Vous êtes intermittent. Vous avez besoin de 507 heures sur douze mois pour ouvrir ou renouveler vos droits. Et là, un imprévu : un arrêt maladie, une grossesse, un accident. Deux mois sans cachets, sans piges, sans rien. La question tombe tout de suite : est-ce que je viens de perdre mon statut ?

La réponse courte est non, pas automatiquement. Le règlement d'assurance chômage du spectacle prévoit deux mécanismes précis pour que votre période de référence ne se retourne pas contre vous : l'assimilation d'heures et l'allongement de la fenêtre. Encore faut-il savoir lequel s'applique à votre situation, et ce qu'il faut déclarer pour en bénéficier.

Dans cet article, vous allez comprendre exactement comment se compte votre période de référence, ce qui se passe quand un arrêt tombe au mauvais moment, et quels réflexes adopter pour ne rien laisser filer. On s'appuie uniquement sur les textes officiels en vigueur en 2026, cités et datés.

Sommaire de l'article
  1. Pourquoi la période de référence décide de tout
  2. Ce que veut dire « période de référence »
  3. Le problème : l'arrêt qui tombe mal
  4. Deux mécanismes à ne pas confondre
  5. L'allongement de la fenêtre, en pratique
  6. Maternité, adoption, accident du travail : le régime spécial
  7. La date anniversaire et le congé maternité
  8. Pendant l'arrêt : les IJ Sécurité sociale et Audiens
  9. Et le montant ? Le salaire de référence est protégé
  10. Ce que vous pouvez faire dès maintenant

01Pourquoi la période de référence décide de tout

Tout le régime des intermittents tient sur une phrase. Pour ouvrir vos droits, vous devez justifier d'au moins 507 heures de travail au cours des douze mois qui précèdent la fin de votre dernier contrat.1 Ces douze mois, c'est votre période de référence. C'est la fenêtre dans laquelle France Travail va compter vos heures.

Si les 507 heures y sont, vous ouvrez une période d'indemnisation. Si elles n'y sont pas, la porte reste fermée jusqu'à votre prochaine fin de contrat. Tout se joue donc sur ce que contient cette fenêtre de douze mois.

Le calcul est le même que vous soyez artiste ou technicien. Les techniciens relèvent de l'annexe VIII du règlement d'assurance chômage, les artistes de l'annexe X.4 Les deux textes posent la même exigence : 507 heures sur douze mois.2

Maintenant, imaginez que sur ces douze mois, deux soient « mangés » par un arrêt maladie. Deux mois pendant lesquels vous n'avez pas pu travailler, donc pas accumulé d'heures. Sans règle protectrice, votre fenêtre se réduirait mécaniquement à dix mois utiles. C'est exactement le risque que les décalages de la période de référence viennent neutraliser. Comprendre ces décalages, c'est comprendre comment le régime protège les accidents de la vie.

Le mot « décalage » est d'ailleurs celui qui décrit le mieux ce qui se passe. Votre période de référence n'est pas une donnée figée : selon ce que vous avez traversé, elle peut s'étirer dans le temps, ou se remplir différemment. Un intermittent qui n'a jamais été malade a une période de référence « standard » de douze mois. Un intermittent qui a subi un arrêt long a une période de référence décalée, souvent plus large, calculée pour ne pas le pénaliser. Deux intermittents avec le même nombre de dates travaillées peuvent donc avoir des fenêtres de calcul différentes. Ce n'est pas une faveur, c'est une règle écrite, et elle joue en votre faveur dès lors que vous savez la faire valoir.

À retenir

La période de référence, ce sont les 12 mois qui précèdent la fin de votre dernier contrat. Un arrêt de travail dans cette fenêtre n'est pas forcément une perte : le règlement prévoit de le compenser, à condition de le déclarer.

02Ce que veut dire « période de référence » exactement

Soyons précis, parce que la précision, ici, fait la différence entre un dossier accepté et un dossier refusé.

