Vous connaissez vos 507 heures par cœur. Mais que se passe-t-il le jour où vous tombez malade en pleine tournée ? Où vous attendez un enfant ? Où un accident vous cloue trois mois ? Là, ce n'est plus France Travail qui entre en jeu, mais votre protection sociale — et beaucoup d'intermittents découvrent ses règles au pire moment, quand ils en ont besoin.
Le sujet fait peur parce qu'il est éclaté entre deux organismes : la Sécurité sociale d'un côté, le groupe Audiens de l'autre. Chacun couvre une partie, à ses propres conditions, avec ses propres seuils d'heures ou de cachets. Résultat : on ne sait jamais vraiment qui paie quoi, ni si on y a droit.
Cet article remet de l'ordre. Étage par étage, avec les chiffres officiels de 2026 vérifiés à la source, vous allez comprendre comment ouvrir vos droits maladie et maternité, à partir de quand vous êtes indemnisé, ce que la prévoyance ajoute par-dessus, et comment garder une complémentaire santé sans vous ruiner. À la fin, vous saurez exactement à qui vous adresser et à quelles conditions.
Sommaire de l'article
- Deux étages : la Sécu et Audiens
- Ouvrir vos droits : heures et cachets
- Arrêt maladie : les indemnités de la Sécu
- La prévoyance Audiens : le 2e étage
- Maternité : congé et indemnisation
- Paternité et accueil de l'enfant
- Votre complémentaire santé
- Les Congés Spectacles
- Un cas concret : l'arrêt de Karim
- Rester couvert toute l'année
01Deux étages : la Sécu et Audiens
Quand on est intermittent, on pense d'abord aux 507 heures et à France Travail. Mais la protection sociale, c'est un tout autre chapitre : c'est ce qui vous couvre quand vous tombez malade, quand vous attendez un enfant, quand un accident vous arrête. Et là, deux organismes entrent en jeu, à deux étages différents.
Le premier étage, c'est la Sécurité sociale. Comme tout salarié, l'artiste ou le technicien du spectacle relève du régime général de la Sécurité sociale et s'affilie à la caisse d'assurance maladie de son domicile1. C'est elle qui rembourse vos soins et qui verse les indemnités journalières de base en cas d'arrêt maladie, de maternité, de paternité ou d'invalidité. À ce titre, les intermittents ont droit aux mêmes prestations que les autres salariés, dès lors qu'ils remplissent les conditions1.
Le deuxième étage, c'est le régime professionnel géré par Audiens. Audiens est le groupe de protection sociale du spectacle. Il gère la prévoyance — l'arrêt de travail qui dure, l'invalidité, le décès —, une complémentaire santé dédiée aux intermittents, la retraite complémentaire, et la caisse des Congés Spectacles. Ce régime ne remplace pas la Sécu : il vient par-dessus, là où elle s'arrête ou plafonne3.
Comprendre ces deux étages, c'est comprendre qui paie quoi, et à quel moment. Un arrêt maladie de dix jours ne mobilise que la Sécu. Un arrêt de quatre mois fait entrer Audiens dans la danse. Voici la carte.
| Ce qui vous arrive | Sécurité sociale (1er étage) | Audiens (2e étage) |
|---|---|---|
| Remboursement des soins | Oui, base du régime général | Complémentaire santé (optionnelle) |
| Arrêt maladie court | Indemnités journalières dès le 4e jour | — |
| Arrêt maladie long | Indemnités journalières de base | Indemnités à partir du 91e jour |
| Invalidité, décès | Pension / capital de base | Capital et rentes complémentaires |
| Maternité / paternité | Indemnités journalières | Relais possible avant le congé légal |
| Congés payés | — | Caisse des Congés Spectacles |
Deux étages, jamais un seul. La Sécu couvre les soins et l'arrêt court. Audiens prend le relais sur l'arrêt long, l'invalidité, le décès, la complémentaire santé et les congés payés. Les connaître tous les deux, c'est ne pas se retrouver à découvert.

