Vous enchaînez les cachets, les contrats courts, les employeurs différents. Personne ne vous parle jamais de vos congés payés. Et pourtant : à chaque bulletin de paie, une somme est mise de côté pour vous. Elle ne part pas dans le vide. Elle vous attend.

Mais attention : cet argent ne tombe pas tout seul sur votre compte. Le régime des congés spectacles est quérable — un mot compliqué pour dire une chose simple : c'est à vous d'aller le réclamer, chaque année, sinon vous le perdez.

Dans cet article, vous allez comprendre d'où vient cet argent, combien vous pouvez toucher, à quelles dates faire votre demande, et quels pièges vous coûtent chaque année des congés que vous avez pourtant gagnés.

Sommaire de l'article
  1. Un régime de congés à part
  2. Qui a droit aux congés spectacles
  3. Comment vous cotisez à chaque cachet
  4. Où passe la cotisation de 15,5 %
  5. Le calendrier : avril → mars
  6. Combien vous allez toucher
  7. Faire votre demande, étape par étape
  8. Les pièges qui vous coûtent vos congés
  9. Congés, chômage, retraite : ne pas confondre
  10. Se former entre deux contrats

01Un régime de congés à part

Un salarié classique en CDI pose ses congés, part en vacances, et continue à toucher son salaire pendant qu'il n'est pas là. Simple. Il acquiert au minimum 2,5 jours de congés payés par mois de travail, et son employeur les lui paie.1

Pour vous, intermittent, ce schéma ne marche pas. Par définition, vous êtes lié à plusieurs employeurs. Un cachet ici, trois jours de plateau là-bas, une tournée le mois suivant. Lequel de ces employeurs devrait vous payer vos vacances ? Aucun ne vous emploie assez longtemps pour ça. Il a donc fallu inventer un système parallèle, prévu par des textes spécifiques du code du travail — les articles D. 7121-28 et suivants.1

Ce système repose sur une caisse commune. Plutôt que de vous verser vos congés directement, chacun de vos employeurs verse une cotisation à une caisse unique. C'est cette caisse qui, ensuite, vous paie vos congés. Le code du travail le dit noir sur blanc : une caisse de congés payés « assure le service des congés annuels au personnel artistique et technique employé de façon intermittente » et « répartit entre ces entreprises les charges résultant de l'attribution des congés payés ».2

Cette caisse, c'est la Caisse des Congés Spectacles. Elle a été créée en 1939, pour garantir des congés payés aux artistes et techniciens qui n'ont pas été employés de manière continue chez un même employeur pendant les douze mois précédant leur demande.1 Depuis février 2014, c'est le groupe Audiens qui la gère pour le compte de la caisse.1 C'est donc à Audiens que vous aurez affaire concrètement — mais le cadre reste celui de la loi.

L'idée est astucieuse quand on y réfléchit. Vos congés ne dépendent plus d'un seul employeur qui pourrait ne pas les honorer, ou disparaître à la fin de la production. Ils sont mutualisés. Chaque cachet que vous jouez, chaque journée de plateau alimente un compteur unique à votre nom, indépendamment du nombre d'employeurs et de la brièveté de vos contrats. Que vous ayez travaillé pour vingt productions dans l'année ou pour trois, le mécanisme reste le même : la caisse additionne tout et vous verse une indemnité globale, une fois par an.

À retenir

Vos congés d'intermittent ne sont pas payés par vos employeurs, mais par une caisse commune, gérée par Audiens. Vos employeurs cotisent, la caisse vous verse. C'est un régime prévu par le code du travail, distinct de celui des salariés permanents.

 Salarié permanent (CDI)Intermittent du spectacle
Qui paie les congésL'employeur, directementLa caisse des Congés Spectacles (Audiens)
Acquisition2,5 jours par mois travaillé1Une cotisation à chaque contrat1
VersementSalaire maintenu pendant les congésIndemnité versée sur demande, une fois par an
DémarchePoser ses datesRéclamer chaque année (droit quérable)6
Ce que dit le texteArticle D. 7121-38 du code du travail
« Une caisse de congés payés assure le service des congés annuels au personnel artistique et technique employé de façon intermittente dans les entreprises mentionnées aux articles D. 7121-28 et D. 7121-29. Cette caisse répartit entre ces entreprises les charges résultant de l'attribution des congés payés. »
Source : Légifrance