Le texte dit que vous devez justifier de 507 heures « au cours des douze mois qui précèdent la fin du contrat de travail ».1 Le point de départ, ce n'est donc pas la date de votre inscription à France Travail. C'est la date de fin de votre dernier contrat. On remonte douze mois en arrière à partir de là.

Comment vos heures se comptent

Si vous êtes technicien, ce sont vos heures réelles de travail qui sont retenues.1 Si vous êtes artiste et que vous êtes payé au cachet, la conversion se fait sur une base fixe : un cachet vaut douze heures, dans la limite de 28 cachets par mois.2

C'est un point qui a changé et qui mérite votre attention. L'ancienne distinction entre cachets « groupés » (8 heures) et cachets « isolés » (12 heures) a disparu. Dans le règlement en vigueur, tout cachet est converti sur la base de douze heures.2 Si vous aviez en tête l'ancienne règle des 8 heures pour les cachets groupés, mettez-la à jour.

Ce qui compte aussi, en plus des cachets et des heures

La période de référence ne se limite pas au travail « pur ». Le règlement y intègre déjà certaines périodes :

  • les actions de formation, assimilées à des heures de travail dans la limite des deux tiers des 507 heures ;1
  • les heures d'enseignement, retenues dans la limite de 70 heures, portée à 120 heures pour les 50 ans et plus ;1
  • les périodes de suspension du contrat, retenues à raison de cinq heures par journée.1

Autrement dit, votre fenêtre de douze mois est déjà une construction, pas une simple photo de vos bulletins de paie. Les décalages liés à la maladie, la maternité et l'accident s'ajoutent à cette logique. Voyons pourquoi ils sont indispensables.

Ce que dit le texteAnnexe VIII à la convention du 15 novembre 2024, article 3 § 1er
« Les salariés privés d'emploi doivent justifier d'une période d'affiliation d'au moins 507 heures de travail au cours des douze mois qui précèdent la fin du contrat de travail »
Source : Unédic

03Le problème : l'arrêt qui tombe mal

Prenons un cas concret. Léa est comédienne. Sur les douze derniers mois, elle a enchaîné les contrats et elle est à 480 heures fin juin. Il lui manque quelques cachets pour atteindre les 507. Rien d'inquiétant : elle a des dates prévues en septembre.

Sauf qu'en juillet, elle tombe malade. Arrêt de travail de huit semaines, hors de tout contrat. Pendant ces deux mois, zéro cachet. Et pendant ce temps, sa fenêtre de douze mois continue de glisser : les mois les plus anciens, ceux où elle travaillait, sortent de la période de référence par le bas.

Sans mécanisme de protection, Léa perdrait sur les deux tableaux. Elle ne gagne pas d'heures pendant son arrêt, et elle en perd d'anciennes qui sortent de la fenêtre. Un arrêt maladie subi, c'est-à-dire quelque chose qu'elle n'a pas choisi, se transformerait en perte sèche de droits. Ce serait profondément injuste.

C'est précisément ce que le règlement corrige. Deux outils différents existent, et il est capital de ne pas les confondre, car ils ne s'appliquent pas aux mêmes arrêts et ne produisent pas le même effet.

À retenir

Un arrêt de travail vous fait perdre du temps de deux façons : vous n'accumulez pas d'heures, et votre fenêtre de 12 mois continue d'avancer. Les décalages de la période de référence répondent à ces deux problèmes distincts.

04Deux mécanismes à ne pas confondre : assimilation et allongement

Voici le cœur de l'article. Le règlement d'assurance chômage prévoit deux traitements différents pour les arrêts. Comprendre lequel s'applique à vous, c'est comprendre votre dossier.

Mécanisme 1 : l'assimilation à 5 heures par jour

Pour certaines situations bien précises, chaque journée d'arrêt est comptée comme cinq heures de travail. Ces heures viennent donc s'ajouter à votre compteur, comme si vous aviez travaillé.3 C'est le régime de la maternité, de l'adoption, de l'accident du travail et de l'arrêt maladie au titre d'une affection de longue durée (ALD). On y revient en détail plus bas.