02Ouvrir vos droits : la question des heures et des cachets
La protection sociale ne tombe pas du ciel parce que vous êtes intermittent. Comme pour l'assurance chômage, il faut ouvrir ses droits : justifier d'un volume d'activité minimum avant l'événement (la maladie, la maternité) pour que la Sécurité sociale vous indemnise. Et ici se cache un piège de vocabulaire qui trompe beaucoup de monde.
Un cachet vaut 16 heures — pas 12
Pour l'assurance chômage, un cachet compte pour 12 heures. Mais pour la Sécurité sociale, ce n'est pas la même règle : un cachet équivaut à 16 heures de travail. Cette conversion figure dans l'arrêté du 4 mai 201712. Ne confondez pas les deux compteurs : vos droits chômage et vos droits maladie ne se calculent pas avec la même conversion.
Combien d'heures pour être indemnisé ?
Les conditions sont celles de tous les salariés. Pour toucher des indemnités journalières maladie pendant les six premiers mois d'arrêt, il faut avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils (ou 90 jours) qui précèdent l'arrêt5. Pour un arrêt qui se prolonge au-delà de six mois, la condition monte à 600 heures sur les 12 mois (ou 365 jours) précédant l'arrêt5.
Traduit en cachets, l'arrêté du 4 mai 2017 fixe des équivalences propres aux artistes et musiciens payés au cachet : il faut justifier de 9 cachets sur la période courte, ou de 36 cachets sur la période longue, selon la prestation demandée2. Ces règles s'appliquent depuis le 1er juin 20172. En clair : environ 9 cachets sur trois mois suffisent à ouvrir des droits maladie courts, 36 cachets sur l'année pour un arrêt long.
Il existe aussi une porte d'entrée par le salaire, et non par les heures : avoir cotisé sur une rémunération suffisante suffit à ouvrir les droits, même si le compte d'heures est juste. C'est une sécurité utile pour les artistes bien rémunérés sur peu de dates5.
Piège classique : le cachet vaut 16 heures pour la Sécu, contre 12 pour le chômage. Comptez 150 heures (ou 9 cachets) sur 3 mois pour un arrêt court, 600 heures (ou 36 cachets) sur l'année pour un arrêt long.
« neuf cachets au cours de la période mentionnée au b de ce 1° [...] trente-six cachets au cours de la période mentionnée au b de ce 2° »Source : Légifrance
03Arrêt maladie : les indemnités journalières de la Sécu
Vous vous cassez le poignet, vous attrapez un mauvais virus en tournée, un médecin vous arrête. Que touchez-vous, et à partir de quand ? C'est le premier étage qui répond : les indemnités journalières (IJ) versées par l'Assurance maladie.
Le délai de carence de 3 jours
Vous n'êtes pas indemnisé dès le premier jour d'arrêt. Un délai de carence de 3 jours s'applique à chaque arrêt maladie : si votre arrêt commence le 1er du mois, les indemnités ne débutent qu'au 4e jour5. Ces trois premiers jours ne sont pas payés par la Sécu — et l'intermittent, sans employeur permanent pour les compenser, les perd le plus souvent.
Combien : 50 % du salaire journalier de base
L'indemnité journalière maladie est égale à 50 % du salaire journalier de base5. Ce salaire de référence se calcule, pour un salarié mensualisé, en divisant le total des derniers salaires bruts par un nombre de jours ; pour un intermittent au travail discontinu, le calcul s'appuie sur les 12 mois qui précèdent l'arrêt, pour lisser l'irrégularité des cachets5.
Attention au plafond, car il change tout. Le salaire pris en compte est limité à 1,4 fois le SMIC mensuel6. Concrètement, l'indemnité journalière maladie est plafonnée à environ 42 € bruts par jour en 2026 — précisément 41,95 € pour un arrêt débutant en janvier 2026, montant revalorisé en cours d'année avec le SMIC6. Autrement dit, même un artiste bien payé ne touchera pas plus de ce plafond au titre de la Sécu. C'est précisément là que le deuxième étage prend son sens.
Trois jours de carence non payés, puis 50 % de votre salaire de base, plafonné à environ 42 € bruts par jour en 2026. Pour un cachet régulier, c'est peu : la prévoyance Audiens est là pour combler l'écart sur les arrêts qui durent.