02Qui a droit aux congés spectacles

La règle est large, et c'est une bonne nouvelle. Vous avez droit aux congés spectacles dès lors que vous êtes artiste ou technicien du spectacle, employé en CDD de moins de 12 mois, dans le spectacle vivant, l'audiovisuel ou le cinéma.3

Peu importe que vous soyez sur scène ou dans l'ombre : comédien, musicien, danseur, circassien, mais aussi régisseur, ingénieur du son, machiniste, chef opérateur, costumier. Peu importe aussi que vous travailliez de manière ponctuelle ou régulière. Ce qui compte, c'est le cadre : un CDD de moins de douze mois dans ces secteurs.7 Un intermittent qui ne fait que quelques dates dans l'année ouvre des droits, tout comme celui qui enchaîne les tournages. Le montant sera différent, proportionnel à ce qui a été cotisé, mais la porte est ouverte pour tous.7

Le régime ne regarde ni votre nationalité, ni la nature exacte de votre contrat. CDD de droit commun, CDD d'usage (le fameux « CDDU » de l'intermittence) : dans tous les cas, la cotisation congés est due et le droit s'ouvre.1

Et du côté des employeurs ?

Sont concernés tous les entrepreneurs de spectacles, les sociétés de production cinématographique, de production et de communication audiovisuelles.7 Pour ces employeurs professionnels, l'affiliation à la caisse est automatique dès lors qu'ils ont adhéré à Audiens pour la retraite complémentaire.6 Vous n'avez donc aucune démarche à faire pour être « inscrit » : c'est le premier employeur du secteur qui vous embauche qui déclenche mécaniquement votre entrée dans le régime, via ses propres obligations. De votre côté, il vous suffira, le moment venu, de réclamer ce qui a été cotisé.

Il existe un cas particulier : celui de l'employeur occasionnel ou non professionnel du spectacle. Une mairie qui organise un concert, une association, un restaurant qui programme un groupe le samedi soir. Ceux-là ne passent pas directement par Audiens : ils déclarent et cotisent au titre des congés payés via le Guso, le Guichet unique du spectacle occasionnel.6 Le Guso s'adresse justement aux employeurs qui n'ont pas pour activité principale la diffusion ou la production de spectacles.9 Pour vous, le résultat est le même : vos congés sont bien cotisés, et vous les récupérerez auprès d'Audiens.

À retenir

Si vous êtes artiste ou technicien en CDD de moins de 12 mois dans le spectacle vivant, le cinéma ou l'audiovisuel, vous avez droit aux congés spectacles. Que votre employeur soit un producteur professionnel ou une mairie passant par le Guso ne change rien pour vous.

03Comment vous cotisez à chaque cachet

Regardez un de vos bulletins de paie. Cherchez une ligne « Congés spectacles ». Elle y est presque toujours. Une cotisation congés est calculée sur chaque bulletin d'artiste ou de technicien embauché en CDD de moins de 12 mois.1 C'est cette ligne, mois après mois, contrat après contrat, qui construit vos droits. Beaucoup d'intermittents la voient passer sans savoir à quoi elle correspond. Vous, désormais, vous savez : c'est votre future indemnité de congés qui se met en place, cachet après cachet.

Point crucial : cette cotisation est uniquement à la charge de l'employeur. Elle ne sort pas de votre poche, elle ne réduit pas votre net.1 Le code du travail encadre précisément cette cotisation : « La cotisation versée par l'employeur affilié à la caisse de congés payés est déterminée par un pourcentage du montant des salaires et appointements payés au personnel intéressé. »2

Ce pourcentage, c'est le taux d'appel. Depuis le 1er avril 2023, il est fixé à 15,5 % du salaire brut.8 Il était auparavant de 15,40 %.1 Pour l'exercice congés en cours — du 1er avril 2026 au 31 mars 2027 — le taux reste à 15,5 %.8 Sur les bulletins de paie 2026, on lit ainsi, pour un cachet brut de 400 €, une cotisation Congés spectacles de 62 € (400 × 15,5 %).8

La cotisation est calculée sur les salaires bruts perçus sur la période de référence, avant toute déduction. Cette base peut toutefois être plafonnée selon des plafonds conventionnels propres à certaines conventions collectives.5

Le certificat d'emploi : votre preuve

À la fin de chaque contrat, votre employeur doit vous remettre un bulletin de paie et un certificat d'emploi.6 Ce certificat doit vous être remis à l'issue de votre contrat de travail, ou au 31 mars si le contrat est encore en cours à cette date.6 L'employeur transmet en parallèle l'information à la caisse via la Déclaration Sociale Nominative (DSN).6 C'est ce flux de déclarations qui alimente votre compteur de droits chez Audiens.