Mécanisme 2 : l'allongement de la période de référence

Pour les autres arrêts maladie, la logique est différente. Ces jours-là ne vous rapportent pas d'heures. Mais ils repoussent d'autant la fenêtre dans laquelle on cherche vos 507 heures.5 Concrètement, deux mois d'arrêt maladie « ordinaire » n'ajoutent pas d'heures, mais ils font remonter votre période de référence de deux mois vers le passé. Les mois de travail qui allaient sortir de la fenêtre y restent.

La différence est fondamentale. L'assimilation remplit votre compteur. L'allongement protège le contenu de votre fenêtre. Le tableau ci-dessous résume tout.

SituationMécanismeEffet sur les 507 heures
Maternité (hors contrat)Assimilation+ 5 heures par jour comptées
Adoption (indemnisation mère/père)Assimilation+ 5 heures par jour comptées
Accident du travail se prolongeant après le contratAssimilation+ 5 heures par jour comptées
Arrêt maladie au titre d'une ALDAssimilation+ 5 heures par jour comptées
Arrêt maladie ordinaire (hors contrat)Allongement0 heure, mais la fenêtre de 12 mois recule d'autant

Un mot de vocabulaire important : « hors contrat » veut dire que l'arrêt se situe en dehors d'une période où vous étiez sous contrat de travail. Un arrêt pendant un contrat suit une autre logique (la suspension du contrat, retenue à 5 heures par jour).1

Schéma comparant l'assimilation d'heures et l'allongement de la période de référence
Deux mécanismes distincts : l'assimilation remplit votre compteur d'heures, l'allongement recule votre fenêtre de douze mois.

05L'allongement de la fenêtre, en pratique

Reprenons Léa, notre comédienne à 480 heures avec un arrêt maladie ordinaire de huit semaines en juillet, hors contrat.

Cet arrêt ne relève ni de la maternité, ni de l'accident du travail, ni d'une ALD. Il relève donc du mécanisme d'allongement. Ses huit semaines d'arrêt ne lui rapportent aucune heure. En revanche, elles repoussent sa période de référence de huit semaines vers le passé.

Pour bien voir l'effet, il faut se représenter la fenêtre comme un rectangle qui glisse dans le temps. Chaque jour qui passe, le bord droit de la fenêtre avance, et le bord gauche avance aussi : les mois les plus anciens en sortent. C'est ce glissement continu qui inquiète tant les intermittents, car un mois de travail qui sort par la gauche, c'est des heures qui ne comptent plus. L'allongement gèle ce glissement pour la durée de l'arrêt : le bord gauche ne bouge plus pendant que Léa est arrêtée.

Résultat : quand Léa fait le point après son arrêt, la fenêtre dans laquelle on cherche ses 507 heures n'est plus « les douze mois glissants classiques ». C'est douze mois plus les huit semaines d'arrêt. Les cachets anciens qui allaient disparaître de la fenêtre y restent comptabilisés. Ajoutés à ses nouvelles dates de septembre, ils lui permettent de franchir la barre des 507 heures.

Mettons des chiffres. En septembre, Léa décroche une série de représentations qui lui font sept cachets. Sur la base d'un cachet égal à douze heures,2 ces sept cachets valent 84 heures. 480 heures conservées grâce à l'allongement, plus 84 heures nouvelles : elle est à 564 heures dans sa fenêtre allongée. Elle est au-dessus des 507. Sans l'allongement, ses cachets anciens seraient partiellement sortis de la fenêtre pendant les huit semaines de glissement, et le total aurait pu passer sous le seuil. Le même travail, la même personne, mais un résultat opposé selon que la règle s'applique ou non.

Voici la chronologie, mois par mois :

PériodeCe qui se passeEffet sur la fenêtre
Juillet année N-1 à juin année NContrats et cachets : 480 heures accumuléesFenêtre standard de 12 mois
Juillet-août année NArrêt maladie ordinaire, 8 semaines, hors contrat0 heure gagnée, mais la fenêtre recule de 8 semaines
Septembre année NReprise, nouveaux cachetsLes 480 heures antérieures restent dans la fenêtre allongée

C'est tout l'intérêt du dispositif. L'arrêt maladie n'efface pas le travail accompli avant lui.