« L'indemnité journalière est égale à 50 % du salaire journalier de base. »Source : service-public.fr
04La prévoyance Audiens : le deuxième étage
La Sécu couvre le court terme. Mais que se passe-t-il si l'arrêt s'éternise — trois mois, six mois, un an ? Ou si l'accident laisse des séquelles ? C'est le rôle de la prévoyance collective des intermittents, gérée par Audiens. Elle est financée par les cotisations que vos employeurs versent à chaque cachet, et vous n'avez rien à souscrire : elle est automatique dès lors que vous cotisez.
La condition : avoir cotisé dans les 24 derniers mois
Vous êtes couvert, pendant ou en dehors de vos périodes de travail, dès lors qu'un employeur du spectacle vivant, de l'audiovisuel ou de l'édition phonographique a cotisé pour vous au moins une fois au cours des 24 mois précédant le sinistre3. Une seule cotisation dans les deux ans suffit à maintenir la couverture : c'est une protection large, pensée pour l'intermittence.
Les indemnités à partir du 91e jour
La prévoyance ne double pas la Sécu sur les petits arrêts. Elle intervient sur la durée : les indemnités journalières complémentaires sont versées à partir du 91e jour d'arrêt de travail ouvrant droit aux prestations de la Sécurité sociale3. Leur montant est fixé à 20 % de la rémunération de base ayant donné lieu à cotisations (sur la tranche 1), avec un minimum garanti par jour3. C'est un complément qui vient s'ajouter aux 50 % de la Sécu quand l'arrêt se prolonge.
Invalidité et décès
La prévoyance ne s'arrête pas à l'arrêt de travail. Elle couvre aussi3 :
- L'invalidité permanente totale, qui donne lieu au versement d'un capital calculé à partir de votre rémunération annuelle.
- Le décès, avec un capital versé à vos proches et des rentes d'éducation pour chaque enfant à charge.
Ce sont des garanties auxquelles on ne pense jamais — jusqu'au jour où elles font la différence pour une famille. Elles existent parce que vous cotisez à chaque contrat, sans démarche de votre part.
La prévoyance Audiens couvre l'arrêt long (à partir du 91e jour), l'invalidité et le décès. Une seule cotisation employeur dans les 24 derniers mois suffit à vous maintenir couvert, sans rien souscrire.
05Maternité : congé et indemnisation
Attendre un enfant quand on est intermittente soulève une angoisse concrète : vais-je toucher quelque chose, et combien de temps vais-je devoir arrêter ? La bonne nouvelle, c'est que le congé maternité des intermittentes suit les mêmes règles que celui de toutes les salariées, avec une couche spectacle en plus.
La durée du congé
La durée du congé maternité dépend du nombre d'enfants. Pour un premier ou un deuxième enfant, il est de 16 semaines : 6 avant l'accouchement, 10 après. À partir du troisième enfant, il passe à 26 semaines (8 avant, 18 après). Pour des jumeaux, 34 semaines ; pour des triplés ou plus, 46 semaines10. Ce congé est en partie obligatoire : vous devez cesser de travailler au moins 8 semaines au total, dont 6 après l'accouchement10.
Les conditions pour être indemnisée
Pour toucher les indemnités journalières maternité, il faut, à la date du début du congé, justifier de l'une de ces situations : 6 mois d'affiliation à la Sécurité sociale, ou 150 heures travaillées dans les 3 mois précédents, ou 600 heures sur l'année pour une activité discontinue7. Pour les intermittentes payées au cachet, l'équivalence de l'arrêté du 4 mai 2017 s'applique : 9 cachets sur 3 mois ou 36 cachets sur 12 mois2.
Combien, et sans carence
Point capital : contrairement à l'arrêt maladie, il n'y a aucun délai de carence pour la maternité. L'indemnité est versée dès le premier jour du congé, pour tous les jours calendaires7. Son montant maximum est de 104,02 € par jour au 1er janvier 20266 — soit un plafond bien plus généreux que celui de la maladie.