À retenir

La cotisation congés (15,5 % du brut depuis avril 2023) est payée à 100 % par votre employeur, pas par vous. Gardez précieusement vos certificats d'emploi : ce sont vos preuves si un droit venait à manquer.

Ce que dit le texteArticle D. 7121-44 du code du travail
« La cotisation versée par l'employeur affilié à la caisse de congés payés est déterminée par un pourcentage du montant des salaires et appointements payés au personnel intéressé et, si le règlement intérieur de la caisse le prévoit, des salaires qu'il aurait perçus s'il avait travaillé pendant les périodes mentionnées au 5° et 7° de l'article L. 3141-5. Le règlement intérieur de la caisse détermine le pourcentage, les périodes et les modes de versement des cotisations ainsi que les justifications dont ce versement est accompagné. »
Source : Légifrance

04Où passe la cotisation de 15,5 %

Voilà une question qui revient souvent : « Si mon employeur verse 15,5 %, je devrais toucher 15,5 % de congés, non ? » Non. Et il est important de comprendre pourquoi, sinon le montant que vous recevrez risque de vous décevoir à tort.

Les 15,5 % ne financent pas que votre indemnité. Ils couvrent trois choses à la fois : le brut de votre indemnité de congés, la part patronale des cotisations sociales sur cette indemnité, et les frais de gestion de la caisse.1

Prenons l'exemple donné par Audiens, remis au taux actuel. Sur un cachet brut de 400 €, l'employeur verse 62 € à la caisse (les 15,5 %).8 Sur ces 62 € :

  • L'indemnité de congés payés est égale à 10 % du salaire de référence, soit 10 % de 400 = 40 € de brut pour vous.1
  • Il reste environ 22 € pour financer la part patronale des cotisations sociales et les frais de gestion.1

Autrement dit, la règle simple à retenir, c'est celle-ci : votre indemnité de congés spectacles représente environ 10 % de votre salaire de référence brut.1 Les 5,5 % restants ne sont pas « perdus » : ils servent à ce que cette indemnité soit, elle aussi, une vraie rémunération soumise à cotisations, qui ouvre des droits (on y revient plus loin).

Notez au passage que le taux d'appel n'est pas gravé dans le marbre. Il évolue au fil des exercices. Il est passé de 15,40 % à 15,5 % le 1er avril 2023, et il est resté à 15,5 % depuis.18 Pour l'exercice en cours, du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, ce taux de 15,5 % est reconduit.8 Ce qui change d'une année à l'autre, ce n'est pas votre indemnité de 10 %, qui reste la boussole côté salarié, mais la mécanique interne de financement de la caisse. Si un jour vous lisez un ancien document mentionnant 15,40 %, sachez simplement qu'il date d'avant avril 2023.

À retenir

Ne confondez pas le taux de cotisation (15,5 %, payé par l'employeur) et votre indemnité (environ 10 % de votre brut de référence). L'écart finance les charges sociales et la gestion de la caisse.

Schéma de répartition de la cotisation congés spectacles de 15,5 % entre indemnité, charges et frais de gestion
Sur 15,5 % cotisés par l'employeur, environ 10 % reviennent en indemnité brute au salarié ; le reste finance charges sociales et gestion.

05Le calendrier : avril → mars, ne le ratez pas

C'est le point où l'on perd le plus d'intermittents. Le régime des congés spectacles fonctionne sur un calendrier bien précis, décalé par rapport à l'année civile.