À retenir

L'allongement ne remplit pas votre compteur d'heures. Il empêche vos anciennes heures de sortir de la fenêtre pendant que vous êtes à l'arrêt. Sans lui, un arrêt subi vous ferait perdre du travail déjà validé.

Point d'attention : le déclenchement de ces mécanismes n'est pas automatique dans votre tête, il l'est dans le traitement de votre dossier une fois les justificatifs fournis. France Travail a besoin des attestations d'arrêt de la Sécurité sociale pour appliquer l'allongement. C'est à vous de déclarer votre arrêt et de transmettre les pièces. Nous y revenons dans la dernière section.

Ce que dit le texteAnnexe VIII à la convention du 15 novembre 2024, article 3 § 4
« Les périodes de prise en charge par l'assurance maladie, autres que celles mentionnées au §3 du présent article, situées en dehors du contrat de travail, allongent d'autant la période au cours de laquelle est recherchée la condition d'affiliation prévue au §1er du présent article ou, le cas échéant, au §1er de l'article 9. »
Source : Unédic

06Maternité, adoption, accident du travail : le régime spécial

Ces trois situations, plus l'arrêt maladie au titre d'une ALD, bénéficient du traitement le plus favorable : l'assimilation à cinq heures par jour. Ici, chaque journée d'arrêt n'est pas seulement « neutralisée », elle vous rapporte des heures.

Le texte est explicite. Sont retenues, à raison de cinq heures de travail par journée, les périodes de maternité, d'indemnisation accordée à la mère ou au père adoptif, d'arrêt maladie au titre d'une affection de longue durée, et d'arrêt consécutif à un accident du travail qui se prolonge à l'issue du contrat.3

Ce que ça donne en heures

Cinq heures par jour, sur une durée d'arrêt, cela peut représenter beaucoup. Un congé maternité légal se compte en semaines. Chaque semaine d'arrêt assimilée peut ainsi ajouter plusieurs dizaines d'heures à votre compteur d'affiliation. Pour une intermittente, c'est souvent ce qui fait la différence entre ouvrir ses droits et ne pas les ouvrir.

Prenons un second cas. Nadia est artiste et attend un enfant. Sur les douze mois de référence, avant son congé, elle a réuni 300 heures. C'est loin des 507. Son congé maternité, hors contrat, dure plusieurs semaines. Chaque jour de ce congé est assimilé à cinq heures.3 Sur un congé de, disons, soixante jours, cela fait 300 heures assimilées. Ajoutées à ses 300 heures de travail, Nadia atteint 600 heures : elle ouvre ses droits, alors qu'avec ses seules heures travaillées elle ne les aurait pas atteints. C'est toute la différence entre l'assimilation, qui apporte des heures, et l'allongement, qui protège seulement le contenu de la fenêtre.

Notez la logique : l'assimilation est réservée aux situations que le règlement considère comme les plus dignes de protection. La maternité et l'accident du travail ne sont pas des choix, ce sont des événements qui touchent la vie et la santé. Le régime a fait le choix d'aller au-delà de la simple neutralisation, et de transformer ces jours en heures créditées.

Une condition à connaître pour l'ALD

Pour l'arrêt maladie au titre d'une affection de longue durée, le règlement pose une condition supplémentaire : vous devez justifier d'au moins une ouverture de droit antérieure au titre de l'annexe VIII ou de l'annexe X.3 Autrement dit, il faut déjà avoir été indemnisé comme intermittent au moins une fois. C'est une porte réservée à ceux qui sont déjà dans le régime.

Maternité indemnisée par la prévoyance

Le règlement a aussi prévu le cas des périodes de maternité qui ne relèvent pas du congé maternité légal mais qui sont indemnisées au titre de la prévoyance, situées hors contrat. Elles sont également retenues à cinq heures par jour.3 C'est important pour les intermittentes couvertes par la prévoyance Audiens, dont on parle plus bas.