Le relais Audiens avant le congé légal
La prévoyance ajoute un filet spécifique à la grossesse : en cas d'incapacité de travail liée à la grossesse avant le début du congé maternité, Audiens verse une indemnité à partir du 61e jour d'arrêt, jusqu'au congé légal3. Une grossesse difficile qui vous arrête tôt n'est donc pas laissée sans réponse.
16 semaines pour un premier enfant, indemnisées sans carence jusqu'à 104,02 € par jour en 2026. Il faut 9 cachets sur 3 mois (ou 36 sur l'année) pour ouvrir les droits. Et Audiens peut prendre le relais avant le congé si la grossesse vous arrête.
06Paternité et accueil de l'enfant
Le second parent aussi a des droits, et ils se sont nettement renforcés ces dernières années. Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant s'adresse au père salarié ou au conjoint (ou partenaire de Pacs, ou concubin) de la mère, quel que soit son statut — l'intermittent y a droit comme les autres salariés.
Les conditions d'ouverture
Comme pour la maternité, il faut, à la date du congé, justifier de 6 mois d'affiliation à la Sécurité sociale, ou avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédents (ou l'équivalent en cachets selon l'arrêté du 4 mai 2017)92. Autrement dit, un intermittent qui a un minimum d'activité récente ouvre ses droits sans difficulté.
Le montant de l'indemnité
Pendant le congé de paternité, la Sécurité sociale verse une indemnité journalière dont le montant maximum est, comme pour la maternité, de 104,02 € par jour au 1er janvier 202696. L'indemnité est calculée sur les salaires des mois précédant le congé, dans la limite du plafond9.
Un point à anticiper quand on est intermittent : le congé de paternité suppose de poser une période sans contrat. Pensez à caler vos dates de tournée ou de plateau autour de la naissance, et à prévenir vos employeurs, car l'indemnité de la Sécu ne remplace pas un cachet perdu à 100 %. Mieux vaut planifier ce congé comme une vraie parenthèse, budget compris.
Le second parent intermittent ouvre ses droits avec 6 mois d'affiliation ou 150 heures sur 3 mois. L'indemnité maximale est la même que la maternité : jusqu'à 104,02 € par jour en 2026. À planifier autour de vos contrats, car un cachet perdu n'est pas compensé en totalité.
07Votre complémentaire santé : la garantie dédiée aux intermittents
La Sécurité sociale rembourse une partie de vos soins, jamais la totalité. Le reste — le fameux « ticket modérateur », les lunettes, les soins dentaires, l'hospitalisation — se couvre avec une complémentaire santé (la mutuelle). Le salarié permanent l'a via son employeur ; l'intermittent, lui, doit s'organiser. D'où une solution collective dédiée : la Garantie santé intermittents d'Audiens.
Un tarif réduit dès 507 heures
C'est là que vos heures resservent, mais pour un autre usage que le chômage. Pour bénéficier de l'aide du Fonds collectif du spectacle pour la santé et donc d'une cotisation réduite, vous devez justifier d'au moins 507 heures de travail sur l'année civile précédente4. Les justificatifs acceptés sont larges : bulletins de salaire, avis de France Travail, attestations d'employeur mensuelles de l'année passée4.
Concrètement, la différence est nette : la cotisation mensuelle est d'environ 20,03 € par mois au tarif aidé (dès que vous justifiez des 507 heures), contre 46,06 € par mois au tarif standard4. Atteindre les 507 heures ne sert donc pas qu'à l'assurance chômage : cela réduit aussi le coût de votre mutuelle de plus de moitié.
Ce que couvre la garantie
La complémentaire inclut le 100 % santé (lunettes, prothèses dentaires et auditives sans reste à charge), la téléconsultation médicale, des consultations de kinésithérapie ou de diététique, une assistance en cas d'hospitalisation — et, point appréciable pour les familles, une couverture santé gratuite pour vos enfants de moins de 16 ans4.
Vos 507 heures ne servent pas qu'au chômage : elles font passer votre mutuelle Audiens d'environ 46 € à environ 20 € par mois, avec le 100 % santé et la couverture gratuite des enfants de moins de 16 ans.