La période de référence court du 1er avril d'une année au 31 mars de l'année suivante.1 Tous les contrats que vous avez effectués sur cette période génèrent des droits que vous demanderez ensuite. Chaque année, vous demandez le paiement de vos congés au titre des activités exercées du 1er avril de l'année n au 31 mars de l'année n+1.1

Ensuite vient la fenêtre de demande. Vous pouvez déposer votre demande à partir de la mi-avril.4 La caisse verse les indemnités à compter du 1er mai de l'année n+1.1 Deux contraintes de délai à ne jamais oublier :

  • Vous devez faire votre demande au minimum 15 jours avant la date de début de vos congés.3
  • Vous devez la faire au plus tard le 31 mars de l'année suivante.3

Ce 31 mars est une date couperet. Passé ce délai, vous risquez de perdre les congés de la période concernée. C'est toute la logique du droit quérable : personne ne vous relancera à votre place, c'est à vous de faire la démarche.6

ÉtapeQuand
Période de référence (vos contrats comptent)1er avril → 31 mars de l'année suivante1
Ouverture des demandesÀ partir de la mi-avril4
Délai minimum avant vos congés15 jours3
Début des versementsÀ compter du 1er mai1
Date limite de demande31 mars de l'année suivante3
À retenir

Bloquez une date dans votre agenda : chaque année, à partir de la mi-avril, faites votre demande de congés spectacles. Vous avez jusqu'au 31 mars suivant, mais plus tôt vous demandez, plus tôt vous êtes payé.

Frise chronologique du calendrier des congés spectacles, du 1er avril au 31 mars, avec la fenêtre de demande à partir de mi-avril
Le calendrier annuel des congés spectacles : période de référence, ouverture des demandes à la mi-avril, versements dès le 1er mai, date limite au 31 mars.

06Combien vous allez toucher

Le montant de votre indemnité est calculé à partir des déclarations de vos employeurs, qui cotisent à chacun de vos cachets.3 Autrement dit : plus vous avez travaillé et déclaré de salaire sur la période de référence, plus votre indemnité est élevée. Il n'y a pas de miracle, mais il n'y a pas non plus de perte : tout ce qui a été cotisé vous revient sous forme d'indemnité.

La formule de base, on l'a vue : environ 10 % du salaire de référence brut de la période.1 Cette indemnité vous est versée par virement bancaire, sur le compte de votre choix.4 Vous recevez en parallèle une attestation de paiement, qui récapitule vos droits.1

Un cas concret

Prenons un technicien cadre. Sur sa période de référence, ses activités ouvrant droit à indemnité représentent un salaire de référence de 28 339 €. Son indemnité brute de congés payés s'élève alors à 2 833,90 € — soit très exactement les 10 % annoncés.1 C'est le montant brut qui figure sur son attestation de paiement. Prenez maintenant le cas d'un musicien qui aurait alterné une petite tournée, quelques dates isolées et deux sessions d'enregistrement sur l'année. Chacun de ces employeurs a cotisé sa ligne Congés spectacles. Le musicien n'a jamais fait le total lui-même : c'est la caisse qui l'a fait pour lui, à partir des déclarations reçues. Le jour où il demande ses congés, il découvre le montant consolidé de tous ces cachets réunis. C'est là toute la force de la mutualisation : là où une multitude de contrats courts donnerait, employeur par employeur, des sommes dérisoires, la caisse en fait une indemnité annuelle qui a du sens.

Traduisez cet exemple à votre échelle. Si vous avez déclaré 12 000 € de salaires sur l'année de référence, votre indemnité brute tournera autour de 1 200 €. Si vous avez déclaré 20 000 €, comptez environ 2 000 € brut. La logique est proportionnelle et transparente.1

Un mot sur le brut et le net. Le montant qui figure sur votre attestation de paiement est un montant brut. Comme cette indemnité est traitée comme une véritable rémunération, elle supporte des cotisations et de la CSG, et le net crédité sur votre compte sera un peu inférieur au brut affiché.3 Ne soyez donc pas surpris de l'écart : ce n'est pas une erreur de la caisse, c'est le fonctionnement normal de toute rémunération. En contrepartie, ces cotisations ne partent pas en fumée : elles nourrissent vos droits sociaux.

À retenir

Règle mentale simple : votre indemnité de congés spectacles ≈ 10 % de vos salaires bruts déclarés sur la période de référence. Un salaire de référence de 28 339 € donne 2 833,90 € brut.

07Faire votre demande, étape par étape

La démarche est plus simple qu'il n'y paraît. Vous avez deux moyens de demander vos congés.

1. En ligne (le plus rapide)

Vous passez par votre espace personnel Congés Spectacles sur le site d'Audiens. Pour vous connecter, il vous faut votre numéro d'immatriculation.4 C'est ce numéro qui vous identifie dans le régime, alors notez-le une bonne fois pour toutes. Dans votre espace, vous visualisez vos droits, vous indiquez vos dates de congés, et vous renseignez le compte bancaire sur lequel vous voulez être payé.