À retenir

Maternité, adoption, accident du travail, ALD : chaque jour d'arrêt hors contrat vous rapporte 5 heures. Ce n'est pas une simple protection, c'est un vrai apport d'heures pour atteindre les 507.

Ce que dit le texteAnnexe VIII à la convention du 15 novembre 2024, article 3 § 3
« Sont également retenues, à raison de cinq heures de travail par journée, les périodes : a) de maternité mentionnées à l'article L. 331-3 du code de la sécurité sociale, d'indemnisation accordée à la mère ou au père adoptif mentionnées à l'article L. 331-7 du même code, situées en dehors du contrat de travail »
Source : Unédic
Schéma des situations donnant droit à cinq heures assimilées par jour d'arrêt
Maternité, adoption, accident du travail et ALD : chaque journée d'arrêt hors contrat vaut cinq heures.

07La date anniversaire et le congé maternité : suspension, pas perte

Il faut ici distinguer deux moments : ouvrir des droits, et être déjà en cours d'indemnisation quand l'arrêt survient. Les sections précédentes traitaient de l'ouverture. Parlons maintenant de ce qui se passe pendant l'indemnisation.

Le principe de la date anniversaire

Depuis la réforme du régime, votre indemnisation d'intermittent est calée sur une date anniversaire. Vos droits sont examinés au terme des douze mois suivant la fin du contrat retenue pour l'ouverture de la période d'indemnisation.1 C'est à cette date qu'on regarde si vous rouvrez des droits pour douze mois de plus. D'où l'importance, tout au long de l'année, de sécuriser vos heures.

Le congé maternité en cours d'indemnisation

Si vous êtes indemnisée et que vous partez en congé maternité, vos droits ne sont pas perdus. Le versement de l'allocation est suspendu, puis reprend à la fin du congé pour les droits restants.6

Deux réflexes conditionnent cette reprise :

  • vous devez déclarer les dates de votre congé maternité, y compris le congé dit « pathologique », à France Travail ;6
  • vous devez vous réinscrire à France Travail dans les cinq jours qui suivent la fin de votre congé.6

La question du délai de validité de vos droits mérite aussi votre attention. Vos droits doivent avoir été ouverts dans un délai maximum de trois ans, allongé de la durée de droits attribuée initialement.6 La maternité s'insère dans ce cadre : elle ne fait pas disparaître un reliquat qui reste dans le délai.

À retenir

En congé maternité pendant votre indemnisation, votre allocation est suspendue, pas perdue. Deux gestes à ne pas manquer : déclarer les dates du congé, et vous réinscrire dans les 5 jours après sa fin.

08Pendant l'arrêt : les IJ Sécurité sociale et Audiens

Décaler la période de référence, c'est protéger vos droits futurs. Mais pendant l'arrêt lui-même, de quoi vivez-vous ? Deux sources d'indemnités journalières existent en parallèle, et elles n'ont rien à voir avec l'assurance chômage.

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale

En arrêt maladie, maternité ou accident du travail, vous relevez d'abord des indemnités journalières de la Sécurité sociale, dans les conditions du régime général. Ce sont elles qui constituent votre revenu de base pendant l'arrêt. Elles sont indépendantes de votre statut d'intermittent au chômage.

La prévoyance Audiens en complément

Les intermittents disposent d'un régime de prévoyance collectif géré par Audiens, qui vient compléter la Sécurité sociale. Pour en bénéficier, il faut qu'un employeur ait cotisé pour vous au moins une fois au cours des 24 mois précédant le sinistre.8

Les délais de déclenchement sont précis :

  • en cas d'arrêt maladie ou accident, l'indemnité journalière Audiens intervient à partir du 91e jour d'arrêt continu, sous réserve de l'indemnisation de la Sécurité sociale ;8
  • en cas de maternité, le point de départ est avancé au 61e jour d'arrêt ;8
  • pendant le congé maternité, si vous n'êtes indemnisée ni par la Sécurité sociale ni par France Travail, le régime peut verser, sous conditions, une indemnité journalière de 15,50 € bruts pendant 56 jours.7