« justifier d'au moins 507 heures de travail sur l'année civile précédente »Source : Audiens
08Les Congés Spectacles : vos congés payés
Voici une brique de protection que beaucoup d'intermittents oublient de réclamer, alors qu'elle leur revient de droit : les congés payés. Un salarié permanent pose ses congés auprès de son employeur. Mais quand on enchaîne les CDD d'usage sur des dizaines d'employeurs, aucun ne peut vous payer vos congés à lui seul. D'où une caisse mutualisée : la Caisse des Congés Spectacles, gérée par Audiens.
Comment ça marche
La Caisse des Congés Spectacles indemnise les congés payés des salariés du spectacle vivant, de l'audiovisuel et du cinéma employés en CDD de moins de 12 mois8. À chaque cachet, votre employeur verse une cotisation à la caisse. C'est cette caisse, et non chaque employeur, qui vous versera ensuite votre indemnité de congés8.
Le montant de votre indemnité est calculé à partir des déclarations de vos employeurs qui cotisent à chacun de vos cachets8. Vous faites votre demande chaque année à partir de la mi-avril, au moins 15 jours avant votre départ en congé, et jusqu'au 31 mars de l'année suivante8. L'indemnité est versée par virement sur le compte de votre choix8.
Un versement qui n'est pas neutre
Bon à savoir : ces indemnités de congés ne sont pas de l'argent « à part ». Elles entrent dans le calcul de vos cotisations sociales et ouvrent des droits à l'assurance maladie et à la retraite, de base comme complémentaire8. Ne pas réclamer ses Congés Spectacles, c'est laisser de l'argent — et des droits — sur la table.
Vos congés payés existent, même en intermittence : ils sont mutualisés par la Caisse des Congés Spectacles. Demande à partir de mi-avril, au plus tard le 31 mars suivant. Et ces versements ouvrent aussi des droits maladie et retraite.
09Un cas concret : l'arrêt de Karim, ingénieur du son
Rien ne vaut un exemple pour voir les deux étages fonctionner ensemble. Karim est ingénieur du son, intermittent depuis huit ans. En mars 2026, une chute sur un plateau lui vaut une fracture et un arrêt de travail de quatre mois. Il a largement de quoi ouvrir ses droits : plus de 600 heures dans l'année, des cachets réguliers, une cotisation Audiens à chaque contrat. Voici ce qu'il perçoit, étage par étage.
| Période de l'arrêt | Ce qui joue | Ce que touche Karim |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Délai de carence Sécu | Rien |
| Jour 4 au 90e jour | Indemnités journalières Sécu (50 %) | Jusqu'à ~42 € bruts / jour |
| À partir du 91e jour | Sécu + prévoyance Audiens (20 %) | IJ Sécu + complément Audiens |
| Soins (radios, kiné…) | Sécu + complémentaire santé | Reste à charge fortement réduit |
Décortiquons. Les trois premiers jours, personne ne paie : c'est la carence maladie, et Karim, sans employeur permanent, la perd sèchement5. Du 4e au 90e jour, la Sécurité sociale lui verse 50 % de son salaire journalier de base, dans la limite d'environ 42 € bruts par jour en 202656. Pour un technicien habitué à de bons cachets, ce plafond fait mal : il touche nettement moins que son revenu habituel.
C'est au 91e jour que le deuxième étage entre en scène. Comme un employeur a cotisé pour lui dans les 24 derniers mois, la prévoyance Audiens s'ajoute et lui verse une indemnité complémentaire de l'ordre de 20 % de sa rémunération de base3. L'écart avec son revenu se réduit. En parallèle, sa complémentaire santé Audiens lui rembourse ce que la Sécu ne couvre pas sur ses radios et ses séances de kiné4.
La leçon de l'histoire de Karim : sans le deuxième étage, un arrêt de quatre mois l'aurait laissé à 50 % plafonné pendant tout ce temps. C'est la combinaison Sécu + Audiens, et le fait d'avoir cotisé régulièrement, qui amortit vraiment le coup.

