augmentation-smic.htmlConsultée le 1 août 2026
- Le congé supplémentaire de naissanceFrance Travailhttps://www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/allocations-et-aides--les-repons/le-conge-supplementaire-de-naiss.htmlConsultée le 1 août 2026
- LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026Légifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000053226384/Consultée le 1 août 2026
Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.