Ces montants et délais se vérifient auprès d'Audiens, car ils dépendent de votre situation précise et peuvent évoluer. Le principe à retenir : ne restez pas sans rien pendant un arrêt long. Entre la Sécurité sociale, Audiens et le Fonds de professionnalisation, plusieurs filets existent.7

Un lien important relie d'ailleurs ces deux mondes. On l'a vu plus haut : les périodes de maternité indemnisées au titre de la prévoyance, situées hors contrat, sont aussi retenues à cinq heures par jour dans le calcul de vos 507 heures.3 Autrement dit, la couverture Audiens ne sert pas seulement à vous verser un revenu pendant l'arrêt : elle peut, dans ce cas précis, alimenter aussi votre affiliation. D'où l'importance de vérifier que la condition de cotisation employeur sur les 24 derniers mois est bien remplie,8 car c'est elle qui ouvre l'accès à cette prévoyance.

À retenir

Deux logiques cohabitent : la période de référence protège vos droits chômage de demain, les IJ Sécurité sociale et Audiens couvrent votre revenu pendant l'arrêt d'aujourd'hui. Pensez aux deux.

09Et le montant ? Le salaire de référence est protégé

Reste une inquiétude légitime. Même si vos droits s'ouvrent, est-ce qu'un long arrêt ne va pas écraser le montant de votre allocation journalière ? Après tout, si on divise vos revenus par une période qui inclut des mois sans salaire, la moyenne s'effondre.

Le règlement a anticipé ce piège. Lorsque des périodes de congé maternité, de congé accordé à la mère ou au père adoptif, ou d'arrêt maladie au titre d'une ALD sont retenues dans votre affiliation, le salaire de référence est recalculé pour ne pas être dilué par ces périodes sans rémunération.9

Concrètement, la formule neutralise les jours correspondant à ces arrêts. On calcule votre salaire annuel de référence en retirant du dénominateur les jours de maternité, d'adoption ou d'arrêt ALD, puis en ramenant le résultat à l'année complète.9 L'idée est simple à formuler : vos mois d'arrêt ne doivent pas tirer votre allocation vers le bas.

De même, les rémunérations correspondant à des périodes de maladie, maternité, paternité, adoption ou activité partielle comprises dans la période de référence ne sont pas prises en compte dans le salaire de référence.9 Le calcul se fait sur votre vrai niveau d'activité, pas sur une moyenne faussée par l'arrêt.

À retenir

Un long arrêt assimilé n'écrase pas votre allocation. Le salaire de référence est recalculé pour neutraliser les périodes de maternité, d'adoption et d'arrêt ALD. Votre montant reflète votre activité réelle.

Ce que dit le texteAnnexe VIII à la convention du 15 novembre 2024, article 11 § 2
« Lorsque sont retenues dans l'affiliation des périodes de congé maternité, des périodes de congés accordées à la mère ou au père adoptif ou des périodes d'arrêt maladie au titre d'une affection de longue durée en application du §3 de l'article 3, le salaire de référence pris en considération pour déterminer l'allocation journalière correspond au salaire annuel de référence calculé comme suit »
Source : Unédic

10Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Vous connaissez maintenant les règles. Voici comment les transformer en réflexes concrets.

D'abord, déclarez tout. Un arrêt maladie, une grossesse, un accident : chaque événement doit être signalé à France Travail, et vous devez conserver et transmettre les attestations de la Sécurité sociale. Aucun décalage de période de référence ne s'applique sur un arrêt que France Travail ignore. La règle protège, mais elle ne devine pas. C'est le point le plus souvent négligé : beaucoup d'intermittents découvrent après coup qu'un arrêt aurait pu être pris en compte, alors qu'il n'avait jamais été déclaré ni justifié. Le mécanisme existe dans le texte, mais il ne se déclenche que sur pièces.