10Rester couvert toute l'année
On l'a vu tout au long de cet article : votre protection sociale n'est pas un acquis figé, c'est un droit qui se construit à chaque contrat et qui peut se perdre si vous décrochez. Récapitulons les réflexes qui vous gardent couvert.
- Comptez vos heures pour la Sécu avec la bonne conversion. Un cachet vaut 16 heures pour l'Assurance maladie, pas 1212. Visez 150 heures sur 3 mois pour un arrêt court, 600 heures sur l'année pour un arrêt long5.
- Vérifiez que vos employeurs cotisent bien à Audiens. C'est cette cotisation, à chaque cachet, qui alimente votre prévoyance et vos congés payés3.
- Souscrivez la complémentaire santé et surveillez vos 507 heures. Elles font tomber votre cotisation d'environ 46 € à environ 20 € par mois4.
- N'oubliez pas de réclamer vos Congés Spectacles. C'est de l'argent et des droits qui vous reviennent8.
Le fil rouge de tout cela, c'est l'activité. Une année trop creuse, et ce sont vos 507 heures — donc vos droits chômage, mais aussi votre mutuelle à tarif réduit — qui vacillent. C'est là que la formation devient un vrai outil de sécurité, et pas seulement un moyen de progresser dans son métier.
Une formation professionnelle bien placée dans l'année vous permet à la fois d'acquérir une compétence recherchée — la régie, un logiciel de son, la mise en scène, une technique vocale — et, dans les conditions prévues par la réglementation, de consolider votre volume d'heures au moment où vous en avez besoin4. Chez Artiste Formation, nos parcours sont conçus pour les métiers du spectacle et de la musique, et pensés pour être finançables par l'AFDAS. Se former, c'est développer son talent tout en gardant ses droits solides — et donc sa protection sociale bien accrochée.
Votre protection sociale suit votre activité. Gardez vos heures à jour, vérifiez les cotisations Audiens, réclamez vos congés, et servez-vous de la formation pour sécuriser vos 507 heures avant qu'une année creuse ne fragilise tout.
- Vérifier que vous êtes bien affilié à la caisse d'assurance maladie de votre domicile
- Compter vos heures pour la Sécu avec la bonne conversion : 1 cachet = 16 heures
- Réunir 150 heures (ou 9 cachets) sur 3 mois pour un arrêt court, 600 heures (ou 36 cachets) sur l'année pour un arrêt long
- Contrôler que chaque employeur cotise bien à Audiens à chacun de vos cachets
- Surveiller vos 507 heures pour obtenir la mutuelle Audiens au tarif réduit (~20 € au lieu de ~46 €)
- Souscrire la Garantie santé intermittents et déclarer vos enfants de moins de 16 ans
- Anticiper un congé maternité ou paternité autour de vos dates de contrat
- Réclamer vos Congés Spectacles chaque année, entre mi-avril et le 31 mars suivant
- Garder ses bulletins de paie et attestations employeur comme justificatifs
Gardez vos droits solides avec une formation qui compte
Vos 507 heures conditionnent à la fois votre allocation, votre mutuelle à tarif réduit et une partie de votre protection sociale. Nos parcours pour les métiers du spectacle et de la musique sont finançables par l'AFDAS : bien placés dans l'année, ils développent vos compétences tout en sécurisant votre volume d'heures. Parlons de votre projet.
Questions fréquentes
Un cachet, ça compte pour combien d'heures pour la Sécurité sociale ?
Pour la Sécurité sociale, un cachet équivaut à 16 heures de travail, selon l'arrêté du 4 mai 2017. Attention à ne pas confondre : pour l'assurance chômage (les 507 heures), un cachet ne vaut que 12 heures. Ce sont deux compteurs différents, avec deux conversions différentes.
À partir de quand suis-je indemnisé en cas d'arrêt maladie ?
Un délai de carence de 3 jours s'applique : la Sécurité sociale ne verse d'indemnités qu'à compter du 4e jour d'arrêt. L'indemnité est ensuite égale à 50 % de votre salaire journalier de base, plafonnée à environ 42 € bruts par jour en 2026. Si l'arrêt dépasse 90 jours, la prévoyance Audiens ajoute un complément à partir du 91e jour.