2. Par courrier

Si vous préférez le papier, la caisse vous adresse un formulaire pré-rempli. Vous le renvoyez complété à l'adresse : Audiens - Indemnités de congés payés – TSA 90406 - 92177 Vanves Cedex.4 Le fait que le formulaire soit pré-rempli est un vrai confort : la caisse connaît déjà les cotisations reçues à votre nom, vous n'avez pas à reconstituer vous-même l'historique de vos contrats. Vous vérifiez, vous complétez ce qui manque, vous signez, vous renvoyez.

Dans les deux cas

  • Respectez le délai des 15 jours minimum avant le début de vos congés.3
  • Vérifiez que vos coordonnées bancaires sont à jour : le paiement se fait par virement.4
  • Conservez l'attestation de paiement que la caisse vous délivre : elle vous servira de justificatif, notamment auprès de l'administration.1

Rappel qui vaut de l'or : les congés payés sont quérables. C'est à vous, salarié intermittent, d'en faire la demande chaque année à partir de la mi-avril.6 Aucun employeur, aucune caisse ne le fera à votre place.

Un dernier conseil pratique : ne calez pas votre demande à la dernière minute. Le versement démarre à compter du 1er mai.1 Plus vous déposez tôt dans la fenêtre qui s'ouvre à la mi-avril, plus votre argent arrive vite. À l'inverse, une demande envoyée fin mars, juste avant le couperet, vous expose à un dossier incomplet, un RIB à corriger, un justificatif manquant — et le délai qui se referme. Traitez cette démarche comme un rendez-vous annuel fixe, au même titre que votre déclaration d'impôts.

08Les pièges qui vous coûtent vos congés

Chaque année, des intermittents laissent filer des congés qu'ils avaient pourtant gagnés. Ce n'est pas une question d'argent difficile à obtenir : la caisse ne demande qu'à payer. C'est presque toujours une question d'habitude non prise, ou d'idée fausse. Voici les erreurs les plus fréquentes — et comment les éviter.

Oublier de demander (le grand classique)

C'est le piège numéro un. Comme le droit est quérable, si vous ne demandez rien, vous ne touchez rien.6 Et la fenêtre a une fin : le 31 mars de l'année suivante.3 Mettez un rappel récurrent chaque printemps.

Attendre l'employeur pour être payé

Certains pensent que c'est leur dernier employeur qui doit régler les congés. Faux. L'employeur ne verse jamais directement l'indemnité de congés : il cotise à la caisse, et c'est la caisse qui paie.1 Si vous attendez un virement de votre production, vous attendrez longtemps.

Perdre ses certificats d'emploi

Le certificat d'emploi est votre preuve de fin de contrat, remis à l'issue de chaque contrat (ou au 31 mars si le contrat est en cours).6 Rangez-les, scannez-les. En cas de doute sur un droit manquant, ils font foi.

Ne pas vérifier ses coordonnées bancaires

Le paiement se fait par virement sur le compte de votre choix.4 Un RIB périmé, et votre indemnité reste bloquée. Mettez vos coordonnées à jour dans votre espace personnel avant chaque demande.

Ignorer le cas Guso

Si vous avez travaillé pour un employeur occasionnel (mairie, association, restaurant), il a cotisé vos congés via le Guso, pas directement via Audiens.9 Vérifiez que ces contrats apparaissent bien dans vos droits.

À retenir

Le pire ennemi de vos congés spectacles, c'est l'oubli. Un rappel annuel au printemps, des certificats d'emploi bien rangés, un RIB à jour : trois réflexes qui sécurisent chaque euro cotisé pour vous.

09Congés, chômage, retraite : ne pas confondre

Dans la vie d'un intermittent, plusieurs enveloppes cohabitent, et il est facile de tout mélanger. Faisons le tri, car les congés spectacles ne sont ni votre allocation chômage, ni votre retraite — mais ils interagissent avec elles.