Ensuite, gardez trace de tout. Vos contrats, vos bulletins, vos AEM, vos attestations d'arrêt. Le jour où vous ferez le point sur vos 507 heures, ce sont ces pièces qui feront la démonstration. Un dossier d'intermittent se gagne autant sur la rigueur administrative que sur le nombre de dates. Rangez vos justificatifs au fur et à mesure, pas au moment de l'examen des droits, quand il est parfois trop tard pour retrouver une attestation d'il y a dix mois.

Enfin, distinguez bien les deux horizons. D'un côté, votre revenu pendant l'arrêt : c'est l'affaire des indemnités journalières de la Sécurité sociale et de la prévoyance Audiens. De l'autre, vos droits chômage de demain : c'est l'affaire de la période de référence et de ses décalages. Les deux ne se pilotent pas au même endroit ni avec les mêmes interlocuteurs, et un intermittent averti suit les deux en parallèle.

Enfin, ne restez pas seul face au calcul. La période de référence, l'assimilation, l'allongement, la date anniversaire : ces notions se combinent et une erreur d'interprétation peut coûter une ouverture de droits. En cas de doute, votre conseiller France Travail spectacle et Audiens sont vos interlocuteurs légitimes.

Profiter d'un arrêt ou d'un temps calme pour se former

Un arrêt, une période creuse ou une reprise après maternité, c'est aussi le bon moment pour consolider votre métier. Et il y a une logique vertueuse à connaître : les actions de formation sont assimilées à des heures de travail dans la limite des deux tiers de vos 507 heures.1 Se former peut donc, dans certaines limites, contribuer à sécuriser votre statut, en plus de faire progresser votre carrière.

Chez Artiste Formation, nous accompagnons les artistes et techniciens du spectacle avec des formations pensées pour vos réalités de terrain. La plupart de nos parcours sont finançables par l'AFDAS, l'opérateur de compétences de la culture. C'est le moment d'en parler, surtout si vous traversez une période où votre planning vous en laisse le temps.

Vos réflexes pour protéger votre période de référence
  • Repérer la fin de votre dernier contrat : c'est le point de départ de vos 12 mois de référence
  • Déclarer sans attendre tout arrêt maladie, maternité, adoption ou accident à France Travail
  • Conserver toutes les attestations d'arrêt de la Sécurité sociale et les transmettre
  • Identifier votre situation : assimilation à 5 heures par jour ou allongement de la fenêtre
  • En congé maternité pendant l'indemnisation, se réinscrire dans les 5 jours après la fin du congé
  • Vérifier votre couverture prévoyance Audiens (cotisation employeur dans les 24 derniers mois)
  • Garder à jour vos contrats, bulletins et AEM pour prouver vos heures le moment venu
  • Envisager une formation finançable AFDAS, assimilable jusqu'aux deux tiers des 507 heures

Transformez un temps calme en investissement sur votre carrière

Arrêt, période creuse ou reprise après maternité : c'est souvent le bon moment pour se former. Nos formations pour artistes et techniciens du spectacle sont finançables par l'AFDAS, et les heures de formation peuvent contribuer à sécuriser votre statut. Parlons de votre projet.

Questions fréquentes

Un arrêt maladie de deux mois me fait-il perdre mon statut d'intermittent ?

Non, pas automatiquement. Un arrêt maladie ordinaire, hors contrat, ne vous rapporte pas d'heures mais allonge d'autant votre période de référence : vos anciennes heures de travail restent dans la fenêtre au lieu d'en sortir.5 Encore faut-il l'avoir déclaré à France Travail et fourni les attestations de la Sécurité sociale.

Mon congé maternité compte-t-il dans mes 507 heures ?

Oui. Les périodes de maternité situées hors contrat sont retenues à raison de cinq heures de travail par journée.3 Concrètement, chaque semaine de congé maternité assimilée ajoute des heures à votre compteur d'affiliation, ce qui aide à atteindre le seuil des 507 heures.

Quelle différence entre l'assimilation et l'allongement ?