Je suis intermittente et enceinte : ai-je droit au congé maternité ?
Oui, dans les mêmes conditions que toute salariée. Il faut justifier de 6 mois d'affiliation, ou de 150 heures travaillées dans les 3 mois précédents, ou de l'équivalent en cachets (9 cachets sur 3 mois, 36 sur l'année). Le congé va de 16 semaines pour un premier enfant à 46 semaines pour des triplés, indemnisé sans délai de carence jusqu'à 104,02 € par jour en 2026.
Pourquoi ma mutuelle Audiens est-elle plus chère que celle d'un collègue ?
Le tarif de la Garantie santé intermittents dépend de vos heures. Si vous justifiez d'au moins 507 heures de travail sur l'année civile précédente, vous bénéficiez du tarif aidé, autour de 20 € par mois. Sans ces heures, vous payez le tarif standard, autour de 46 € par mois. Votre collègue a sans doute franchi le seuil des 507 heures, pas vous.
Qu'est-ce que les Congés Spectacles et comment les toucher ?
Ce sont vos congés payés, mutualisés dans une caisse dédiée (gérée par Audiens) parce qu'aucun employeur en CDD de moins de 12 mois ne peut vous les payer seul. À chaque cachet, l'employeur cotise ; vous faites ensuite votre demande chaque année, à partir de la mi-avril et jusqu'au 31 mars suivant, et l'indemnité vous est versée par virement. Ces sommes ouvrent aussi des droits maladie et retraite.
Que se passe-t-il si un employeur n'a pas cotisé pour moi ?
Pour la prévoyance Audiens, il suffit qu'un employeur du spectacle ait cotisé au moins une fois dans les 24 mois précédant le sinistre pour que vous restiez couvert. Une seule cotisation sur deux ans maintient donc la couverture. En revanche, si vous constatez qu'un contrat n'a pas été déclaré, réclamez-le : c'est aussi ce qui alimente vos droits maladie, retraite et congés.
Sources
Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.
- Artiste du spectacle : vos droits et démarchesAssurance Maladie (ameli.fr)https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/salaries-travailleurs-independants-personnes-sans-emploi/emploi-independant-non-salarie/intermittent-spectacleConsultée le 20 juillet 2026
- Arrêté du 4 mai 2017 précisant les conditions d'ouverture de droit des prestations maladie, maternité, invalidité, décès pour les artistes et musiciens du spectacle rémunérés au cachetLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000034598815/Consultée le 20 juillet 2026
- Intermittents : la prévoyance, de l'arrêt de travail au décèsAudienshttps://www.audiens.org/solutions/intermittents-prevoyance-arret-travail-deces.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Garantie Santé Intermittents : une couverture santé complèteAudienshttps://www.audiens.org/solutions/garantie-sante-intermittents-du-spectacle-une-couverture-sante-complete.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié (F3053)service-public.frhttps://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3053Consultée le 20 juillet 2026
- Arrêts de travail — Indemnités journalières de la Sécurité sociale : montants en 2026service-public.frhttps://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18779Consultée le 20 juillet 2026
- Congé maternité : les indemnités journalières pour les salariéesAssurance Maladie (ameli.fr)https://www.ameli.fr/paris/assure/remboursements/indemnites-journalieres-maladie-maternite-paternite/indemnites-journalieres-et-prestations-maternite-paternite-adoption/conge-maternite-salarieeConsultée le 20 juillet 2026
- Vos Congés SpectaclesAudienshttps://www.audiens.org/solutions/vos-conges-spectacles.htmlConsultée le 20 juillet 2026
- Congé de paternité et d'accueil de l'enfant : les indemnités journalièresAssurance Maladie (ameli.fr)https://www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres-maladie-maternite-paternite/indemnites-journalieres-et-prestations-maternite-paternite-adoption/conge-paternite-accueil-enfantConsultée le 20 juillet 2026
- Congé de maternité d'une salariée du secteur privé (F2265)service-public.frhttps://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2265Consultée le 20 juillet 2026
Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.