Ce ne sont pas vos allocations France Travail

L'indemnité de congés spectacles versée par Audiens n'a rien à voir avec l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) que verse France Travail au titre des annexes 8 et 10. Deux organismes, deux logiques, deux calendriers. Les congés spectacles couvrent uniquement vos congés payés ; l'ARE couvre vos périodes sans contrat.3

Mais votre indemnité ouvre des droits

Bonne nouvelle : l'indemnité de congés n'est pas une somme « à côté ». Elle entre dans le calcul des cotisations sociales et ouvre donc des droits à prestations — assurance maladie, retraite de base et complémentaire.3 C'est précisément pour ça que la cotisation de 15,5 % finance aussi la part patronale des charges : votre indemnité de congés est traitée comme une vraie rémunération.1

La règle mentale

Voyez-le comme trois tuyaux distincts qui partent du même travail :

  • Le tuyau congés : Audiens, environ 10 % de votre brut, versé sur demande chaque année.1
  • Le tuyau chômage : France Travail, annexes 8 et 10, pour vos périodes non travaillées.3
  • Le tuyau protection sociale : maladie, retraite, alimentés notamment par vos cotisations — y compris celles assises sur votre indemnité de congés.3

Le calcul exact de vos droits au chômage ne dépend pas de cet article : il se vérifie auprès de France Travail spectacle. Mais retenez que réclamer vos congés spectacles, c'est aussi consolider votre protection sociale globale.

Cette distinction a une conséquence concrète et rassurante : demander et percevoir vos congés spectacles ne vous fait pas renoncer à autre chose. Ce n'est pas un choix entre le chômage et les congés. Les deux coexistent, chacun dans sa logique. Trop d'intermittents hésitent à réclamer leurs congés par crainte d'un effet sur leurs allocations. Gardez en tête que ce sont deux dispositifs séparés, gérés par deux organismes différents. Pour toute question sur l'articulation précise avec votre indemnisation, votre agence France Travail spectacle reste l'interlocuteur qui fait autorité.

10Se former entre deux contrats

Vous voilà au clair sur vos congés spectacles : d'où vient l'argent, combien vous touchez, quand et comment le réclamer. C'est un réflexe administratif à ancrer une fois par an, et il vous rapportera chaque printemps.

Le régime de l'intermittence est fait de ces mécanismes qu'il faut connaître pour ne pas se faire déborder : congés spectacles, ARE, protection sociale, formation. Chacun a ses règles, ses dates, ses interlocuteurs. Plus vous les maîtrisez, plus vous transformez une situation subie en carrière pilotée.

La formation en fait partie. Entre deux contrats, les périodes creuses ne sont pas des temps morts : ce sont des occasions de monter en compétence, de sécuriser vos heures, de vous rendre plus employable. En tant qu'intermittent, vos formations peuvent être prises en charge par votre OPCO, l'AFDAS, sous conditions d'activité.

Le parallèle avec les congés spectacles est frappant. Dans les deux cas, il existe un droit réel, financé, qui vous attend. Dans les deux cas, ce droit ne se déclenche que si vous faites la démarche. Et dans les deux cas, une fois qu'on a compris le mécanisme, ce qui paraissait opaque devient une simple habitude à prendre. Un intermittent qui pilote son statut, c'est un intermittent qui va chercher ce qui lui revient : ses congés au printemps, ses formations quand l'agenda le permet.

Chez Artiste Formation, organisme certifié Qualiopi spécialisé dans les métiers du spectacle et de la musique, nous concevons des parcours pensés pour votre statut et finançables par l'AFDAS. L'idée n'est pas d'ajouter de l'administratif à votre quotidien, mais de le simplifier : comme pour vos congés spectacles, l'essentiel est de savoir quelle porte pousser, et quand.

Avant de demander vos congés spectacles
  • Retrouver mon numéro d'immatriculation Congés Spectacles pour me connecter à mon espace
  • Vérifier que tous mes contrats de la période (1er avril → 31 mars) apparaissent dans mes droits, y compris ceux passés par le Guso
  • Rassembler mes certificats d'emploi de l'année
  • Mettre à jour mes coordonnées bancaires (le paiement se fait par virement)
  • Faire ma demande à partir de la mi-avril, au moins 15 jours avant mes congés
  • Ne pas dépasser le 31 mars de l'année suivante, sous peine de perdre mes droits
  • Conserver l'attestation de paiement délivrée par la caisse

Transformez vos intercontrats en compétences

Vous savez maintenant réclamer vos congés spectacles. La même logique vaut pour votre formation : entre deux contrats, montez en compétence avec des parcours conçus pour les intermittents et finançables par l'AFDAS. Artiste Formation, organisme certifié Qualiopi, vous accompagne pas à pas.