L'assimilation ajoute des heures à votre compteur : chaque jour de maternité, d'adoption, d'accident du travail ou d'arrêt ALD vaut cinq heures.3 L'allongement, lui, n'ajoute pas d'heures mais recule votre fenêtre de douze mois pour les autres arrêts maladie.5 Le premier remplit le compteur, le second protège le contenu de la fenêtre.

Un long arrêt va-t-il faire baisser le montant de mon allocation ?

Non, pour les arrêts assimilés. Lorsque des périodes de maternité, d'adoption ou d'arrêt maladie au titre d'une ALD sont retenues, le salaire de référence est recalculé pour neutraliser ces jours sans rémunération.9 Votre allocation reflète votre niveau d'activité réel, pas une moyenne diluée par l'arrêt.

De quoi puis-je vivre pendant mon arrêt ?

De deux sources cumulables avec les règles ci-dessus : les indemnités journalières de la Sécurité sociale, puis la prévoyance Audiens en complément, sous réserve qu'un employeur ait cotisé pour vous au moins une fois dans les 24 mois précédant l'arrêt.8 Les délais de déclenchement Audiens sont le 91e jour en maladie et le 61e jour en maternité.8

La règle des cachets a-t-elle changé ?

Oui. Dans le règlement en vigueur, tout cachet est converti sur la base de douze heures, dans la limite de 28 cachets par mois.2 L'ancienne distinction entre cachets groupés (8 heures) et isolés (12 heures) n'existe plus. Si vous raisonniez encore avec l'ancien barème, actualisez votre calcul.

Sources

Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.

  1. Annexe VIII au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 (texte consolidé)Unédichttps://www.unedic.org/ged/documents/regulatory_texts/pdf/TXT-ANX-RG-Annexe_8_2024.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  2. Annexe X au règlement annexé à la convention du 15 novembre 2024 (texte consolidé)Unédichttps://www.unedic.org/ged/documents/regulatory_texts/pdf/TXT-ANX-RG-Annexe_10_2024.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  3. Annexe VIII au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024, article 3 § 3Unédichttps://www.unedic.org/ged/documents/regulatory_texts/pdf/TXT-ANX-RG-Annexe_8_2024.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  4. Annexe 10 au règlement annexé à la convention du 15 novembre 2024Unédichttps://www.unedic.org/la-reglementation/conventions-d-assurance-chomage/annexe-10-au-reglement-annexe-a-la-convention-du-15-novembre-2024Consultée le 20 juillet 2026
  5. Annexe VIII au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024, article 3 § 4Unédichttps://www.unedic.org/ged/documents/regulatory_texts/pdf/TXT-ANX-RG-Annexe_8_2024.pdfConsultée le 20 juillet 2026
  6. Est-ce que je perds mes droits à l'allocation chômage si je suis en congé maternité ou d'adoption ?France Travailhttps://www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/allocations-et-aides--les-repons/allocations--attention-aux-idees/est-ce-que-je-perds-mes-droits-1.htmlConsultée le 20 juillet 2026
  7. L'accompagnement maternité des intermittentes : indemnités et reprise d'activitéAudienshttps://www.audiens.org/solutions/intermittents-accompagnement-maternite-indemnites-et-reprise-activite.htmlConsultée le 20 juillet 2026
  8. Intermittents : la prévoyance, de l'arrêt de travail au décèsAudienshttps://www.audiens.org/solutions/intermittents-prevoyance-arret-travail-deces.htmlConsultée le 20 juillet 2026
  9. Annexe VIII au règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024, articles 11 § 2 et 12 § 3Unédichttps://www.unedic.org/ged/documents/regulatory_texts/pdf/TXT-ANX-RG-Annexe_8_2024.pdfConsultée le 20 juillet 2026
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Rédaction · Spécialistes du spectacle

Artiste Formation est un organisme de formation certifié Qualiopi dédié aux métiers du spectacle et de la musique. Nos guides sont écrits à partir des textes officiels — code du travail, règlement d'assurance chômage, annexes 8 et 10, documentation France Travail, AFDAS, Audiens — puis relus source par source avant publication.

Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.