Questions fréquentes

Je n'ai jamais demandé mes congés spectacles depuis des années. Est-ce perdu ?

Le droit est quérable et la date limite de demande est le 31 mars de l'année suivant chaque période de référence.3 Passé ce délai, vous risquez de perdre les congés de la période concernée. Pour votre situation exacte, contactez directement Audiens avec votre numéro d'immatriculation : eux seuls peuvent vous dire ce qui reste réclamable.

Mon employeur me dit qu'il me paiera mes congés à la fin du contrat. C'est normal ?

Non. Dans le régime des congés spectacles, l'employeur ne verse jamais directement votre indemnité de congés : il cotise à la caisse, et c'est la caisse (Audiens) qui vous paie sur votre demande annuelle.1 Ce qu'il doit vous remettre à la fin du contrat, c'est un bulletin de paie et un certificat d'emploi.6

Combien vais-je toucher exactement ?

Votre indemnité brute correspond à environ 10 % de votre salaire de référence brut sur la période du 1er avril au 31 mars.1 Par exemple, un salaire de référence de 28 339 € donne une indemnité brute de 2 833,90 €.1 Le montant exact est calculé à partir des déclarations de tous vos employeurs.3

La cotisation congés est-elle retenue sur mon salaire ?

Non. La cotisation congés spectacles (15,5 % du brut depuis le 1er avril 2023) est exclusivement à la charge de l'employeur.1 Elle ne diminue pas votre net. Vous la voyez apparaître sur votre bulletin de paie côté charges patronales.8

J'ai travaillé pour une mairie et une association. Ces cachets comptent-ils ?

Oui. Ces employeurs occasionnels ou non professionnels du spectacle déclarent et cotisent vos congés via le Guso, le Guichet unique du spectacle occasionnel.69 Vos congés sont donc bien constitués. Vérifiez simplement que ces contrats figurent dans vos droits sur votre espace Audiens.

L'indemnité de congés ouvre-t-elle des droits à la retraite ?

Oui. Cette indemnité entre dans le calcul des cotisations sociales et ouvre donc des droits à prestations, notamment l'assurance maladie et la retraite de base et complémentaire.3 Elle est traitée comme une véritable rémunération.

Sources

Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.

  1. Les Congés Spectacles — Fiche pratiqueAudienshttps://www.audiens.org/files/live/sites/siteAudiens/files/03_documents/entreprise/Fiches-techniques/FP-Conges-Spectacles.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  2. Sous-section 3 : Caisse de congés payés (Articles D7121-38 à D7121-49)Légifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000018499498/Consultée le 20 juillet 2026
  3. Connaître les congés dans le secteur du spectacleFrance Travailhttps://cultureetspectacle.francetravail.fr/je-me-fais-accompagner/conges-spectacleConsultée le 20 juillet 2026
  4. Vos congés spectaclesAudienshttps://www.audiens.org/solutions/vos-conges-spectacles.htmlConsultée le 20 juillet 2026
  5. Déclarer et payer les cotisations Congés SpectaclesAudienshttps://www.audiens.org/solutions/declarer-et-payer-les-cotisations-conges-spectacles.htmlConsultée le 20 juillet 2026
  6. Affiliation à la caisse des Congés SpectaclesAudienshttps://www.audiens.org/solutions/affiliation-a-la-caisse-des-conges-spectacles.htmlConsultée le 20 juillet 2026
  7. Les Congés SpectaclesAudienshttps://www.audiens.org/solutions/les-conges-spectacles.htmlConsultée le 20 juillet 2026
  8. Nouveautés réglementaires 2026 — Web-conférence Audiens (illustration bulletin de paie)Audienshttps://www.audiens.org/files/live/sites/siteAudiens/files/06_medias/entreprise/Webconferences/Web-conf-Audiens-Nouveautes-reglementaires-2026.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  9. Accueil — Guichet unique du spectacle occasionnel (Guso)Gusohttps://guso.fr/information/accueilConsultée le 20 juillet 2026
Artiste Formation

L'équipe Artiste Formation

Rédaction · Spécialistes du spectacle

Artiste Formation est un organisme de formation certifié Qualiopi dédié aux métiers du spectacle et de la musique. Nos guides sont écrits à partir des textes officiels — code du travail, règlement d'assurance chômage, annexes 8 et 10, documentation France Travail, AFDAS, Audiens — puis relus source par source avant publication.

Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.